L'enquête ADP bloque la progression

Publié le par Apprendrelabourse.org


L'enquête ADP sur l'emploi ne figure pas sur tous les agendas des opérateurs mais elle constitue toujours un test de part sa parution 2 jours avant les statistiques officielles du chômage aux USA.

Elle a pris aujourd'hui plus d'ampleur que d'habitude pour plusieurs raisons que nous allons détailler alors qu'elle était mentionnée ici occasionnellement le plus souvent de manière rapide :

- une révision de la méthodologie de calcul a été réalisée ce mois-ci pour mieux coller aux chiffres officiels. ADP reconnaît donc explicitement et publiquement les lacunes de cet outil et tente de le corriger.
Avec une étude qui couvre pourtant plusieurs centaines de milliers de sociétés, ADP n'appréhende cependant qu'un peu plus de 20 % du total des personnes employées dont le nombre figure sur l'infographie ci-dessus et ne concerne que le secteur privé.
C'est un très gros échantillon mais un échantillon tout de même... c'est la raison essentielle qui explique le traitement 'ambivalent' de cette donnée par le marché ... "pas aussi fiable que souhaité, mais on y jette toujours un oeil pour cerner la tendance".

- cette nouvelle méthodologie a eu pour impact de réviser de 250 000 à 476 000 les emplois supprimés en novembre. Le chiffre du jour au titre de décembre ressort enfin à 693 000 très au-delà des 473 000 attendus. Le marché se retrouve donc avec une perte de près d'un million de postes sur les 2 derniers mois de l'année et de 2 000 000 depuis juillet (hors emplois agricoles)

- en terme de répartition, le secteur tertiaire  a détruit 473 000 postes et le secteur industriel 220 000.  87 % des destructions sont l'objet d'entreprises ayant - de 500 employés.


* Le CAC 40 corrige de - 1,48 % à 3 346,90 points et le DAX 30 à Francfort de - 1,77 %. Londres baisse - 2,83 %.

* Par ailleurs, les stocks de brut américain en hausse de près de 7 fois le montant attendu pour la dernière semaine de 2008 infligent une correction de 7 % au baril à 45 $ après les plus hauts.

En Europe, l'Allemagne voit son nombre de chômeurs repasser à la hausse pour la 1ère fois en 34 mois au-delà des 3 millions avec + 18 000 inscrits le mois dernier. A 7,6 % de la population active, le taux de chômage reste toujours cependant inférieur aux 8,2 % de janvier 2008 et aux 11 % d'il y a 3 ans.

La crise du crédit semble par ailleurs s'étendre aux sociétés Outre-Rhin, le gouvernement étant susceptible de réfléchir à un plan de garantie de 100 milliards € pour le financement des entreprises allemandes.

Alors que l'actualité internationale est marquée par l'arrêt des livraisons de gaz de la Russie à l'Ukraine dans un conflit de type commercial mais aussi géopolitique, c'est également ce jour que les difficultés économiques russes s'expriment plus ouvertement avec la première baisse depuis 1999 du PIB à - 1,1 % en décembre, en rythme annuel, suivant les informations de la banque VTB, dans un contexte de forte baisse des prix des matières premières et du rouble. Différentes usines en Europe Centrale et de l'est sont forcées de s'arrêter en raison de la pénurie de gaz comme l'usine Suzuki en Hongrie ou Peugeot Slovaquie.



A New York, le n°1 mondial de l'aluminium, Alcoa baisse de - 8,17 % en début de soirée après l'annonce de la baisse de sa production, d'un objectif de diversification de ses fournisseurs pour réduire ses coûts de 20 % et l'annonce de la suppression de 15 000 emplois pour faire face à la chute de la demande et des prix du métal. Intel perd un peu moins de 4 % avec l'annonce d'un chiffre d'affaire en baisse de - 20 % au 4 ème trimestre par rapport au 3 ème (suivie de pertes légèrement supérieures à 1 milliards) et de - 23 % sur un an. Le Dow Jones évolue en baisse de - 1,69 % vers 18 heures.

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