Bourse : 5ème séance de hausse pour le CAC 40

Publié le par Apprendrelabourse.org

Le CAC 40 poursuit sa hausse avec une progression de + 3,18 % à 2 791,66 points à la clôture porté par les valeurs bancaires. L'Espagnol Banco Santander signe une hausse de + 23,32 % sur la séance. Citigroup regagne à nouveau + 30,90 % et AIG flambe de + 66 %.


* Nous sommes là dans le prolongement amorcé mardi dernier qui s'alimente par ailleurs de spéculations sur le changement éventuel des règles d'application des ventes à découvert avec la réintroduction à l'étude de "l'uptick rule" par la SEC, le gendarme de la bourse de New-york, qui rendrait plus difficile l'accès à ce type d'opérations et fragilise donc la pression baissière.
Par ailleurs, le 'serpent de mer' concernant de potentielles modifications sur les méthodes de comptabilisation des actifs logés au sein des banques a ressurgi et prend un peu plus de poids, ce qui aurait comme conséquence de rendre les valorisations moins volatiles.
Nous reviendrons précisément sur ces 2 aspects dans le cas où des décisions devaient être prises. Tout cela en est encore au stade de supputations et propositions d'autant que nous sommes actuellement intercalés  entre le G-20 des Ministres des Finances qui s'est tenu le week-end dernier et le sommet du G-20 le 2 Avril à Londres en présence des chefs d'Etat.


Ce week-end, le patron de la Fed a également donné une interview télévisée dans laquelle, il évoque une possible reprise en 2010 (détail en fin d'article)

→ Sur le plan statistique, la journée aura été cependant parsemée de données assez peu engageantes :

- l'indice d'activité manufacturière de la région de New-York (Empire State Index) continue sa chute à - 38,2 après - 34,6 en février.
- la production industrielle s'est contractée de - 1,4 % en février contre -1,9 % en janvier. La tendance reste cependant fortement baissière comme pour l'utilisation des capacités de production qui tombent à 70,9 % contre 71,9 % le mois précédent, ceci à comparer avec une moyenne long terme 1972-2008 de 80,9 %, très loin des plus hauts à 85,1 % en 94/95 et en deçà du creux de 2001/2002 qui se situait à 73,6 %.


- la demande internationale en valeurs de long terme américaines a baissé en janvier avec des ventes nettes totalisant 43 milliards $ contre des achats de 37 milliards $ en décembre. Les achats chinois sont au plus bas depuis mai. Cette information est à relativiser toutefois dans la mesure où depuis septembre la Chine est devenu devant le Japon le 1er détenteur de bonds du Trésor US. En intégrant les valeurs à court terme les étrangers ont vendu pour près de 150 MDs $ sur le mois à comparer avec des achats de plus de 85 Mds $ le mois précédent. 


La fin de séance à Wall Street aura été nettement moins solide que la première partie avec un repli au final de - 0,10 à 7216,97 points après avoir frolé les 7 400. L'indice des bancaires BKX qui aura connu un vif rebond aura échoué aujourd'hui finalement à réaliser un plus haut par rapport à celui de la fin février.


→ Articles parus ce week-end :

         . Risques souverains et déficits sociaux
         .
Crises financières et bancaires : quelques rappels historiques


→ "De retour de week-end" :

Ben Bernanké a accordé une interview et fait l'objet d'un reportage long dans l'émission de grande audience "60 Minutes" de CBS, dimanche soir. C'est une action directe sans précédent devant le public alors que les communiqués sont relayés habituellement par la presse, via conférences ou au travers d''auditions faites devant le Congrès. Il est par ailleurs excessivement rare que le Président de la Banque Centrale intervienne de la sorte 3 jours avant un Comité de politique monétaire. Quelques extraits :

En introduction :
- "Vous savez, Monsieur le Président, je pense que pour la plupart des gens, la Fed est un mystère."

- "Et bien, c'est une institution dont les gens n'entendent pas si souvent parler mais elle est très importante. Elle gère la politique monétaire du pays. C'est un des outils principaux que nous avons pour stabiliser notre économie et garder les prix stables."
(..) "La Fed a été créé par le Congrès en 1913. Et son but initial était de gérer les paniques financières. Ce que nous sommes précisément entrain de faire maintenant."

A la fin de l'interview pour préparer la conclusion, le journaliste y revient : "Il y a eu une panique en 1907. Ainsi la Fed a été créée pour éviter que ce  ce type d'évènements ne se reproduisent jamais. Et ensuite nous avons eu la Grande Dépression. Et maintenant nous avons cela. Comment fait-on pour éviter que ce type de choses ne se reproduise encore ?" 

La réponse donnée est centrée sur la nécessité d'avoir "un régulateur qui ait une responsabilité sur le système dans son ensemble" (...)

- 'Votre réponse (à la crise) a été de faire ce que la Fed n'a pas fait pendant la Grande Dépression, c'est à dire injecter de la monnaie dans le système. Mais il y a un argument qui émerge aujourd'hui qui dit que ce n'est pas cela le problème. Le problème n'est pas qu'il y a trop peu d'argent dans le système. Le problème est qu'il y a trop de peur. Avec toutes ces sociétés qui reçoivent l'assistance du gouvernement, personne ne sait dire à Wall Street qui est solvable et qui ne l'est pas. Et c'est pourquoi, les affaires ne repartent pas."

- Bernanké : "Oui, je suis complètement d'accord, la confiance est le maître mot". (...)

La conclusion est un message direct aux américains fait d'appels à la patience et décrivant les améliorations en cours, susceptibles de restaurer la confiance selon lui.




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