Le ralentissement du secteur manufacturier au niveau mondial se confirme

Publié le par Apprendrelabourse.org

fotolia_actualit__globe_552450-15-copie-1.jpg  Très concentrés sur la question du niveau de la croissance mondiale, les opérateurs ont fortement réagi lors des publications des indices d'activité du secteur manufacturier des principales régions économiques. En tête les USA  et la Chine permettent de pousser un ouf de soulagement et de chasser les idées noires principalement aux USA qui commencaient à s'ancrer propulsant le CAC 40 à 3 623,84 points en hausse de 3,81 %.

Fondamentalement, les indicateurs sur un plan global confirment néamoins que le rythme de croissance décélère toujours sur l'ensemble de la planète.

 

L'indice d'activité manufacturière pour la Chine s'est redressé à 51,9 revenant en zone de croissance contre 49,4 seulement en juillet (indice HSBC PMI). Le second indice officiel progresse quant à lui de 51,2 à 51,7 entre juillet et août.

 

China-PMI-august-2010.png

 Aux USA, l'ISM Index est ressorti en hausse à 56,3 contre 55,5 le mois précédent alors que les anticipations se situaient en moyenne à 52,9 seulement.ISM-Index.png   

Nous sommes en présence d'une séance particulièrement intéressante d'un point de vue pédagogique qui illustre tout le différentiel entre la réactivité d'un marché à un instant 't' et la nature même des données qu'il ne faut pas confondre.

Le marché se réajuste vis à  vis d'une situation qu'il avait un peu noircie dans ses anticipations mais le cycle mondial est bel et bien entré dans une nouvelle phase.

 

Tout d'abord, l'ISM américain est porté par les composantes suivantes : les prix, le niveau de la production et de l'emploi. Au contraire, les livraisons sont en baisse de 1,7 points et les nouvelles commandes s'effritent de 0,4 point à 53,1 (après avoir perdu 12 points depuis avril) Tout ceci s'apparente plus à un équilibrage des parties menant à une stabilisation de l'ensemble mais où les chiffres précurseurs ne sont pas forcément les mieux orientés.

 

Hors Inde qui maintient un haut niveau pour le 17ème mois, les 2 autres grandes régions que sont le Japon et l'Europe décélèrent de sorte que l'indice global au niveau mondial ci-dessous perd un demi point à 53,8 à un plus bas de 9 mois.

 

JPM-Global-Manufacturing-PMI-august-2010.png

Pour l'Euroland, l'indice PMI manufacturier passe de 56,7 à 55,1 toujours dominé par l'Allemagne à 58,2 contre 61,2. La France dépasse néanmoins les attentes avec une progression de 1,2 point à 55,1. Au Royaume-Uni, le ralentissement est marqué en baisse de 2,6 points à 54,3 et l'orientation des nouvelles commandes n'est pas bonne avec une chute de 6,5 points à 52.

Le Japon est le plus touché puisqu'il accuse un plus bas de 14 mois avec une baisse de 2,7 points de son indice d'activité à 50,1 soit en limite de croissance particulièrement affecté par la hausse du yen qui freine le secteur exportateur.

 

→ Le marché va maintenant se tourner vers l'emploi qui sera publié vendredi. Il est recommandé de ne pas anticiper de manière hâtive cette publication à venir à partir de la progression de la composante de l'emploi citée plus haut. Celle-ci ne concerne qu'une partie du secteur industriel d'une part et d'autre part si la corrélation de ces indicateurs d'activité manufacturière est forte avec le cycle de la croissance économique globale et l'importance pour les marchés avérée, la corrélation de la composante de l'emploi de l'ISM Index avec la publication officielle des créations d'emplois aux USA est très loin d'être acquise. 2 éléments viennent d'ailleurs nous le rappeler aujourd'hui :

- la composante de l'emploi de l'ISM Index flirte, actuellement à 60,4 pour août, avec ses records atteints en 1973 ce qui est assez peu concordant avec la progression des créations d'emplois réelles constatées jusqu'ici sur le terrain.

- enfin, l'enquête ADP vient de délivrer un message assez terne avec la destruction dans le secteur privé de 10 000 postes en août contre 37 000 créations en juillet.

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Lelievremilou 02/09/2010 17:14



Bonjour, et,Merci pour cet "énorme" commentaire.


En ce qui me concerne je regarde la bourse de très loin. J'ai conservé des positions sur les matières premières où je suis en moins value depuis fort longtemps.


Mais je m'interesse à notre économie. Et en cela je suis vraiment gaté avec vos analyses pour lesquelles je vous remercie.



