Economie : le chômage décolle

Publié le par Apprendrelabourse.org

Comme chaque début de mois, les opérateurs scrutent le chiffre des créations d'emplois de la première économie mondiale. Ceci en raison de son caractère extrêmement important à la fois pour se forger une idée de la conjoncture mais aussi car le taux de chômage constitue pour les ménages,  premier moteur de l'économie, un baromètre qui forge leurs anticipations et leurs comportements pour les mois à venir. C'est en fait très simple : à chaque fois depuis 1948 que le taux de chômage s'envole, la récession suit. Implacable.


Le verdict du jour (2nd graphe) est à la hauteur de la morosité ambiante avec un taux qui passe de 6,1 % à 6,5 % de la population active dépassant le pic de la précédente récession et nous renvoyant à la situation qui prévalait il y a près de 15 ans.


Les destructions d'emplois attendues à - 200 000 sont ressorties à - 240 000 le mois dernier alors que le chiffre de septembre évalué en première estimation à - 159 000 a été revu à - 284 000. Depuis la rentrée, plus d'un demi million d'emplois ont donc été détruits  dont 309 000 dans les services. La production manufacturière, l'industrie et la construction ne sont donc plus les seules touchées, l'ensemble de l'économie se contracte activement (Vous pouvez accéder au détail des statistiques et revoir l'explosion du chômage en Espagne)


En Allemagne, la production industrielle baisse de - 3,6 % en septembre après +3,2 % en août, soit le recul le plus marqué depuis 1995. L'industrie manufacturière baisse de - 3,8 % sur un mois ce qui constitue la plus forte baisse depuis la réunification alors que les commandes ont baissé de - 8 % toujours en septembre. Seul réconfort, l'excédent commercial de la première économie européenne pour ce même mois est conforme aux prévisions à 13,7 milliards €. Celui de la France se dégrade toujours par contre.

Après - 10 % de pertes en 48 heures, Wall Street reprend + 2,85 % à 8 943,81 points. Le score hebdomadaire est de - 4,09 % avec une cassure des moyennes mobiles à 10 et 20 jours alors que la bourse de Francfort et celle de Paris préservent l'essentiel de leurs tendances haussières. Paris regagne + 2,42 % à 3 469,12 points.
 



On retrouve pour le CAC 40 la droite de support mis en lumière depuis le mois dernier (en vert) véritable axe central de la tendance en cours (parallèle désormais aux moyennes mobiles) sur laquelle les cours sont allés rebondir précisément ce jour. Sa rupture libérerait un objectif théorique vers le comblement du gap à 3 176 points.

*** La semaine prochaine sera beaucoup moins dense sur le plan des données statistiques et des décisions des banques centrales sur les taux. La perspective est celle du G20, le 15 novembre prochain, en tant que première réunion mondiale pour traiter la crise financière. Le nouveau président américain s'est déclaré pour une réponse mondiale à une crise mondiale. Sans doute la première de l'histoire.

Mais les soucis ont glissé cette semaine un peu plus encore de la crise financière à la crise économique avec toutes ces données très dégradées et reviennent quelque peu sur le terrain américain. Les problèmes de coordinations entre européens et notamment entre la France et l'Allemagne ne sont plus ainsi purement d'ordre financier mais concerne d'éventuels plans de relance économique.

Les opérateurs continueront  à avoir les yeux tournés vers la fin des publications de résultats de sociétés pour le 3 ème trimestre mais aussi vers les ventes au détail US pour octobre qui paraîtront le 14 novembre. La question 'sourde' qui hante désormais Wall Street est de savoir comment vont se passer les ventes de fin d'année qui sont cruciales pour un très grand nombre de sociétés.


Pour visualiser l'explosion comme chaque année des ventes au détail en novembre et décembre puis la chute de celles-ci en janvier et février :
Changement de saison à Wall Street : après les résultats, les consommateurs.

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