Actualité - Bourse - finance : Wall Street plus calme, l'Europe limite les pertes

Publié le par Gilles Caye

Après un score négatif de - 3,34 % à Tokyo et une fin de séance de vendredi à New York plus lourde que la première partie, les indices européens ont décalé à la baisse à nouveau très franchement ce matin, le CAC ouvrant un Gap baissier (ou trou de cotation avec la séance de vendredi) dès l'ouverture.

Le support à 5303,29
exactement a joué son rôle à plein pour des tentatives de rebond au-delà des 5350, seuil qui a fini par être cassé à la hausse avec le repli limité de Wall Street, puis sa progression un peu plus positive  a même permis au CAC 40 de venir refermer le GAP ouvert ce matin.

Comme évoqué, la situation en zone de sur-vente et la réduction de la volatilité mise en avant vers midi sur un seuil graphique majeur fait naître l'hypothèse éventuelle d'un Gap dit 'd'épuisement' pour ce matin (le 1er étant un gap de rupture suivi d'un gap de continuation comme vu vendredi)

Les appels au calme ont été nombreux aujourd'hui et la diffusion d'éléments concernant les fondamentaux et les principaux indicateurs de l'économie chinoise montre que celle-ci vient d'acquérir une nouvelle dimension financière sur la scène des marchés mondiaux avec ce qui est dénommé le 'mini-krach'. S'il existe toujours plusieurs explications aux décrochages comme aux temporisations, scruter le 'chemin éventuel' qui mêle nombre d'entre elles reste d'actualité avec :

les chiffres de l'indice des directeurs d'achat en baisse sensible pour les services aux USA à 54,3 en février contre...59 en janvier et 57,5 attendu qui n'ont pas eu raison de la récupération positive de Wall Street alors que la banque HSBC, N°2 mondial sino-anglaise, termine ce soir en hausse de + 1,75 à Paris après une hausse de son résultat de 5 % en 2006 et alors que les provisions pour créances douteuses ont augmenté de + 35 %. Aucune nouvelle désarmante de la banque sur des provisions complémentaires liées à une quelconque dégradation de la qualité générale du crédit aura permis par ricochet à SG et BNP de figurer au palmarès des plus belles hausses de la journée. La lourdeur sur les bancaires et les brokers à Wall Street est cependant toujours perceptible ce soir.

L'autre pan d'inquiétude du jour concerne toujours la dégradation du risque crédit mais sous une forme plus boursière concernant la tenue des positions spéculatives à très spéculatives liées au 'carry trade'. Cette technique qui permet d'emprûnter sur un actif ou une devise à taux faible pour le replacer aussitôt sur un actif à taux plus élevé et qui est pratiquée depuis des années en emprûntant du yen à 0,50 % pour le replacer en dollar à 5 % ou sur des actifs immobiliers ou boursiers à forts rendements, est la préoccupation majeure des financiers actuellement.
Tant que les actifs achetés avec ces dettes montent, la manoeuvre est 'juteuse', lorsque les actifs achetés baissent, des appels à couverture engendrant le remboursement du crédit pour garantie insuffisante peuvent être observées, ceci amenant les opérateurs à réacheter du yen pour rembourser leurs prêts faisant monter cette dernière devise alors que pour l'heure la devise japonaise est sous forte pression de ces 'carry trade'.
Des positions peuvent ainsi être débouclées pour supprimer l'engagement ou endiguer les pertes et des réactions en chaîne peuvent donc se produire, le cas échéant. Les investisseurs les plus faibles ou étant actuellement en perte sur leurs dernières opérations pèsent ainsi mécaniquement sur tout le processus. D'ailleurs la  hausse du yen a une incidence sur la rentabilité de ces opérations à partir d'un certain stade limitant la rentabilité de ces opérations ou obligeant certains à se racheter à la hâte.

Vous pouvez re-consulter l'article 'taux d'intérêt et devises' à cet effet.

Tout est possible ce soir bien sûr avec un article démarré à + 0,41 % pour le Dow Jones et finissant à - 0,04 % mais une chose est à savoir en complément de l'article d'hier : si une maison 'non-construite' est un simple manque à gagner touchant l'économie, une maison bâtie sur un mauvais prêt touche la valorisation de l'immobilier, l'économie ET le système financier.
La différence à considérer aujourd'hui (potentielle) est que les délais qui vont de l'ouverture d'une procédure de saisie immobilière à sa résolution se comptent en mois alors qu'une position spéculative de type 'carry trade' peut à tout moment être débouclée dans la seconde ne serait ce qu'à titre de précaution pour les actifs achetés ainsi les plus spéculatifs.

Si des pertes se constatent par le bas par défaut dans l'immobilier américain faisant fondre les actifs cités lentement, tout en haut de l'édifice économique toute position très spéculative peut fondre en un instant.

Les crises arrivant souvent avec des primes en hausse pour les produits de couvertures (comprendre assurances contre une baisse de type défaut de remboursement ou autres) ou via les devises (comme en novembre décembre même faible avec la baisse du dollar), tous les regards se portent sur le yen ce soir et l'entrevue aujourd'hui entre le directeur du Trésor américain et le ministre des Finances japonais montre le degré d'importance et le besoin de rassurer.  A Shanghaï jeudi, le directeur du trésor US prononcera d'ailleurs une allocution devant les marchés de capitaux
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