Lelievremilou 01/09/2010 23:04



Bonjour.


Merci. toujours très bon.


Que pensez vous de la théorie de Laskhine du JDF ?


http://weinstein-forcastinvest.net/trop-de-pessimisme-conduit-a-de-fortes-reactions-a-la-hausse/


 


 



Gilles Caye 02/09/2010 15:42



Le marché est passé et repassé plus de 15 fois par  3600 points depuis les toutes premières séances de septembre 2009, soit exactement 1 an jour pour jour.


 


Les surprises ou les données 'mitigées' sont un peu de tout côté et s'équilibrent particulièrement bien. Nous n'avons plus connu depuis la période 92-96 un CAC 40 qui fasse du surplace
sur des périodes longues. Je pense qu'il faut s'en accomoder, reconnaître la neutralité des tendances à certains moments et ne pas forcément chercher en permanence à trop anticiper par où ça va
partir. Il n'y a pas 2 tendances mais toujours 3 tendances possibles en bourse auxquelles on doit s'adapter. Nous avons vécu plus de 10 ans faits exclusivement de hausses et de baisses qui nous
ont habitués à mener des raisonnements un peu trop binaires. La folle descente en 2007-2009 puis la remontée qui a suivi rendent la perpective d'une tendance étale ou neutre toujours
difficile à assimiler tant les choses ont été bousculées surtout émotionnellement pour beaucoup.


 


Laskine est bien sûr dans son rôle sur son blog plus typé 'conseil' que celui-ci. Le marché envoyait plein de signaux en 2007 qui ont été traduits ici, de même à partir de 2009.
Actuellement, dans un trading-range comme celui-ci, la seule chose que l'on sache concerne le positionnement des bornes inférieure et supérieure de celui-ci. Nous ne savons pas quand cela va être
franchi mais pouvons approcher l'endroit où elles se situent pour réagir en temps opportun. A l'intérieur il n'est pas interdit de s'amuser...


 


La volatilité de la configuration actuelle est connue. Nous l'avons mesurée très précisément ensemble. Pourquoi ne pas en jouer ? Pourquoi l'eclipser pour se reporter sur autre chose, sur un
autre type d'investissement ?


 


De nombreux mouvements volatils malgré les contre-pieds ont pû être décélés le dernier en date encore en baisse via un diamant dont le marché nous gratifie de plus en plus souvent même si cela
reste toute de même encore assez rare. Pourquoi se reporter forcément sur autre chose ?


 


Devons nous mener l'analyse d'une situation, d'une configuration et finir forcément par n'en retenir que les aspects négatifs et conclure alors qu'il est préférable de se reporter sur autre chose
et une autre forme d'investissement ? Je souhaite ici justement vous laisser libre sur ce choix une fois le boulot d'éclairage le plus précis possible réalisé. La première idée qui
vient une fois l'analyse d'une configuration donnée faite est d'en bénéficier en en acceptant les risques, pas forcément de s'en prémunir en 1er lieu ou d'en réchapper en faisant autre chose.


 


Bizarrement sur la forme je trouve que ce qui est proposé en alternative dans l'article procède d'une attitude défensive qui va un peu dans le sens du pessisme décrié dans l'article.


 


Sur le fond, en choisissant l'exemple de Vivendi qui me paraît effectivement excellent et tout à fait sain dans le sens où le désendettement et la qualité du dividende nous permettent de revenir
à des fondamentaux de qualité, on en oublie les perspectives de croissance de la société et du titre.


 


Car le marché a aussi mené un exercice où il noirçit légèrement les publications de sociétés comme les perspectives de croissance. D'abord, les résultats sont vus hauts puis au fur et à
mesure qu'ils approchent, les analystes les ont souvent minorés ce qui permet d'avoir une forte proportion de publications supérieures aux attentes. Par quel biais ? Par le travers d'efforts de
productivité et une réactivité qui est tout à l'honneur des dirigeants de sociétés mais quid du chiffre d'affaires et de la croissance ?


 


Paradoxalement, si je suis d'accord avec son analyse pour ces jours-ci, je trouve que sa conclusion ou son invitation est finalement un peu du même type que ce qu'elle est censée contrer,
car si trop de pessimisme conduit à de fortes réactions à la hausse, ce ne sont pas les valeurs qui rassurent qui fonctionneront forcément le mieux.


 


J'insiste sur "ces jours-ci" car le marché n'a pas encore donné son verdict quant à sa sortie haussière ou baissière de ce long dédale de sautes d'humeur réalisé à plat depuis des mois.