Bourse : rebond avec les trimestriels malgré l'immobilier

Publié le par Apprendrelabourse.org

Après la petite débâcle d'hier, les résultats de bonne qualité à l'instar de ceux d'IBM qui progresse actuellement à New York de + 4,29 % à 115,65 $ confortant ses perspectives sur le reste de l'année, ont permis au marché actions de reprendre de la hauteur puisque Zurich reprend + 1,27 % (bons résultats de Roche), Francfort + 1,24 % (SAP prenant + 6,06 % sur parution de très bons résultats) et le CAC 40 + 1,16 % à 6065,50 points.  Des rumeurs d'OPA sur CAP gemini de la part d'infosys ont fait progressé le cours de + 3,95 %, ceux d'Eramet prennent + 9,18 % sur des rumeurs de cession de certaines de ses participations... autre exemple: la fusion entre Pepsi et Nestlé attise les spéculations sur Danone par exemple qui gagne + 2,42 % à 57,13 € à la clôture

...autant d'éléments qui pour des raisons comptables avérés (trimestriels) ou nettement plus spéculatives (rumeurs et informations diverses) rebattent les cartes en 24 heures à l'image des retournements de situation plus ou moins profonds vécus depuis février amenant le duo immobilier/inflation à peser sur les bourses mais irrémédiablement contrecarré par le tandem résultats/rumeurs qui l'emportent depuis quelques mois assez largement, le premier prenant du poids ces dernières semaines.

D'ailleurs aujourd'hui un premier chiffrage des pertes dans le crédit immobilier américain a été évoqué par Ben Bernanké, le Président de la Réserve Fédérale audité par la commission bancaire du Sénat : ce sont pas moins de 50 à 100 Milliards de $ qui pourraient être comptabilisés en pure perte avec un niveau qui s'est fait jour de façon très symbolique avec la désintégration pure et simple de la valeur des 2 hedge funds de Bear Stearns et la dégradation de nombreuses obligations qui y sont attachées par les grands agences de notations internationales chargées d'évaluer la qualité des crédits qui les sous tendent. Bernanké a indiqué également que le niveau de la crise n'est cependant pas à un niveau tel qu'il influe sur le niveau de la consommation.

Vous suivez sur ce blog l'évolution depuis le tout début de la montée en puissance des saisies immobilières record mois après mois depuis août amenant la faillite depuis décembre de 100 institutions de crédit immobilier à haut risque aux USA, des pertes sur les marchés obligataires enfin la reconnaissance que 100 milliards pourraient être perdus..alors que de nombreuses réactions et appels d'autorité ont indiqué à chaque fois que les choses s'améliorent dans une volonté de rassurer tel qu'on peut le supposer. Nous continuerons ici à suivre ces éléments qui en 6 mois amènent des dominos de plus en plus gros et de plus en plus nombreux à tomber. (cf. Risque crédit et immobilier : trou d'air ou trou noir ? )

Des centaines de milliers d'américains se font saisir leurs habitations et finalement, 10 mois plus tard, le 1er courtier des hedge funds perd une part de sa réputation et 100 milliards de pertes potentielles dans le systéme financier américain sont avoués. La leçon à retenir est que le terrain finit toujours par parler...la haute finance n'est pas un royaume qui puisse vous être si étranger que cela. Si vous avez un peu de mal à suivre parfois, ceci peut vous aider et vous rassurer...

Par ailleurs, là où il est très difficile d'y voir clair en raison des effets de levier, des instruments de titrisation et l'absence de transparence sur les hedge funds largement exempt de toutes réglementations a fortiori s'ils s'établissent dans des paradis fiscaux, nous restons très étonnés que certains puissent faire des prévisions et des déclarations sur le sujet. C'est pourquoi nous maintenons comme depuis le début une vigilance ni catastrophiste, ni optimiste de type méthode Coué, à défaut de mauvaise tendance en la matière nous vous rappelons que les commentaires sont là pour le rappeler le cas échéant. 100 milliards représentent 15 fois la somme perdu par le fonds LTCM en 98 qui avait failli provoquer une crise systémique et l'intervention de la FED et des banques en sauvetage 'express' par contre aujourd'hui si la somme est plus importante elle est nettement plus disséminée entre un nombre bien plus grand d'intervenants que par le passé donnant au système une capacité d'amortissement supérieure. Il n'en reste pas moins que la comptabilisation et l'identification des risques est plus difficile ce qui fait redouter réellement un risque de confiance avant tout et de peur éventuellement.

A chaque fois que vous verrez paraître ici un article sur des saisies élevées... rappelez vous que tout en haut en Chine, en Europe, un peu partout il y a des investisseurs qui sont les prêteurs de dernier recours et qu'à partir d'un certain stade...

Tant que le flux en bas ne tarit pas... la masse dangereuse au-dessus de la tête des marchés restera présente. Reste à savoir comment et jusqu'où elle s'exprimera ?

Pour l'instant, le marché actions n'en a fait les frais qu'en février/mars dans sa 'purge', au-delà le marché obligataire a souffert en juin. En juillet, c'est le dollar qui en subit le maximum de conséquence avec un euro toujours sur ses plus hauts à l'heure actuelle à plus de 1,38 $.

Pour l'heure les moteurs des trimestriels reflétant société par société la forte croissance mondiale (+ 11,9 % en Chine au 2nd Trimestre) et le flux des liquidités se déversant sur les marchés via OPA, rachats ou cessions son plus puissants que le vent contraire de l'immobilier, des défauts de crédits, des junk bonds (obligations pourries) et de l'inflation naissante outre-atlantique.

Pour le reste des informations du jour, on notera :

  • - le recul de l'indice des indicateurs avancés (un panier d'indices 'précurseurs' US) à 137,50 en baisse de -0,3 % contre + 0,2 % en mai
  • - la baisse du 'Philly' (indice d'activité industrielle de la région de Philadelphie) à 9,2 contre 18 en juin et contre 13,3 attendu

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