Durée des investissements

Publié le par Michel Delobel

(Michel Delobel / ACGest - formations et coaching) Alors que le marché est en chute libre depuis 1 mois et demi, sans le moindre rebond (pas plus d'une séance de hausse consécutive...), après déjà un second semestre 2007 et un début d'année 2008 bien difficiles, vous êtes sans doute nombreux à vous demander quoi faire et à stresser en voyant votre portefeuille fondre jour après jour.

 

Et comme la panique est mauvaise conseillère, et ce d'autant plus dans des marchés particulièrement volatils et incertains d'un jour sur l'autre, cela vous conduit souvent à faire les mauvais choix et naviguer à contre-courant.

 

Je ne vais pas vous parler ici de spéculation baissière via les ventes à découvert ou les trackers baissiers, même si cela peut-être un moyen de mieux gérer ces périodes baissières – encore faut-il trouver les bons points d'entrée – mais déjà aborder le sujet de la durée de vos investissements.

 

Je vois souvent des investisseurs de moyen ou long terme, c'est à dire investissant à horizon de 2, 5 ou 10 ans, regarder évoluer leur portefeuille au jour le jour. Je conçois très bien que ce soit agréable en période de marché haussier, mais par les temps qui courent, l'effet est inverse, avec stress et déprime à la clef. Le nez dans le guidon, ces investisseurs en oublient même de vendre après de belles hausses, comme ils n'osent pas acheter en période de crise.

 

Or est-ce bien utile de suivre le marché au jour le jour avec de tels horizons d'investissements ? Assurément non, conduisant comme expliqué précedemment à stresser inutilement et surtout à ne pas prendre le recul nécessaire. S'il est bien sûr impossible de dire si nous sommes proches du point bas du marché, ou si la chute va encore se poursuivre dans les prochaines semaines ou prochains mois, pour un investisseur moyen ou long terme, il s'agit surtout de continuer à raisonner à MT ou LT, et de bien considérer d'éventuelles ventes ou prises de positions sur cet horizon de temps : quelle est la tendance graphique moyen ou long terme, les niveaux de valorisations sont-ils élevés ou non, quel scénario intègrent-ils, tout en évitant bien sûr de trop se laisser influencer par la pression ambiante.

 

Prenez donc un peu de recul avec le marché et la situation actuelle. L'ambiance générale est rarement bonne conseillère, et c'est souvent lorsque tout est noir que se présentent les meilleures opportunités. Pour mieux appréhender ces moments de forts replis des marchés, la première des choses est de po-si-ti-ver! Au lieu de déprimer en voyant les cours chuter, regardez le côté positif des choses, en vous disant que chaque repli supplémentaire est une chance : l'occasion d'acheter moins cher vos futures actions. Cela ne doit pas non plus vous empêcher d'en vendre certaines si leur situation se dégradait nettement, et de sélectionner avec attention celles sur lesquelles vous porterez votre dévolu. Et reste bien sûr à savoir quel sera le bon moment pour acheter.

 

C'est un peu comme si vous souhaitiez acheter un nouvel appartement dans le but de le louer, tout en étant déjà propriétaire. Vous lamenteriez-vous de voir les prix baisser, sous prétexte que votre appartement actuel se dévalue ? Non bien sûr, car l'immobilier est naturellement considéré comme un investissment LT, dont les loyers seraient les dividendes. Et une baisse des prix vous permettrait d'acquérir votre nouveau bien moins cher, augmentant mécaniquement le rendement de l'opération, les loyers n'ayant que peu de chances de baisser. Alors pourquoi ne pas raisonner de la même façon face aux marchés actions lorsqu'on est investisseur de moyen ou long terme ?

 

Encore faut-il bien sûr disposer de quelques liquidités pour profiter des phases de repli comme celle que nous connaissons. A ce sujet, je ne saurais que trop vous conseiller de vous reporter au papier écrit sur le sujet il y a quelques semaines de cela.

 

Concernant les investisseurs plus CT, le problème est bien évidemment différent, car regarder les marchés au jour le jour est cette fois plus une nécessité. Et si vous ne souhaitez pas basculer dans le camp des investisseurs MT ou LT, suivant le célèbre dicton : « une position LT est une position CT qui a mal tourné », je ne vois pas trop d'autre solution qu'un peu de money management, et notamment savoir identifier quelle perte vous êtes prêts à assumer lorsque vous entrez en position, que ce soit dans l'absolu et par rapport à l'ensemble de votre portefeuille.

 

A partir de là, il ne vous reste plus qu'à laisser vos sentiments, émotions et certitudes de côté, en acceptant de couper vos positions lorsque votre perte maximale acceptable a été atteinte. Cela vous permettra de repartir sur de meilleures bases pour votre prochain investissement et d'éviter de rentrer dans un horizon d'investissement qui n'est pas le votre.

 

Rien n'empêche toutefois de prendre un peu de recul de temps en temps, faire des coupures, pour mieux évaluer la situation à tête reposée. Cela vous permettra de mieux raisonner et moins vous laisser perturber par l'ambiance du moment. Et si la tendance en cours n'est pas en accord avec votre vision fondamentale du marché, rien ne vous empêche de vous abstenir d'intervenir pendant quelques semaines. A bon entendeur...

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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