Le pétrole au coeur du débat sur la croissance et l'inflation

Publié le par Gilles Caye

fotolia-d--cider-757896-copie-5.jpgNous avons égrainé ces derniers temps les chiffres de l'inflation avec la part dite "sous-jacente" et celle "globale" intégrant les prix alimentaires avec ceux de l'énergie dans laquelle le pétrole tient une place prépondérante. Voyons un peu aujourd'hui où nous en sommes :

Clairement, suivant le graphe en données mensuelles ci-dessous, la tendance de long terme en $ est toujours haussière avec un mois de novembre qui bute sur un ancien support devenu résistance à des niveaux records
. Un retour sur 80 $ ne changerait strictement rien à l'orientation de long terme.
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La semaine passée a montré un reflux important, un des plus lourds en 3 ans. Normal après une telle hausse, la consolidation constitue une reprise de souffle classique. Mais au-delà des considérations habituelles sur la spéculation en la matière, les niveaux des  réserves, l'épuisement des ressources ou bien les besoins grandissants liés à une économie mondiale qui se développe toujours ou encore les tensions géopolitiques etc, les derniers mouvements ont mis en corrélation la hausse du pétrole avec la baisse du $. La hausse de celui-ci ces derniers jours contre l'euro s'accompagne d'ailleurs
à l'inverse d'une baisse de l'or noir.

Le résultat dans la seconde monnaie au monde est ainsi très intéressant (graphe 2) :

Non seulement le pétrole maintient potentiellement une figure de type double sommet ou double top de moyen terme mais certains supports ont été cassés avec un repli qui englobe les 4 dernières semaines de cotations.

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C'est une donnée de fond qui explique le différentiel d'inflation de part et d'autres de l'Atlantique mais aussi une mesure à suivre de plus près ces prochaines semaines car si le repli en $ apparaît naturel, celui en Euro recouvre des implications plus fortes  pouvant nous préciser si c'est l'or noir qui  grimpe où s'il n'est qu'une compensation à la perte de pouvoir d'achat du dollar, ce qui en l'état reste une piste très largement ouverte.

Deuxièmement, si un reflux du pétrole amène avec lui une baisse de l'inflation toute évidente, avec des opérateurs scrutant une éventuelle entrée de l'économie en récession ces prochains mois, toute baisse à tendance à être interprétée comme un indicateur d'une demande moindre pour l'or noir qui entre dans la production d'un nombre considérable de biens. L'évolution en dollar sera à cet égard assez peu utile pour y discerner une tendance, celle en euro offre ici par contre un intérêt avec un prix du pétrole qui, en dépit d'une forte accélération depuis l'été, n'est que légèrement supérieur à son prix entre mi-2005 et mi-2006 et dont la réintégration dans le canal en vert (double traits) a été mis en balance cette semaine.

L'évolution sera d'autant plus importante qu'un pétrole durablement cher est potentiellement l'étincelle qui peut allumer des réactions à la hausse et en chaîne pour d'autres prix de biens et services génerant de fils en aiguilles des risques d'inflation. Tout cela est encore récent. Même si la BCE et les banques centrales regardent avant tout l'inflation hors éléments volatils donc hors pétrole, une baisse de celui-ci offrirait des marges de manoeuvres plus importantes pour une éventuelle décision sur les taux d'intérêts pour aider la croissance en cas de besoin début 2008.

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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