Une débâcle entre perte de contrôle et capitulation...

Publié le par Apprendrelabourse.org

Tout le monde a ouvert ses écrans ce matin avec l'annonce du rachat de Bear Stearns par JP Morgan décidé hier pour couper court à toutes polémiques et spéculations susceptibles de durer pendant les 28 jours de l'aide intiale apportée par la Fed via la Fed de New York et JP Morgan.

L'opération se traite à 2 $ contre plus de 170 début 2007 (graphe ci-dessous) dont l'essentiel de la valeur résiduelle se concentre dans le building que détient Bear Stearns à New York. Un tel pourcentage de baisse pour une entité de cette taille est sans précédent et dépasse les dossiers équivalents durant le krach de 1929 et la Grande Depression.

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La Fed aura annoncé encore en complément 2 mesures :

  1. - la baisse de son taux d'escompte de 3,50 à 3,25 %, taux destinés aux banques pour leur refinancement à la veille de la décision sur les taux directeurs actuellement à 3% qui pourraient baisser entre 0,50 et 1 %.
  2. - par ailleurs, pour obtenir des liquidités les banques sont désormais habiliter à apporter en garantie non plus seulement des titres notés AAA par les agences de notations internationales comme vu semaine dernière mais tout titre représentatif d'une créance immobilière ayant la qualité ou la note "d'investissement' (investment grade) par opposition à 'spéculatif' qui sont les moins bien notées.

Zurich a été balayée toute la journée par une tempête d'une grande violence puisque le SMI chute de - 5,02 % avec UBS (Union de Banque Suisses, le 1er gérant de fonds pour compte de tiers de la planète ayant en dépôt l'équivalent, en terme d'ordre de grandeur, des réserves de change de la Chine)  qui dévisse de - 13,85 %. Les valeurs défensives sont également lourdes et n'ont apporté aucune protection avec Novartis à - 2,90 %, Roche à - 2,78 % et Nestlé - 2,77%.
Autre place financière, Londres suit à - 3,86 % puis Amsterdam à - 3,79 % et Paris qui lâche - 3,51 % à 4431 points emmenée par les bancaires et Alstom qui perd - 8,54 % dans le mouvement de Siemens qui plonge de - 17,08 % en raison d'un avertissement sur résultat et change de discours complètement : les prévisions fin janvier faisaient état d'un bénéfice opérationnel qui devait progresser 2 fois plus vite que le chiffre d'affaires, aujourd'hui, le groupe rencontre des difficultés dans la réalisation de commandes, a des difficultés à rentrer des commandes et vient même de subir l'annulation de l'une d'entre elles importante.

  1. . 1 seule des 250 plus grosses valeurs de la place parisienne termine en positif à moins de + 1 %.

L'indice d'activité de la zone de New York (indicateur "Empire State") a plongé à nouveau à - 22 à un record absolu après - 11,7 en février et la production industrielle a baissé de - 0,5 % en février contre - 0,1 % attendu après + 0,1 et + 0,2 % les 2 mois précédents. L'utilisation des capacités de production passe sous les 81 % après plusieurs mois autoure de 81,5 %.

L'ensemble de ces informations ont amené un niveau de reconnaissance de la crise à tout niveau, le FMI notant une crise plus sérieuse que prévue qui se répand, en train d'empirer...

Wall Street réussit à terminer en hausse de + 0,18 % laissant le doute sur la prochaine banque à devoir subir les mêmes tourments mortels (Lehman Brothers ?... perd - 19,13 %) alors que Jp Morgan sort comme grand vainqueur du jour à + 10,32 % compte tenu de la grande braderie dont il bénéficie tout en ayant la caution de la Fed pour les encours délictueux de sa confrère ainsi rachetée. La valorisation à la clôche est d'ailleurs largement supérieure 'au deal' avec un dernier cours à 4,81 $ pour l'action Bear stearns.
  1. * L'euro sur la nouvelle aura touché les 1,591 $ au plus haut avant de revenir à 1,5727 $, les obligations d'Etat jouant leur rôle de valeurs refuge bien évidemment mais avec une compression qui devient "difficile" les rendements atteignant désormais un tout petit 1,35 % pour le 2 ans et 3,31 % pour le 10 ans largement sous l'inflation. En Europe également les niveaux de rémunération se rapprochent des taux d'inflation puisque le 2 ans est passé sous les 3 % à 2,94 % et le 30 ans a même progressé à 3,69 % montrant que la pression est présente sur les échéances longues, les opérateurs ayant ici une approche vis à vis de l'inflation différente.
En terrain miné, les investisseurs prendront connaissance demain de la baisse de taux décidée par la Fed. Alors que le mot récession était pendant assez longtemps le mot tabou à ne pas prononcer, le mot dépression vient de lui faire place un peu plus largement ce soir dans les anticipations de moyen terme.

Toujours au contact des 12 000, et dans une atmosphère rarement aussi déprimée, une autre frange plus axée sur le court terme constate quelques signes de capitulation du marché qui reste à confirmer largement demain. C'est en fait l'espoir numéro 1 pour enfin aborder un rebond qui ne vient toujours pas.

Les analyses graphiques du Dow, Dax et du CAC restent valident. Les 4 505 points, notre premier objectif alors, sont devenus résistance avec un gap au-dessus à combler à 4 544 qui est le premier objectif haussier à rallier dorénavant.

Le sentiment qui se dégagera demain risque d'être prépondérant avant un week-end de 4 jours en fin de semaine qui représente une échéance complémentaire à passer psychologiquement pour certains.

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