Regain d'inflation au coeur de l'Europe. L'immobilier US en chute libre

Publié le par Apprendrelabourse.org

fotolia-actualit---675198-copie-1.jpgNouvelle séance volatile à Paris reflétant une grande indécision avec le Dow Jones qui reprend actuellement + 1,30 % vers 12 900 points après sa chute d'hier sous les 12 750. Le CAC 40 cède - 0,44 % à 5 434,17 points dans des volumes assez  importants.

Les statistiques en Europe ont révélé quelques surprises :
  1. . L'indice du climat des affaires en France progresse à 110 en novembre contre 108 en octobre, au-delà des attentes à 107.
  2. . Le climat des affaires en Allemagne s'est amélioré en novembre suivant l'indice Ifo en hausse à 104,2 contre 103,9 en octobre et des anticipations à 103,3 (fourchette de 102,0 à 103,6) en dépit de la hausse de l'Euro qui ne semble pas avoir d'impact à ce stade sur les exportations.
Francfort a pourtant été mise à mal ce jour avec un repli jusque sous les 7 450 points (le DAX termine en légère baisse de - 0,48 % à 7 531 points cependant grâce à Wall Street) avec des chiffres sur l'inflation situés au-delà des attentes :
  1. Prix pétroliers en tête, l'inflation a augmenté en Novembre en Allemagne au rythme le plus élevé depuis 13 ans suivant les données préléminaires compilées dans 5 länder (régions)
  2. Dans le Land le plus peuplé, la hausse est de + 0,5% sur un mois et + 3,2% sur un an contre 2,6% en octobre. Hors pétrole (fioul domestique + 23,2 % sur un an), la hausse ressort à + 2,3 % sur un an.
  1. D'un point de vue national la hausse serait de + 0,4% sur le mois et de + 3,0% sur un an contre + 2,4% en octobre et + 2,7 % anticipé. Le sujet est d'importance car l'inflation se situe désormais bien au-delà de la limite de la BCE de 2 %, lui donnant un argument sur le fond pour procéder à un relevement des taux d'intérêt.
La tonalité européenne du jour est donc  à un euro fort moins contraignant qu'il n'y paraît sur le développement de l'activité mais qui ne suffit pas à limiter les pressions inflationnistes, le pétrole toujours en lisière des 100 $ le baril devenant une menace pour l'activité et la stabilité des prix.
 

Les statistiques outre-atlantique ont fait montre d'un constat beaucoup plus tranché avec la parution de l'indice des prix de l'immobilier S&P/Case-Shiller pour le troisième trimestre qui perd -1,7 % par rapport au 2nd trimestre et - 4,5 % en rythme annuel soit les plus fortes baisses depuis la création de cette indicateur il y a plus de 20 ans et un rythme de progression national sans doute plus vu depuis la Grande Dépression des années 29/32 (cf. graphe ci-dessous avec l'indice national et ceux des 10 et 20 principales métropoles)27-sp-home-index-graphic-enlarged.jpg

En France, le nombre de permis de contruire a progressé de + 3,2% sur les trois mois à fin octobre mais baisse de - 0,2% sur un an, les mises en chantier progressant  de + 10,5% mais se repliant de - 0,5% sur un an.

Sans appel également, l
e moral des ménages US baisse encore en novembre à 87,3 contre 95,2 en octobre  et 99,5 en septembre soit au plus bas en 2 ans et largement sous les attentes des économistes qui se situaient à 91,6.

A l'évidence, le rebond de Wall street n'est pas à mettre sur le compte de ces données générales, l'information maîtresse du jour étant la montée du fonds souverain de l'Emirat d'Abu Dhabi à hauteur de 7,5 milliards $ au capital de Citigroup, 1ère banque US et mondiale, afin de la recapitaliser après les fortes pertes rencontrées sur le marché du crédit et correspondant à une prise de participation à terme d'environ 5 %.

Opportunité, début des grandes manoeuvres bancaires  ou sauvetage, tous les avis circulent ce soir sur la nouvelle mais l'opération montre dans tous les cas l'importance du choc actuel et constitue une première, les banques américaines étant jusqu'ici intervenues entre elles pour s'entraider à l'image des 2 mds $ qu'avait apporté Bank of America à Countrywide Financial.

A l'inverse, Wells Fargo, la 5 ème banque US semble ne pas être touchée par la crise  alors que Barclays confirme ses objectifs pour 2007 et chose peu commune dans un marché baissier en Europe, le podium de tête du CAC 40 est constitué de 3 financières avec AXA, BNP, SG nageant ainsi pour une fois à contre-courant.

*** S'il existe ainsi quelques 'ilôts préservés", la crise du crédit immobilier actuel est cependant entrain de faire de nouvelles victimes avec le conseil des maires américains qui évalue à 6,6 milliards $ la perte en terme de perception de taxes et donc de revenus pour les municipalités directement liés à ce qu'ils nomment "la crise des saisies immobilières".

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