Actualité - Bourse - finance : L'équilibre est préservé malgré les incertitudes

Publié le par Gilles Caye

Dans le sillage de Wall Street qui avait terminé en baisse hier soir (cf. détails et explications dans le Flash de clôture), les bourses européennes ont ouvert en baisse avant de se ressaisir à l'ouverture de New-York, l'érosion d'hier faisant place à une stabilité remarquable. Le Dow gagne + 0,03 % à l'instant et l'indice CAC 40 a terminé en baisse de - 0,05 % à 5748,94 points après avoir rebondi à deux reprises sur les 5700.

Les temps forts du jour auront été marqués par :

- la Conférence de Jean-Claude TRICHET, Président de la BCE (Banque Centrale Européenne) qui indique que l'institut émetteur de l'Euro est dans le même état d'esprit qu'en mars dernier lorsque les taux avaient été augmentés de + 0,25 % à 3,75 %. Il a réaffirmé la surveillance étroite concernant les prix et l'inflation, ce qui laisse à penser pour la plupart des économistes qu'une hausse des taux complémentaire de 0,25 % pourrait intervenir en Juin.

- aux USA, d'après le Département du Travail, les 1ères demandes d'allocations chômage ont augmenté de 19 000 à 342 000 semaine dernière largement au-dessus de la moyenne mobile à 4 semaines qui progressent de + 7000 à 323 250. En rajoutant une révision de + 2000 demandes sur la semaine antérieure (finissant le 31 mars), on a là une information relativement peu enthousiasmante sur le rythme de la croissance actuelle mais sans dérapages toutefois.

Cette série de petites déceptions avec celle d'hier soir s'émaille encore des perspectives de Wal-Mart, le N°1 mondial américain de la grande distribution qui fait état d'une hausse de 4 % de ses ventes (à magasins comparables) pour les Etats-Unis au mois de Mars. Pour avril, les ventes domestiques stables ou en baisse jusqu'à 2% sont par contre attendues avec une mise en garde sur la difficulté de pouvoir atteindre le bénéfice prévu sur le premier trimestre (fiscal 2008) en raison de ces mornes perspectives d'avril.

Je vous rappelle que le PIB des USA est réalisé à 72 % par la consommation et que toute défaillance dans ce domaine engendrerait un fort risque de décrochages de la croissance et partant des résultats des sociétés et sans doute des bourses. Quoi qu'il en soit il s'agit d'un des éléments qui est regardé actuellement sous toutes les coutures notamment dans une appréciation en tant que conséquence éventuelle des déboires du crédit immobilier.

A ce sujet une enquête d'economy.com (Moody's) révélée hier soir fait part de retards et de défauts de paiment sur les crédits immobiliers à un niveau record au 1er trimestre aux USA. Le rapport indique des craintes concernant la continuation de cette situation jusqu'en 2008 constituant la menace la plus sérieuse pour la croissance. L'étude réalisée sur un échantillon assez large enregistre un taux de défauts de paiment en hausse à 2,87% contre 2,51% (pour tous types de crédit immo) le trimestre précédent, au-dessus du précédent record de la fin 2001 après les attentats du 11 septembre.

Pour l'avenir il en ressort une crainte que tout cela empire quand les taux vont être revus à la hausse, si la baisse des prix des habitations se renforce, et compte-tenu d'une restriction ou d'une difficulté d'obtenir de nouveaux crédits sans compter les résurgences sur le marché de l'emploi.

Si la restriction du crédit nous paraît déjà dans les faits mais est difficilement chiffrable, c'est effectivement les 2 premières craintes qui me paraissent les plus dangereuses comme vu dans l'article
Quelle est la profondeur et la surface de la crise du crédit immobilier américain ?. Quant aux chômage, l'augmentation de la moyenne mobile à 4 semaines de ce jour est à garder en mémoire.

Les bourses montent (grâce à la croissance mondiale toujours élevée) , les risques également (risque crédit) mais la différence (à la hausse depuis des mois) se fait grâce à la liquidités et aux dettes permettant de racheter des sociétés ce qui anime le marché de rumeurs soutenant les cours  particulièrement depuis quelques semaines.
Psychologiquement, la période qui débute concernant les résultats des sociétés va être intéressante, le ralentissement anticipé largement par le marché pourrait réserver quelques surprises favorables sur certaines sociétés réussissant à maintenir la croissance de leurs profits. La visualisation des réactions sur de tels cas comparée aux réactions/sanctions sur celle présentant des situations en aggravation donnera la teneur précise du sentiment actuel des investisseurs.

Pour le S&P 500 qui regroupe les 500 plus grosses sociétés cotées US et après plus de 19 trimestres de croissance des bénéfices le consensus des analystes financiers a été revu de + 8,7 % en début d'année à + 4% actuellement (Reuters Estimates). La croissance des bénéfices avaient été de + 10,1 % au 4 trim 06 et de + 18,9 % au troisième. La croissance des bénéfices étant le moteur dit 'fondamental' de la hausse de cours, un ralentissement encore plus marqué serait dommageable.

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