Actualité - Bourse - Finance : nouveau record pour le CAC 40, Le Dow Jones au-dessus des 13 000

Publié le par Gilles Caye

La volatilité est de retour sur les marchés actions avec de nouveau un grand écart avec la séance d'hier, certes moins impressionant qu'entre les séances de jeudi et vendredi dernier mais suffisamment important pour passer d'une légère inquiétude quant au comblement du gap (ou trou de cotation sous 5860) à un nouveau record de 6 ans sur le CAC 40 à 5947,33 points (+1,04 %), un plus haut ayant été coté à 5962,39.

Le soutien en début de séance aura été le fait principalement de l'offensive menée par un consortium de banques (RBS, Santander et Fortis) afin de contrer l'avancée de Barclays sur la banque hollandaise ABN AMRO. Bien évidemment, l'ensemble des bancaires opéables comme SG ou Dexia ont suivi le mouvement haussier dans le sillage de cette nouvelle apportant une impulsion matinale décisive à la hausse. Demain ABN Amro devrait à nouveau faire affluer sur elle tout les regards avec la parution de ses résultats pour le 1er trimestre. Le marché sera à même d'approcher précisément la qualité de l'OPA en cours et de l'attrait de la fiancée.

Portées par des résultats favorables dans les publications qui battent leur plein (Michelin termine en hausse de + 4,40 % avec une hausse de son chiffre d'affaires de + 9,5 % -à taux de change constant- et des perspectives favorables), des réévaluations d'objectif de cours par certains courtiers (Morgan Stanley a ainsi relevé de 87 à 130 € l'objectif sur Alstom qui s'envole de + 6,44 % ce soir en tête du CAC 40) et une atmosphère euphorisée par le climat de fusions-acquisitions, l'ensemble des bourses européennes terminent ce soir dans le vert, Madrid fermant la marche à + 0,29 % pour cause de difficultés de son secteur immobilier comme vu hier.

Wall Street qui avait clôturé en hausse hier soir malgré des statistiques maussades hier continuent sur sa lancée à 13 010 points pour le Dow Jones en hausse de + 0,44 % grâce aux commandes de biens durables qui ont progressé plus que prévu au mois de mars à + 3,4% contre + 2,4% (+1,7 % en 1ère estimation) insensible à la nouvelle mauvaise statistique concernant le logement neuf cette fois puisque :

Si celles-ci ont augmenté de  + 2,6% en mars elles sont inférieures aux attentes (+ 4,7 %) et le chiffre de février a finalement été révisé en baisse alors qu'il représentait déjà le plus faible niveau de ventes en 7 ans. Pour autant, les stocks à vendre restent stables à 7,8 mois de ventes et les prix des maisons a progressé de + 6,4 % à 254 000 $ en glissement annuel.

Derrière ce va-et-vient des indices portés de façon globale à la baisse par les craintes sur l'immobilier et à la hausse par les bons chiffres de société et l'ambiance d'OPA, il est bien sûr à rappeler que le marché comme dans toutes périodes de parutions de résultats refait le point sur les valeurs opérant un tri des valeurs délivrant des chiffres d'affaires, des rentabilités ou des perspectives supérieurs aux attentes comme LVMH qui prend + 1,86 % mais sanctionne Air Liquide de - 1,62 % pour décélération de son activité outre-atlantique.

Retenez que les bourses européennes font un parcours remarquable et ont été insensibles aujourd'hui à la baisse de Tokyo d'hier pourtant de -1,24 % donnant même le sentiment de porter Wall Street, la croissance et les opérations en Europe donnant le moral aux opérateurs encore renforcé par L'indice IFO du climat des affaires en Allemagne (enquête auprès de 7000 entreprises) qui a progressé à 108,6 en avril après 107,7 en mars.  108 était attendu.

La décélération outre-atlantique trouve ainsi dans l'esprit des investisseurs un relais de croissance en Europe particulièrement réconfortant pour les marchés actions. Les statistiques peu satisfaisantes d'hier et mitigées aujourd'hui aux USA ont mené à un affaiblissement du dollar au plus bas à 1,367 € et n'affectant en rien les performances actuelles alors que de tels niveaux auraient fait décrocher les actions dans le contexte qui prévalait en novembre 2006.

Il en va ainsi du monde de la finance où comme déjà signalé, le même mouvement peut être pris en compte de façon très différente dans la psychologie et l'appréciation des investisseurs. Aujourd'hui, les fonds levés (à partir de fonds propres augmentés de dettes) pour les rachats eclipsent toutes les problématiques d'euro cher limitant la croissance sur le continent européen ou de baisses des profits réalisés en dollar habituellement évoquées. Pour autant les seuils atteints par la devise mondiale restent fondamentalement à conserver à l'esprit dans une appréciation plutôt négative des dernières stats US par le marché des changes contrairement à l'appréciation du marché actions (dernier article et graphes sur le dollar : Le dollar Index ou comment apprécier plus largement la valeur du dollar ? )


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