Actualité - Bourse - finance : L'aversion au risque se répand

Publié le par Gilles Caye

Les marchés n'ont pas fait dans la dentelle aujourd'hui réalisant au sein des bourses européennes une séance à l'exemple de celle vécue hier soir à Wall Street et laminant les bancaires avec Crédit Agricole en baisse de - 4,18 % ou Deutsche bank en baisse de plus de 5 % à Francfort. Le mal ressenti par les sociétés de crédit immobilier à haut risque aux USA se répand même sur toutes les financières sans le moindre détail ou le moindre tri avec AXA en baisse de - 5,14 % plus forte baisse du CAC ce soir à Paris ou du géant Allianz à -4,19 % touchées toutes deux dans leurs activités par la baisse des bourses. Même CNP assurance plie de - 4,04 %...

...la psychologie est en marche...celle de la peur de détenir des valeurs financières..alors les investisseurs se délestent comme ils peuvent se ruer à d'autres moments sur les valeurs ''vertes' ou 'internet' du moment qu'elles soient estampillées du terme favori que l'on recherche le plus sur le moment ou que l'on craint comme actuellement le plus..

Si New Century Financial fait l'objet d'enquêtes de type criminelle, Accredited Home qui avait perdu plus de 60 % hier reprend ce jour entre + 12 et + 20 % mais ceci ne semble rassurer personne alors que la société H&R Block avoue également être aux prises avec les prêts immobiliers repoussant la parution des résultats d'une de ses filiales qu'elle souhaiterait d'ailleurs vendre (la perte du jour se limite à - 2, 89 % à l'instant)...

..bref la psychologie baissière en marche ne veut plus de tout ce qui correspond aux mots 'CREDIT' ou 'IMMOBILIER' touchant par extension l'ensemble des financières et des foncières. A Paris, Unibail (centres commerciaux) plie de plus de 5 % comme Klépierre ou Nexity (construction, promotion immobilière) dans la tourmente générale touchant de près ou de loin ces 'thématiques' longtemps à la mode mais légèrement 'passées' depuis 15 jours.

Le gap ou trou de cotation entre le cours de clôture hier et le plus haut du jour en séance (légèrement plus haut que le cours d'ouverture, les acheteurs ayant peu de ressort) reste béant ce soir sur le CAC 40 qui clôture sur ses plus bas dans des volumes à nouveau énormes cassant le support des 5300 pour finir en baisse de - 2,52 % à 5296,22 points (soit les plus bas depuis le 5 décembre)
Francfort lache - 2,66 % et Zurich corrige de - 2,85 % avec une fin de séance difficile à très difficile. Le meilleur score revient à Amsterdam qui contient la baisse à - 2,27 %.

Pour l'heure le Dow Jones plie de plus de 0,50 % ramenant la baisse qui avait dépassé les 1 % il y a quelques instant, aucun résultat positif de sociétés ou élément macro-économique ne réussissant vraiement à inverser la vapeur. Le niveau psychologique n'ayant aucune valeur graphique des 12 000  a été enfoncé et le canal baissier vu  dimanche dernier apparaît le seul support à la baisse avant la moyenne mobile à 200 jours située vers 11825 points.

Alors d'où vient la crise ? Demande-t-on partout...de Chine ? du Yen ? du Dollar ? du carry-trade ? des subprimes loans ? Même l'or retrouve des niveaux sous les 640 $ l'once ce soir ? Que se passe-t-il ?
Samedi 3 mars je vous disais "Si nous ne devions pas constater d'autres peurs ou d'autres dommages liés à cette peur du risque crédit, je viendrais vous le dire. D'ailleurs en commentaires vous pouvez me le rappeler à loisir."
Ce soir : ne retenez aucun lieu en particulier, aucun élément spécifique ni le moindre exemple ou la moindre justification, il s'agit simplement des effets de la constation des limites de la croissance du crédit qui sont les plus visibles et les plus durs dans l'immobilier aux USA et qui peuvent apparaître partout ailleurs sous n'importe quelle forme que ce soit subi comme aux USA ou préventivement comme en Chine...ou par peur de plus en plus comme aujourd'hui.
Pour la 3 ème journée consécutive, les obligations d'Etat sont les seules recherchées dans ce mouvement d'aversion au risque et de 'sécurisation'.

La crise se situe au coeur de la finance dans une réappréciation des risques jusque là un peu occultés et dans un mouvement de réveil, de surprise qui se renforce et dont l'enchaînement des composantes est beaucoup plus clair que lors de la 1 ère vague de baisse fin février.

Sont à surveiller : tout ce qui est en jeu maintenant est la capacité d'absorption du système de part la mutualisation des risques qui sont disséminés sur un très grand nombre d'intervenants (cela va des particuliers aux grandes banques comme on le constate on ne peut plus simplement) ou bien selon d'autres, la crise en chaîne de type dominos faisant tomber les pièces les unes après les autres du fait des pertes encaissées.
Par ailleurs, la notion de crédit immobilier en dégradation fait de plus en plus place à une approche 'crédit US' pour l'ensemble des emprûnts hypothécaires même de bonne qualité ou standard qui font l'objet d'une approche beaucoup plus prudente dorénavant.
Enfin en quittant le financier pour l'économique pur de terrain, une résurgence des difficultés de ces derniers jours sur l'activité sera à ausculter.

Voilà 3 éléments qui seront détaillés dans les jours et les semaines à venir  couplés à des éléments sur les  devises.

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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