Entre résultats de sociétés, pétrole et problématiques politiques

Publié le par Apprendrelabourse.org

Le pétrole a continué sa baisse en direction des 124 $ le baril alors que les stocks de brut ont régressé aux USA d'une semaine sur l'autre mais ont progressé concernant l'essence.

La parution du 'livre beige' qui fait 8 fois par an le point sur la situation économique américaine selon la Fed n'a pas amené d'éléments particuliers, l'immobilier restant très déprimé, la consommation atone, la croissance économique fragile et les prix soumis à une pression élevée. Aucun signe haussier du même type n'est cependant présent en ce qui concerne les salaires.

Pfizer et Mac Donald's ont fait paraître des résultats supérieurs aux attentes, le premier réussissant à doubler son bénéfice net d'une année sur l'autre. Whirlpool voit le sien régresser de - 27 % évoluant dans une activité atone qui permet difficilement d'augmenter les prix, une action pourtant nécessaire pour répercuter la hausse des matériaux utilisés dans la production de ses appareils électroménagers. Les chiffres sont cependant meilleurs qu'attendus. Yahoo! et Boeing ont par contre fait part de résultats inférieurs aux attentes.

Le CAC 40 termine en hausse de + 1,88 % à 4 408,74 points avec une vague de rachat sur les bancaires dans le sillage du compartiment équivalent américain. La baisse du pétrole redynamise les valeurs automobiles avec Peugeot en tête du palmarès du jour en hausse de + 9,23 %. Air France regagne par ailleurs + 6,02 %. Le secteur américain des compagnies aériennes continue sa hausse aux alentours de + 7 %.

→ Bancaires aspirées à la hausse, pétrole redynamisant les valeurs qui lui sont liées comme il les avait étrillé en sens inverse, tri des valeurs en fonction des résultats, le tableau ne serait pas complet sans la description de l'emprise politique qui se fait de plus en plus sentir sur les marchés.

• Après les différentes mesures pour relancer la croissance du Plan Bush qui est maintenant derrière nous s'est ouvert le 13 juillet le plan Paulson, du nom du patron du Trésor US, pour sauver Fannie Mae et Freddie Mac. Evoqué sans chiffrage précis dans un premier temps car nécessitant une évaluation plus précise des besoins sans compter l'aval de G.W.BUSH et du Congrès, nous avons vu que les premiers effets décisifs sur les cours ont été en fait liés à la décision de la SEC, le gendarme de la bourse US, de limiter les ventes à découvert sur ces actions cotées.

Depuis quelques dizaines d'heures, les choses évoluent néanmoins plus rapidement puisqu'un chiffrage à hauteur de 25 milliards pour le contribuable a été dévoilé, le plan s'articulant autour :

- de la confirmation de la possibilité pour les 2 géants du financement hypothécaire de se refinancer auprès de la Fed.
- de l'octroi d'une ligne de crédit d'urgence ouverte pendant 18 mois auprès du Trésor
- et de la possibilité pour le Trésor de se porter acquéreur de titres de ces sociétés pour entrer au capital.

G.W.BUSH a par ailleurs indiqué aujourd'hui qu'il ne mettrait pas de veto au plan reléguant ses observations et critiques au vestiaire compte tenu du caractère déterminant de l'opération pour le système financier.

Le marché est ainsi baigné en arrière-plan continuellement par des spéculations, craintes et rumeurs à ce sujet. L'évolution rapide des choses semble pour l'heure les rassurer. Les évaluations concrètes sont cependant d'une très grande diversité sur le coût réel de ce plan.
Les plus optimistes voient dans la réaction rapide actuelle, l'annonce d'un plan de type avant tout 'préventif' dont il n'est même pas sûr que les Fannie Mae et Freddie Mac aient besoin d'y recourir une grande part de la pression s'étant relâchée sur ces dernières grâce à la présence de celui-ci justement.
 
Pour d'autres au contraire, c'est la porte ouverte à une entrée de l'état au capital qui peut mener jusqu'à la nationalisation de ces entités. Un chèque en blanc. Les obligations émises avec la garantie de l'état fédéral de manière seulement implicite comme nous l'avons vu durant le week-end du 14 juillet pourraient le forcer à aller au bout de sa démarche par une prise en charge totale pour assurer de manière explicite cette fois sa garantie sur les 5 000 milliards $ de titres obligataires qui ont été émis sur les marchés.

Nous sommes là au coeur d'un débat historique qui voit le contribuable américain potentiellement entrer sur les marchés financiers par le biais de ce plan et via le bras du Trésor US. Rien n'est encore fait mais la possibilité entrain de s'ouvrir est réelle.

Quelles sont les conséquences ?

- Non seulement la décision de la SEC sur les ventes à découvert a fait refluer les vendeurs mais miser sur la baisse de ces 2 titres revient à se mettre maintenant, au moins d'un point de vue psychologique, contre la puissance publique.

 - fondamentalement, l'analyse des marchés financiers est désormais soumise aux variations qui pourraient apparaître dans la vie politique américaine comme elle l'a rarement été et ce, à très court terme pour la suite des autorisations à recueillir pour sa mise en place effective comme à moyen terme une fois les choses actées.

- L'évolution d'un titre comme Fannie Mae devient dorénavant non seulement un élément de suivi du secteur bancaire pouvant influer sur toute la cote mais également sur les taux et le dollar en ligne directe, le poids financier de celle-ci pouvant potentiellement se reporter sur le crédit des Etats-Unis tel qu'il est perçu à l'étranger et où la première puissance mondiale y puise ses sources de financement.

En l'état actuel, les choses permettent à Fannie Mae de gagner + 11,86 % et de retrouver au cent près les 15 $ cassés le 10 juillet dernier et au dollar de continuer sa progression légèrement sous les 1,57 contre euro.

Comme mentionné ici le 14 juillet, ceci est également susceptible de faire varier nos interventions et rédactions éventuellement comme nous vous le signalions en italique à la fin de l'article, les évènements prenant un tour plus global.


Le Dow Jones gagne + 0,26 % à 11 632,38 points.

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