Bourse : retour de week-end pluvieux difficile. Francfort résiste.

Publié le par Apprendrelabourse.org

fotolia-actualit---675198.jpgAprès les déboires de la banque anglaise Northern Rock qui aura tenu en haleine l'ensemble du Royaume-Uni et qui aura fait le tour de la planète avec des images assez étonnantes pour un grand pays industrialisé et faisant souvent figure de 'référence', il paraissait difficile de connaître aujourd'hui une séance à la hausse.

L'éléments déterminant ici n'est plus technique mais purement psychologique. La psychologie des foules est en marche dans une panique naissante qui vient saper à la base toutes les interventions, toutes les déclarations et autres mesures mises en oeuvre. Un court extrait en français paru dans Courrier international d'un article publié à l'origine dans The Observer montre l'ambiance et le type d'articles que les britanniques ont pu savourer ce dimanche : "Le système financier britannique ébranlé"
Il y est question de confiance trompée de sauve-qui-peut général et de jamais vu depuis le XIXème siècle.

Une panique est différente d'une faillite, une faillite n'entraînant pas forcément de panique (cas du crédit lyonnais en France n'ayant engendré aucun mouvements de rue) alors que des paniques sapent à la base les fondements d'une banque voire même du système bancaire et financier. Samedi nous avons vu différents éléments d'actualité, de rappel historique, de notions sur ces phénomènes dans Northern Rock : La perte de confiance gagne les épargnants anglais en plein week-end et vendredi une grande partie de l'article intitulé La Banque d'Angleterre et la confiance du consommateur US adoucissent une note salée sur les financières
traitait des éléments concernant les faits déclencheurs.

L'histoire est émaillée de banques ayant connue des déboires même si c'est assez rare mais ici le mouvement s'accompagne de quelque chose de nouveau (en fait de très ancien mais oublié et d'inhérent à nos comportements de masse, particulièrement en matière boursière et financière)
Les épargnants sont dans un état de peur qui tétanise et annihle les raisonnements et font des déclarations autant de motifs et de déclencheurs à prendre des dispositions qui vont à l'encontre même de la préservation des intérêts de l'ensemble des parties, chacun en cherchant à privilégier sa position particulière d'une manière très compréhensible entraîne l'ensemble de la construction à fondre sur ses bases.

Ce comportement et ces effets sont visibles au niveau interbancaire et au niveau du public :

A l'origine du développement de Northern Rock se trouve un financement via titrisations qui a permi un développement fulgurant ces dernières années mais dès lors que les titrisations et les créances immobilières données en garantie ont commencé à ne plus s'échanger aussi bien, les banques ont hésité à se prêter entre elles leurs fonds à court terme et particulièrement à ce type de consoeur. C'est la peur des banques de ne pas revoir leur argent à la base qui aura conduit Northern Rock a sollicité la Bank of England (BoE). C'est le premier cran décisif dans le mode opératoire de la panique mise en branle... qui place en 2nd lieu celle-ci dans une position intenable avec le retrait de plusieurs milliards $ de dépôts de ses clients affaisant encore plus ses ressources destinées à financements ultérieurs. Parti d'une base de clientèle trop faible la rendant dépendante des marchés financiers via titrisation et de ses consoeurs, la voici mise à terre par sa propre clientèle... la boucle est bouclée.

Situation avant crise : 24 milliards de livres sterling de dépôts pour 85/100 milliards (suivant sources) de crédits immobilers. Fin 2004, il y avait 30 milliards de dépôts pour 50 milliards de crédits immobiliers.

L'action a terminé en baisse de - 35,45 % à Londres avec une suspension à - 30 % et une reprise de cotation vers 11 heures ne permettant pas d'endiguer la chute. Le gouvernement ayant annoncé que la totalité des dépôts seraient garantis (donc au-delà des seuils réglementaires), il conviendra de regarder demain la réaction des marchés et de la rue pour voir si le mouvement se poursuit.

Paris est plus touchée que Londres (- 1, 69 %) et perd - 1,80 % à 5439,37 points. Madrid après avoir connu une chute importante de plus de- 2,50 %, l'économie espagnole étant sujette à caution actuellement avec l'importance du secteur immobilier en son sein, réduit le score à -1,74 %. Francfort est restée presque complètement en dehors des difficultés du jour sans grand volatilité et ne céde que - 0,24 % au côté du Dow Jones à - 0,30 % en début de soirée à la veille d'une intervention de la Banque Centrale Américaine qui fera part de sa décision sur la politique de taux, le marché anticipant largement une baisse, l'ampleur restant en suspend entre -0,25 % et - 0,50 %.

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