CAC 40 : les 6000 ne résistent pas aux taux (Actualité - Bourse - Finance)

Publié le par Gilles Caye

L'article de ce matin mettait en avant l'évolution récente du support des 6000 points sur le CAC 40 comme ayant moins de force pour résister à une éventuelle cassure compte tenu de la configuration mise en évidence sur le graphe présenté (cf. Apprendre et comprendre la bourse en temps réel : qualité d'un support ou d'une résistance graphique)

Finalement, il n'aura pas fallu très longtemps pour le constater avec ce jour une troisième séance de baisse qui est aussi une troisième journée d'accélération de la baisse depuis lundi. Pour être très précis, il convient également de souligner que le mouvement vers le bas aura connu une amplification à mesure que la séance progressait aujourd'hui.

Evidemment et après un parcours quasiment sans faute depuis 2 mois et demi, ce milieu de semaine n'a pas été très favorable à l'achat d'actions avec en complément ce jour:

- une baisse de 1,2 % des commandes à l'industrie en avril en Allemagne, 1ère économie de l'Euroland contre - 1% attendu et d'autant plus marquante que celles de mars ont été révisées à + 1,1 contre + 2,4 % en 1ère estimation. Pour autant sur un an la hausse s'élève à + 2,6  sur mars-avril comparé à ces 2 mois de 2006 confirmant l'orientation haussière de fond.

- une hausse des annonces de licenciements en mai aux USA (enquête Challenger) en hausse de + 32 % sur un an avec en tête l'informatique et l'automobile.

- une allocution du Président de la Fed comme évoquée hier soir qui continue de nourrir les craintes des investisseurs concernant l'immobilier, la croissance, l'inflation et les taux aux USA d'autant qu'aujourd'hui les opérateurs ont pris connaissance d'une productivité en hausse de seulement + 1 % au 1er trimestre contre + 1,7 % en 1ère estimation et contre + 1,1 % anticipé. Ceci s'est accompagné d'une hausse du coût du travail plus forte que prévue à + 1,8 % sur un an contre + 1,2 % attendu et une hausse annoncée au départ à + 0,6 %.

Moins de productivité et des coûts du travail supérieurs aux attentes...voilà qui n'arrange pas les anticipations de baisse de l'inflation et donc les possibilités de baisse de taux sur lesquelles il devient depuis hier plus difficile de miser.

L'annonce ce jour par la BCE (Banque Centrale Européenne) du relèvement à 4 % contre 3 ,75 % des taux d'intérêts, largement anticipé, aura rajouté à 'l'ambiance' peu profitable aux actions de renchérissement du coût du crédit d'autant que le discours de son Président Jean-claude Trichet laisse augurer d'une possible hausse de + 0,25 % en septembre complétée en décembre d'un autre 'tour de vis'. L'institution qui émet l'Euro a d'ailleurs revu ses prévisions d'inflation de 1,5/2,1 % pour 2007 à 1,8/2,2 %, celle concernant 2008 ayant été laissée inchangée. Concernant la croissance, le chiffre médian a été réajusté à + 2,6 % contre + 2,5 % et abaissé à 2,3 contre + 2,4 % pour 2008.

En ce qui concerne les prévisions économiques de la Maison Blanche :

  • Estimation de PIB 2007 : + 2,3  contre + 2,9 % prévu en novembre
  • Estimation de l'inflation (indice CPI) pour 2007 : + 3,2 % contre + 2,6 % prévu en novembre

Si la bonne tenue de la croissance en Europe est un facteur inflationniste plutôt classique donnant à l'augmentation des taux de la BCE une direction assez facilement compréhensible d'autant plus que le mouvement de hausse ne se fait toujours pour l'heure qu'en tant que 'normalisation' (passé d'un niveau de 2 % à 4 % aujourd'hui en 18 mois), les taux restant 'accomodants' globalement, il est plus difficile de cerner la situation américaine qui fait cohabiter une hausse des prix avec ralentissement économique plaçant la Banque Centrale dans un statu quo à 5,25 % qui dure maintenant depuis 1 an et engendre une incertitude quant au futur. Est-ce la croissance qui va baisser plus vite sous le poids de l'immobilier ou l'inflation progresser encore ou les 2 ? Autant de questionnements qui se font jour ce soir chez de plus en plus d'opérateurs et avec plus d'importance relative par rapport aux autres éléments de l'actualité.

Le CAC 40 termine, dans des volumes étoffés, sous la borne basse de son trading-range et sous sa droite de support moyen terme à une distance assez importante de sa moyenne mobile à 20 jours sous les 6000 poins à 5977,87 lachant - 1,66 % sur la séance alors que Francfort plie de - 2,40 % à 7730,05 points, le Dow Jones perdant actuellement dans ce contexte - 0,90 % sous les 13 500 à l'instant. Aucune valeur du CAC 40 n'arrive à progresser sur la séance et l'ensemble des places sont touchées à l'exemple de Bruxelles (BEL 20 à - 1,90 %), Madrid - 2,52 %, Londres - 1,66 % ou encore Amsterdam à - 1,33 %.

Si l'inflation et les taux pourraient être un excellent prétexte aux prises de bénéfices après l'envolée continue du printemps, les accélérations constatées depuis 72 heures et l'étendue de celles-ci incitent à la vigilance ce soir, notamment sur le CAC 40 qui se trouve ce soir à plus de 1 % sous sa droite de support comme vu ce matin (en bleu sur le graphe et donc devenue résistance)

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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