Flambée historique du CAC 40 : + 11,18 %

Publié le par Apprendrelabourse.org

Les places européennes ont ouvert dans le vert en forte hausse dans le sillage de la fin de séance à Wall Street vendredi et dans le prolongement de la concertation européenne concernant un plan pour remédier à la crise financière en cours.

Le détail chiffré des mesures pays par pays ainsi que l'ouverture de Wall Street ont plus tard encore amplifié le mouvement. Le CAC 40 ferme en hausse de plus de 11 % à 3 531,50 points, Francfort repasse les 5 000 points en hausse de + 11,40 %.

Le plan européen se concentre sur 2 mesures centrales :

- un apport en fonds propres pour les banques
- une garantie pour le marché interbancaire de manière à ramener la confiance sur ce marché pour que les banques recommencent à se prêter les unes aux autres.

Le chiffrage a été ensuite développé pays par pays suivant les besoins au cas par cas.

Recapitalisations :

En Angleterre ainsi 37 milliards £ seront investis par le Trésor britannique dans les banques Royal Bank of Scotland, HBOS et Lloyds. Les allemands ont prévu 80 milliards € alors que la France allouera 40 Mds € pour recapitaliser les banques en prenant des participation au travers de son entité nouvellement créée la SPPE (Société de Prises de Participation de l'Etat)

Qui est concerné ? Pour l'heure seule Dexia l'est.

D'où viennent les fonds ? Les Etats européens vont procéder à des adjudications sur le marché obligataire, c'est à dire qu'ils vont y lever des fonds pour réaliser ces prises  de participations. En émettant de nouvelles obligations, ils se portent emprunteurs de sommes prêtées par des investisseurs.

Cette semaine, la France va ainsi lever 7 Mds € pour Dexia et Fortis, l'Allemagne 20 MDs  pour Hypo Real Estate, les Pays-Bas et l'Espagne procédant aussi de la sorte.

Comment cela se passe-t'il dans le budget de l'état ? Ces opérations augmentent l'endettement de l'état mais pas directement le budget. Le budget est par contre impacté via les intérêts à payer sur ces nouvelles dettes contractées, l'état payant un taux d'intérêt sur chaque obligation à la personne en face qui a prêté les fonds. Par ailleurs, compte tenu de la hausse de la dette des états, les taux ont tendance à s'accroître ce qui en tendance alourdit également la charge de la dette totale.

La participation est comptabilisée au bilan de la banque comme un actif et la dette au passif avec à terme une plus ou moins value en fonction de l'évolution des restructurations et du potentiel de revente. Ainsi l'Allemagne a d'ores et déjà provisionné dans son budget 5 % pour pertes financières éventuelles. L'équilibre budgétaire allemand prévu cette année est donc reporté en terme d'objectif à 2011.

Garanties au secteur bancaire :

Le montant garanti en France s'élève à 320 MDs € et en Allemagne, celui-ci atteint 400 Mds €. 

Principe :

Une seconde société d'état apportera sa garantie aux refinancements bancaires effectués sur le marché interbancaire de manière à dégeler ce marché de prêts 'en gros', à pouvoir repartir normalement et irriguer ensuite naturellement l'économie pour les prêts aux ménages et aux entreprises sur le terrain, dont la restriction commence à devenir palpable un peu partout.

D'où viennent les fonds ?

C'est une garantie comme une caution qui n'engage aucun décaissement a priori (sauf à appeler cette garantie en paiement) et qui est facturée aux banques au prix du marché, ceci étant comptabilisé comme gains financiers dans le budget de l'état en contrepartie de son engagement. Que fait l'état ? Il engage sa signature en déclarant se substituer à la banque défaillante le cas échéant et devient prioritaire sur les autres créanciers en cas de faillite réelle pour se 'payer' dans un tel cas sur les actifs restants de la banque en déroute.

Conséquences pour l'état ?

Cet engagement par signature n'entre pas directement dans le bilan de l'état mais constitue un engagement qui alourdi son endettement par extension en terme de 'hors bilan' et l'appréciation de sa solvabilité, ceci  venant réduire ses marges de manoeuvre futur.

Tout ceci est-il efficace ou inefficace pour contrer la crise ?  Nous sommes là à mi-chemin entre le plan Paulson et le plan anglais, le plan paulson prévoit surtout d'isoler les dettes  alors que le plan anglais reprend le point américain plus les 2 mesures prises par les européens  décrites ci-dessus. Par rapport aux leçons tirées des crises passées (Cf.
Edition Spéciale : le plan irlandais ''à la suédoise'' fera-t'il des émules ?), cela va plutôt dans le bon sens et on notera que les USA envisagent également de plus en plus d'utiliser les 700 MDs $ récemment votés pour prendre des participations, nationaliser partiellement ou totalement. La participation et la coordination internationale pour un plan assez 'profond' sont aussi plutôt positifs en l'état des annonces et dans l'attente de précisionss et concertations plus avant via le G8 notamment et les autres instances européennes plus larges.

Les limites  concernent le timing qui peut paraître un peu tardif vis à vis de certains dégâts économiques déjà enregistrés sur le terrain économique. En tout cas, ce soir le vote des marchés est unanime et signe un premier soulagement après toutes ces opérations à 'coeur ouvert'  désordonnées du système ces dernières semaines. On est au-delà de la simple mesure technique comme la suspension des ventes à découvert qui n'aura été finalement qu'un retardateur et un coup d'épée dans l'eau. Un petit changement de perspective s'esquisse...

Mais le doute principal concerne "la confiance" car celle-ci ne se décrète pas et nul ne connaît encore toutes les pertes encaissées sur le globe qui vont devoir s'étaler au grand jour et nécessiter d'autres ventes en cascade pour y pallier. Il y a des plaies et des dégâts collatéraux financiers et psychologiques majeurs à ne pas mésestimer. Enfin, si les marchés ont du mal à donner un prix ou une valeur (à 'pricer') à certaines dettes, par quel biais l'état en serait-il plus capable ?

 
Le texte sera présenté à l'Assemblée Nationale en France pour vote demain dans la soirée.

D'un point de vue technique, le CAC 40 a passé en quelques heures quelques résistances intéressantes dorénavant devenues 'supports' et qui sont à surveiller -->
Flash CAC 40 : un retournement à confirmer. Seule valeur à terminer en baisse, Société générale perd - 2 % à la clôture sur des rumeurs de pertes démenties ensuite par la banque et qui l'ont fait plonger de plus de 10 %. Un communiqué est paru dans la soirée : la banque table sur un résultat net de 1 Mds € au titre du 3 ème trimestre, à préciser lors de la parution définitive des comptes le 6 novembre.

Le Dow Jones repasse les 9 000 après 19 heures en hausse de près de 7 %. Un peu d'espoir...


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Marchés obligataires : une double 'trouille'
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A la découverte de l'autre krach

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Publié dans ACTUALITES BOURSE

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Carotte 14/10/2008 23:48

Le petit dessin est tres drôle (enfin en rit jaune)  ;-)

asse42 13/10/2008 22:18

Franchement vous m'avez mis la larme à l'oeil. Les marchés sont sauvés et on peut respirer enfin. On va pouvoir pleurer sur les 4 Milliards de déficit de la sécu qui sont tellement énormes qu'il nous faut privatiser et la vendre au marché! Elle n'est pas belle la vie chez nos financiers?J'appelle cela du gagnant-gagnant. Mais dans le même temps rien pour nous le peuple. Normal c'est la crise;-)