Bourse : le Comité de Bâle lâche du lest sur les banques

Publié le par Apprendrelabourse.org

Quelques jours après la publication des stress tests concernant les banques européennes, les valeurs bancaires sont à nouveau en effervescence mais de manière beaucoup plus ciblée.

Tout d'abord le géant bancaire suisse UBS renoue avec les bénéfices au 2nd trimestre en publiant un résultat net de 2 milliards de francs suisses contre une perte de 1,4 milliard un an plus tôt. Le titre gagne 11,21 % à 17,46 à la bourse de Zurich.

De son côté, autre géant, Deutsche Bank a augmenté son bénéfice net de 9 % à 1,2 milliards d'euros contre 1,03 seulement attendu en moyenne et a précisé l'exposition aux risque souverains. L'action gagne 4,49 % à la bourse de Francfort.

Mais l'information centrale est venue une nouvelle fois des régulateurs bancaires internationaux et du Comité de Bâle qui édicte et supervise les règles internationales en terme de ratios prudentiels auxquels les banques doivent se conformer. Les 27 banquiers centraux qui constituent le Comité de Bâle seraient parvenus à un accord pour assouplir les règles proposées initialement dans le cadre de Bâle III qui doivent être validées par le G20 fin 2010 et entrer en application fin 2012. Seule l'Allemagne reste réticente à valider le compromis.

 

Concrètement, les ratios de liquidités que nous avions évoqués vendredi seraient abandonnés, une mesure contre laquelle les banques luttaient le plus depuis décembre dernier et qui selon plusieurs estimations aurait obligé les banques de la planète à sécuriser leurs liquidités pour un montant total de plusieurs trillions (milliers de milliards $). D'autre part, le "leverage ratio" ne sera mis en place qu'à partir de 2018.

 

En conséquence, les banques les plus touchées par les mesures proposées ont connu un appel d'air haussier aujourd'hui comme nombre de banques françaises ou espagnoles qui se voient libérer de la pression de ces nouvelles contraintes. Sur le fond, cela vient confirmer le fait que de réelles avancées en matière réglementaire sont difficilement pleinement applicables avant 2020, une date fréquemment avancée dès le tout début des consultations sur ces nouvelles règles Bâle III.

La mise en place du renforcement des règles bancaires doit ainsi emprunter pour être réalisable le difficile chemin entre contraindre les banques suffisamment sans les affaiblir et sans affaiblir leur contribution au financement de l'économie à un moment où justement les conditions financières sont à leur plus bas depuis la faillite de Lehman Brothers, un élément encore souligné la semaine passée par le Président de la Fed.

Malgré les résultats des stress tests et malgré les avancées de ces nouvelles règles Bâle III, le renforcement de la solvabilité du secteur bancaire apparaît comme un enjeu de très longue haleine et une faiblesse structurelle pour de nombreuses années encore.

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Le CAC 40 gagne 0,83 % porté par SG (+10,59 %) et Crédit Agricole (+10,14 %) à 3 666,40 points. En dépit du franchissement de la résistance moyen terme (blanc) une zone de résistance très dense (cercle rouge) est à nouveau présente. Cette zone qui conditionne le retour sur 4 100 points fera l'objet de zooms en intraday prochainement dans un marché qui attend surtout maintenant la publication vendredi du chiffre préliminaire du PIB US pour le 2nd trimestre.

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