Les bourses résistent malgré l'érosion continue du dollar

Publié le par Apprendrelabourse.org

fotolia-actualit---675198.jpg...fin de semaine, de mois et de trimestre pour les bourses.. Paris réalise un score positif de + 0,26 % sur les 5 dernières séances, de + 4,41 % sur un mois mais reste négatif encore de - 4,84 % sur le trimestre alors que le dollar apparaît comme le grand perdant avec une nouvelle baisse ce jour de plus de 0,50 % avec l'euro pour un plus haut touché à 1,4245 $ ce jour. Le CAC 40 baisse de - 0,31 % à 5719,99 points sur la journée alors que Francfort gagne + 0,10 %

Les ventes en Allemagne au détail auront déçu avec une baisse de - 1,4 % en contre + 0,4 % attendu et de - 2,4 % sur un an contre - 1,4 % anticipé. Ce sont aussi des données provisoires mais qui montrent à nouveau le point faible de la 1ère économie européenne en matière de consommation (à l'inverse de la France) et alors que les tensions inflationnistes se confirment et sont conformes aux attentes avec un taux de + 2,1 % sur un an en septembre dans l'euroland contre + 1,7 % en août. C'est la première fois depuis août 2006 que les 2 % sont dépassés. L'indice du sentiment économique dans la zone euro a par ailleurs reculé en septembre à 107,1, contre 109,9 et contre 109,2 attendu (enquête mensuelle de la Commission Européenne auprès d'entreprises et de ménages)
Pour la France le moral des ménages français s'est dégradé en septembre (regain de confiance suite à l'élection présidentielle puis rechute avec les évènements de cet été sur les marchés financiers) à -21 contre -16 attendu -15 juillet -13 en juin et en mai, - 19 en avril, le PIB (Produit Intérieur Brut soit la richesse créée sur le sol français) ressortant en baisse à + 0,3 % au 2nd trimestre contre + 0,6 % au 1er.
  1. ---> Inflation donc en hausse en Europe avec le pétrole toujours au plus haut actuellement et ralentissement de la croissance donc... pour les chiffres du jour
Aux USA, les revenus des ménages américains ont progressé ont gagné + 0,3% en août et les dépenses + 0,6% en août contre + 0,5% et + 0,4% en juillet. Le niveau d'inflation mesuré par cette stat fait ressortir un ralentissement à 1,8 % contre 2,1 en juillet sur un an pour l'indice global.

La croissance de l'activité de la région de Chicago a augmenté à 54,2 à après 53,8 en août et 53,4 en juillet contre 53 attendu par contre les prix payés sont au plus bas depuis janvier et le niveau d'emploi au plus bas depuis avril (statistisque tenant compte de l'avis des directeurs d'achat de la région) par contre le moral des consommateurs américains est resté stable, selon l'indice dit 'du Michigan' à 83,4 en septembre comme en août mais on attendait plutôt 84.
  1. --> l'activité tient toujours aux USA et notamment la consommation des ménages qui représente l'essentiel de l'activité.
* Globalement peu de nouvelles réjouissantes pour les perspectives mais un chiffre symbole est venu égayer la journée avec la fin du déficit budgétaire en Allemagne prévu... dès cette année enfin presque à 0,1% du PIB, une belle performance par rapport aux 1,2% prévus initialement et 1,6 % en 2006, la 1ère fois sous les 3 % depuis 2001. le ratio dette publique/PIB devrait être ramené à 65,1% contre 67,5% en 2006. Le déficit public de la France devrait représenter par contre 2,4% du PIB et la dette publique 64,2% suivant le gouvernement mais la dette publique de la France a augmenté de 32,3 milliards d'euros au deuxième trimestre 2007 pour atteindre 1.216,4 milliards d'euros soit 66,6% du PIB selon l'Insee (le budget de la Défense n'est cependant pas le même entre les 2 pays)

Nous n'en avons pas parlé en cours de semaine mais la situation sur le marché monétaire reste encore instable avec des injections de liquidités notamment aux USA, l'ouverture d'une ligne de crédit de la BCE à une ou des banques dont le nom n'a pas été communiqué et la difficulté des banques anglaises à demander des fonds de manière isolée à la Bank of England de peur de se voir emmener dans un mouvement de panique de type Northern Rock, laquelle aurait selon le Financial Times réalisé un nouveau prêt via la banque centrale.
La situation psychologique en Angleterre paraît ainsi plus fragile a priori qu'ailleurs avec une banque centrale qui ne sera pas intervenue comme beaucoup d'autres pour alimenter en liquidités les banques et le marché interbancaire sauf après l'incident des files d'attente dans les rues soit des semaines après la FEd ou la BCE et maintenant le niveau de défiance a priori à un niveau toujours élevé actuellement.

Le nouveau patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, aura d'ailleurs indiqué que la crise actuelle constituait une crise financière unique. Si la situation boursière s'est améliorée, l'activité économique concentre les craintes et les questionnements mais la situation du crédit et du marché monétaire est effectivement tout à fait particulière et ne ressemble en rien à ce que nous avons cotoyé en 17 ans d'expérience et nous place toujours devant une grande difficulté de comparaison historique, les périodes de la fin du XIXème siècle nous paraissant les plus proches avec celles de 1907, les analogies avec 1929, 1987 ou les années 1970 étant un peu hâtives à nos yeux, l'inflation n'étant pas avérée, la croissance étant globalement encore assez élevée et les doutes se focalisent sur le système financier et la 'chaîne' du crédit plus que sur les sociétés cotées.

Dès le 10 février dans USA : Les mauvaises dettes hypothécaires font les cauchemars des banquiers. Un credit crunch est il en marche ? je vous indiquais en conclusion que 'Des banquiers qui cauchemardent trop longtemps n'est pas bon pour le développement de l'économie.' Ce soir, il reste potentiellement dangereux de voir ces mêmes banquiers usés par quelques mauvaises nuits se regarder en chien de faïence en ayant la trouille de se prêter l'argent les uns aux autres pendant d'aussi longues semaines faisant reposer tout l'édifice de la liquidité non plus sur le fonctionnement interne habituel du marché monétaire mais sur une seule entité : les banques centrales.
Plus de dettes et de nouveaux crédits ... les bourses montent, des doutes sur la propension à recevoir toujours cette manne sans cesse renouvelée et le mouvement se grippe...
Les bateaux de la mondialisation sillonnent toujours les océans remplis de marchandises en tout genre mais les canaux du crédit connaissent quelques plaques de cholestérol que les banquiers centraux s'activent à dégager.

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