Fed, décryptage d'un statu quo total

Publié le par Apprendrelabourse.org

La Fed vient de faire connaître en soirée sa décision en matière de politique monétaire. Grand rendez vous s'il en est, la réunion de ce premier mois de l'année était attendue sans grande surprise. Les taux d'intérêt sont maintenus entre 0 et 0,25 % et les mesures non-conventionnelles iront en l'état jusqu'à leur terme en juin 2011. Le diagnostic est également inchangé. Le rétablissement de l'économie se poursuit mais à un rythme insuffisant pour enregistrer des progrés en terme d'emploi et le secteur immobilier reste déprimé. Plus intéressant : "même si les prix des matières premières ont progressé, les anticipations d'inflation restent stables, et les mesures de l'inflation sous-jacentes montrent des tendances baissières", selon les termes du communiqué.

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Ces diverses mesures sont toujours nettement sous le taux d'inflation globale (CPI en bleu) L'inflation sous-jacente (core CPI en jaune) qui est remontée sur base annuelle à 0,8 % en décembre ne progresse sur les 3 derniers mois que de 0,7 %, toujours très proche des plus bas depuis 50 à 60 ans atteint en octobre. L'ensemble des autres mesures que nous ne détaillerons pas ici sont également assez mal orientées (en rouge et ocre)

Sur la base des dépenses de consommations des ménages, 34 % des diverses catégories connaissaient un taux d'inflation en décélération au début de la récession fin 2007. Près de la sortie de la récession, 85 % des dépenses étaient touchées. Ce taux a reflué mais reste très élevé à 72 %. La désinflation est profonde et surtout large.

La principale avancée des mesures non-conventionnelles (rachat d'obligations à long terme pour 600 milliards $ d'ici juin) décidées en novembre concerne les anticipations d'inflation.

Face aux pressions de ralentissement des taux d'inflation ces mesures sont venues en compensation. Face à des pressions déflationnistes, ces mesures inflationnistes ont permis de rétablir les anticipations d'inflation pour l'avenir.

C'est ce qu'exprime le graphique ci-dessous, mesure fétiche de la fed en matière d'anticipation d'inflation. Les anticipations d'inflation moyenne pour les années à venir sont revenues à leur point de départ. Tant que cette variable ne change pas, la politique de taux exceptionnellement bas restera en place "compte tenu de la faiblesse de l'inflation et des faibles taux d'utilisation des capacités de production".

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La mesure classique des anticipations d'inflation basée sur les taux à 10 ans que nous suivons en continu a le même profil. Le marché obligataire n'anticipe donc pas d'inflation en l'état au-delà des niveaux antérieurs. Le risque d'entrer dans un schéma de déflation auto-entretenue ou à l'inverse d'inflation auto-entretenue est ici a priori assez faible.

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Qu'en est-il justement du risque de déflation invoqué implicitement l'an passé ?

Culminant à plus de 30 % fin juillet, le risque d'apparition a commencé à chuter fin août lors de l'allocution du Président de la Fed reconnaissant le ralentissement de l'économie et indiquant qu'il était prêt à faire le nécessaire. A 30 % de probabilités, il s'agit d'un taux qui peut en faire rapidement ensuite un scénario central pour le marché, ces probabilités étant dérivées des obligations américaines indexées sur l'inflation.

Depuis la mise en place de ces mesures de soutien (QE2 : quantitative easing – assouplissement quantitatif) le risque est tombé sous la barre des 20 %. Actuellement, à 12 %, ce risque est donc devenu a priori plus marginal.

 

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Lelievremilou 27/01/2011 08:48



Bonjour Gilles.


Merci.