Lourde fin de semaine sur les bourses

Publié le par Apprendrelabourse.org

fotolia_actualit---675198.jpgLe CAC 40 termine  en baisse de - 1,53 % à 4 790,66 points avec l'ensemble des grandes places européennes dans le rouge, les valeurs petites et moyennes accusant un plus faible repli.
Le Dow Jones, par contre, décroche de - 2,51 % à 12 266,39 points à l'issue d'une séance qui compile les soucis macro-économiques avec les pertes financières et les doutes du ralentissement sur les résultats à venir des sociétés :

 * aspects économiques globaux ou macro-économiques :

- l'indice des directeurs d'achat de la région de Chicago qui mesure l'activité pour le mois de février est ressorti nettement sous les attentes (49,5) à 44,5 et après 51,5 en janvier. Sous la "barre" des 50 (point 'zéro' de cet indice), l'indicateur fait donc désormais état d'une contraction de l'activité marquée supérieure aux 3 dernières incursions temporaires (notamment l'an dernier) et qui place le niveau d'activité actuelle au plus bas depuis la dernière crise du début du siècle.

- le sentiment du consommateur mesuré par l'université Michigan / Reuters a été révisé en légère hausse à 70,8 en février contre 69,6 mais cela reste un plus bas en 16 ans après les 78,4 de janvier.

- les revenus des ménages US ont pris + 0,3 % en janvier après + 0,5 % en décembre et les dépenses + 0,4 %. En retraitant la hausse des prix cependant, les dépenses réelles de consommation restent stables.

* pertes financières :

- Le N°1 de l'assurance AIG, conformément aux attentes, a fait part d'une perte nette de 2,08 $ par action contre 1,31 $ de profit un an auparavant. Le résultat net annuel reste toutefois positif de 2,39 $ par action mais après 5,36 $ en 2006.

* résultats des sociétés :

- Jusqu'ici encore relativement épargnées grâce notamment à leurs activités internationales et dans les pays émergents à forte croissance les craintes du ralentissement économique global en cours commencent à naître parmi les sociétés comme pour DELL qui a fait part de résultats inférieurs aux attentes avec un 4 ème trimestre dont le bénéfice par action (bpa) a régressé de 3 % à 0,31 $. Le résultat 2007 est en hausse de + 14 %. Le titre termine en baisse de - 4,65 % à N-Y ce soir.

Au delà de la glissade du dollar qui aura marquée cette semaine et en dépit de l'inflation liée en grande partie à la hausse des matières premières, les obligations d'Etat ont à nouveau servi de refuge avec les taux à 2 ans US se rapprochant des 1,5 % à 1,61 % ce soir et les taux à 10 ans à 3,51 %. Les taux réels sont donc désormais clairement négatifs (soit les taux bruts servis par les obligations - le taux de l'inflation)

A nouveau les marchés des changes auront réagi de façon plus négatives que les marchés actions vis à vis des problèmes économiques américains et les marchés obligataires auront fait offices de refuge comme ces derniers mois. Si un euro à 1,52 $ n'est pas aussi étonnant que cela peut apparaître à première vue comme mis en perspective dans
Euro / dollar : principaux repères de long et très long terme (Partie 2) une telle combinaison de taux faibles avec une inflation en démarrage, qu'elle se poursuive ou non, montre le degré d'aversion au risque particulièrement vif des investisseurs, ceux-ci ayant comme souci premier la préservation immédiate de leurs avoirs en principal (c'est à dire le capital investi) devant la préservation de leur capital + intérêts vis à vis de l'inflation. 

Plus que les grands titres de ces derniers jours sur la hausse de l'euro ou la baisse du dollar, cette semaine s'achève sur un mouvement historique des taux US comparés à leur environnement immédiat. Ceci est une excellente fin de semaine à titre pédagogique ou d'illustration après 4 jours d'interruption des news du soir pour se remettre 'dans le bain' ensemble et revoir des choses fondamentales déjà vues car :

- des taux en baisse sur une devise en réduise son attractivité comme vu dans 
Apprendre et comprendre la bourse, la finance et l'économie : taux d'intérêt et devises   ce qui ne doit plus choquer  les plus anciens sur ce site (et qui ne manqueront donc pas d'être très vigilants si la corrélation devait évoluer)

- les bourses montrent finalement depuis la chute de début d'année une résistance et une stabilisation qui n'est qu'apparente relativement à la notion de  "prime de risque", c'est à dire au différentiel entre le rendement des actions et des obligations. En d'autres termes, l'attractivité relative des actions et leur maintien au niveau actuel se fait fondamentalement au prix d'une dépréciation de l'attractivité des obligations maintenant l'attractivité relative des actions : plus les taux des obligations baissent plus la rémunération des actions s'améliore en comparaison et sont donc prises en considérations pour un éventuel investissement. Exemple : à 2 % de rémunération sur les obligations et à 4 % de rémunérations sur les actions, tout mouvement de baisse vers les 1,5 % pour les premières amènera une frange des investisseurs à trouver les actions plus attractives même si leur environnement et leurs perspectives tendent à se dévaloriser.

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