Les bourses résistent à l'emploi américain

Publié le par Apprendrelabourse.org

Le CAC 40 ferme la séance à 4 900,88 points en hausse légère de + 0,27 dans des volumes en réduction et assez faibles qui exprime à nouveau la grande résistance des marchés actions aux mauvaises nouvelles depuis une dizaine de jours et l'intervention historique de la Fed pour sauver Bear Stearns. Sur l'annonce d'une statistique des créations d'emplois mauvaise, les indices européens ont accusé 'le coup' mais sans rompre et ont montré une résilience qui montre un trend de court terme haussier toujours d'actualité.

50 000 destructions d'emploi étaient attendues, le chiffre est ressorti à - 80 000, négatif donc pour le troisième mois consécutif à un plus bas de 5 ans. Pour janvier le chiffre a été considérablement révisé à la baisse passant de - 22 000 en première annonce à - 76.000 postes et celui de février de - 63 à - 76 000 également. Pour visualiser l'évolution sur plusieurs années vous pouvez vous référer à
l'article du mois dernier, l'information ce mois-ci consistant compte tenu de ces révisions dans le décrochage net depuis le 1er janvier (tableau ci-dessous) et le passage du taux de chômage au-dessus des 5 %  au plus haut depuis septembre 2005.

En entrant dans le détail :

- il s'agit pour le secteur de la production de biens de l'achèvement d'une année complète de destructions de poste mois après mois, ce mois-ci flirtant avec les - 100 000, du 9 mois d'affilée de suppressions pour la construction (- 51 000 pour mars) et le 21 ème pour la production manufacturière (- 48 000)

- pour le secteur tertiaire, la progression est à nouveau très faible ( + 13 000) à l'identique des 2 premiers mois 2008. Hors emplois gouvernementaux ou liés à l'éducation, les loisirs ou la santé, le chiffre apparaît négatif de - 65 000, aucun des secteurs privés marchands ne réalisant depuis le début d'année de créations, les pertes s'élevant sur le trimestre à - 218 000 avec ce retraitement.




Concernant la pression inflationniste liée aux salaires, retenez que la barre des 5 % est considérée habituellement (sans trop de critiques) comme étant neutre pour l'inflation. En dessous, la pression sur les salaires a tendance à devenir de plus en plus haussière et inversement une fois ce "cap" passé. La peur d'un effet de second tour (hausse des salaires après celle des prix) dispose ici d'un élément fondamental en germe qui peut commencer à limiter le phénomène au moins pour l'heure dans les anticipations.

→ Combien l'économie US avait-elle créé d'emplois par mois en moyenne en 2007 ?  95 000
→ De combien la première économie mondiale a-t-elle besoin de créations pour absorber la croissance de sa population ? entre 110 et 150 000 créations de postes par mois.

     Le déficit est donc de  561 000 postes en prenant l'hypothèse la plus basse et en comptant les emplois gouvermentaux, d'éducation etc...sur le 1er trimestre 08 pour une population active actuelle supérieure à 150 millions de personnes.

Difficile d'imaginer ici une progression même moyenne du PIB américain pour le 1er trimestre. Les anticipations de baisse des taux le 30 avril prennent cependant ce soir de la consistance (- 0,50 % ? à suivre...)
 le Dow Jones ne cédant que - 0,14 %  sans grand souci sur le compartiment des financières malgré la perte de la note de crédit suprême "AAA" pour "AA" du réhausseur de crédit MBIA accordée par une agence de notation. Le titre ne perd que - 5 % sur la séance, une nouvelle qui en février aurait refroidit considérablement les marchés.

Depuis, la Fed est passée par là en sauvant un acteur majeur de la faillite avec des moyens non conventionnels pour éviter un choc d'appels de marge et de pertes en cascade susceptibles de créer une ligne de fracture sismique à travers toute la planète. Laisserait-elle tomber le N°1 mondial du rehaussement de crédit ? Le marché vient de donner son avis avec cette cloture ce soir ... le passage d'une note AAA à AA est d'ailleurs face à l'épreuve du 17 mars assez anecdotique. Alors que la peur d'une dégradation jouait à plein psychologiquement quelques semaines en arrière, la critique des fonds propres de MBIA  insuffisants pour mériter la meilleure note de crédit est pris avec une soudaine rationalité retrouvée... au moins à court terme.

Il n'en reste pas moins que les coûts de financement des titres garantis par l'établissement vont donc souffrir in fine de cette dégradation avec des charges supplémentaires pour les établissements financiers ou autres qui ont eu recours à ses services "de cautions" et ce, de manière concrète.

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