Actualité - Bourse - Finance : l'instabilité persiste, les obligations d'Etats servent de refuge

Publié le par Gilles Caye

Paris termine ce soir avec la plus forte baisse des places européennes (-0,75 %) sous les 5500 à 5496,07 points alors que Wall Street maintient une légère avance tant sur le Dow Jones que sur le Nasdaq.

Démarrée avec une impulsion haussière assez nette qui a vu les cours de l'indice phare français réaliser un gap dès l'ouverture (trou de cotation avec le niveau de clôture de vendredi), la journée a été ensuite beaucoup plus cahotique alors que la dégradation des crédits immobiliers à risque laisse planer des anticipations de mises en faillites d'acteurs importants aux USA (cf 2 ème partie de l'article d'hier sur New Century Financial) Cette affaire a perdu avant l'ouverture de la bourse 42 % de sa valeur alors que ses créanciers sont en train de suspendre ou de ne pas renouveler les lignes de crédit dont elle a besoin pour sa survie. Toutes les informations et les rumeurs s'agglutinent sur cette affaire indépendante du secteur  (comprendre : qui n'est pas la filiale d'un groupe bancaire) dont la cotation a finalement été suspendue aujourd'hui par les autorités de marchés américaines. Alors que le nombre d'organismes de prêts immobiliers à risque qui ont suspendu leurs activités ou fait faillite s'élèvent à plus de 30 depuis début décembre, celle-ci compte tenu de son importance est très regardée. Sur ces nouvelles, les obligations du trésor américain (T-bonds) ou allemand (Bund) ont inversé leur tendance, les investisseurs venant les acheter pour y trouver refuge faisant monter les prix.
Il en a été de même pour les marchés des changes avec un dollar / yen qui a inversé la vapeur en reperdant du terrain.

En l'absence de statistiques importantes et en dépit de la progression de Tokyo de + 0,75 %, les bourses européennes n'auront pas réussi  dans ce contexte à maintenir un score positif.

Graphiquement coincé entre 2 gap, le CAC 40 aura tenté en vain de combler celui ouvert entre les séances du 27 et du 28 février qui forme une résistance importante et sur laquelle les vendeurs ont repris la main de façon décisive avant de renvoyer les cours sur les niveaux du gap inférieur né entre les séances de mercredi et jeudi dernier mais qui constitue un support de qualité moyenne. Pour visualiser tout ceci : cliquez sur l'article paru en matinée.

L'impasse de trésorerie dans laquelle se trouve New Century Financial laisse peu de doute quant à son issue (soit mise sous perfusion par rachat d'une banque ou faillite) et recèle un impact psychologique sur les marchés à ne pas négliger. La société disposerait de quelques dizaines de millions $ en cash contre près de 10 milliards à rembourser à ses créanciers. Pour saisir l'importance des financements mis à la disposition des particuliers il convient de savoir que ses encours de crédit (à risque très majoritairement) sont de l'ordre de 50 milliards soit autant qui ont été insufflés dans l'économie et dont le flux risque de s'éteindre.

Nul ne peut dire l'issue de tout ceci, les appels au calme parlant d'une simple correction boursière ignorent souvent de la qualifier en tant que 'crise du crédit' (quelque soit sa taille d'ailleurs) alors que les anticipations les plus pessimistes oublient de pointer que les cotations des obligations garanties par ces prêts de mauvaises qualité après une chute de près de 40 % ont repris depuis quelques jours presque 15 % ce soir.
N'oubliez donc pas non plus que certains sont déjà 'en chasse' pour racheter ces créances aux remboursements difficiles à prix cassés, saisissant là, à tord ou à raison des opportunités que nul ne saurait nier par endroits.

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