Le taux de chômage élargi américain bondit à plus de 17%

Publié le par Gilles Caye

jobs.jpg  La dernière publication concernant les chiffres de l'emploi US en septembre a fait ressortir des chiffres globalement conformes en ce qui concerne le secteur privé avec 64 000 créations de postes, légèrement sous les attentes mais avec une révision favorable de 67 000 à 93 000 des créations au mois d'août.

Le taux de chômage est par ailleurs ressorti à 9,6 % sans changement, soit toujours sans amélioration notable depuis le printemps 2009 date depuis laquelle il oscille entre 9,5 et 10 %.

 

Cette publication qui constitue en fait un rapport détaillé d'une quarantaine de pages recèle toutefois ce mois-ci des éléments assez exceptionnels, voire troublants à une période distante de plus d'un an de la fin de la récession établie officiellement à fin juin 2009 (Dis au fait... c'est quoi une récession ? )

 

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Le retraitement du recensement ne se limite pas à simplement exclure la variation des emplois publics :

 

Tout d'abord, l'habitude prise depuis 6 mois de se centrer sur les seuls emplois privés en raison du rencensement qui a gonflé puis dégonflé temporairement les chiffres ne doit pas faire oublier que la publication a débouché une nouvelle fois sur 95 000 destructions d'emplois au total, soit un plus bas depuis 3 mois. Le recensement n'a d'ailleurs qu'un impact limité à hauteur de 77 000 postes sur les 159 000 supprimés au total par les administrations publiques. 83 000 suppressions sont en effet le fait des Etats et des administrations locales dont une grande part dans l'éducation (1er tableau)

 

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 Or recensement, l'économie US a donc perdu 18 000 emplois le mois dernier. C'est en fait le chiffre à retenir d'autant plus que ce retraitement des données depuis le printemps va disparaître le mois prochain puisqu'il ne reste plus que 6 000 employés temporaires dans le cadre du rencensement à fin septembre contre un pic de 564 000 en mai dernier.

 

Les emplois privés continuent à se concentrer dans 4 secteurs, l'industrie rechute :

 

Dans le détail des créations d'emplois du secteur privé, le secteur industriel recommence à perdre des emplois (- 22 000) après plusieurs mois de créations nettes.

Concernant le secteur des services, près des 2/3 des créations sont le fait de l'éducation, de la santé, du secteur des loisirs et hospitalier soit la tendance en place depuis juin.

 

Moins d'une entreprise sur 2 présente un personnel stable ou en croissance :

 

Présenté dans l'article de jeudi le diffusion Index mesure la part de l'industrie qui dispose d'un personnel en croissance ou en décroissance, 50 étant le niveau de parfaite stabilité.

Le pourcentage retombe sous la barre des 50 à 49,8 contre 54,1 en août et 57,2 en juin pour le secteur privé. Le secteur manufacturier s'affaissant un peu plus bas à 46,3 pour le 2ème mois en zone négative.

 

Très fort rebond de la mesure élargie du taux de chômage :

 

Il existe 6 mesures du taux de chômage (mesures U-1 à U-6). Le taux de chômage officiel repris au début de l'article étant le chiffre communiqué partout qui correspond à U-3. Les autres n'en sont pas moins 'officielles' dans le sens où il s'agit de la même administration qui les concocte. Elles sont par contre nettement moins diffusées et apparaissent souvent sous le terme 'non-officielle' par rapport à U-3.

 

Une amélioration sur la mesure U-3 est visible. Il y 141 000 personnes actives en plus d'un mois sur l'autre en septembre (+ 623 000 en un an) et 93 000 chômeurs en moins (- 392 000 sur un an)

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En considérant par contre le décompte du nombre d'employés à mi-temps, le nombre de personnes y figurant pour des raisons économiques explose de 600 000 en un mois et de 1 000 000 depuis juillet avec une très forte part de ceux étant confrontés à cette situation en raison de la réduction de la charge de travail et de la conjoncture des affaires, le reliquat étant constitué de personnes ne parvenant pas à trouver autre chose qu'un mi-temps.

 

En intégrant cette catégorie aux chômeurs de la mesure U-3 et aux  2,5 millions d'individus dans la catégorie "découragés" et "marginally attached", le taux de chômage élargi selon la mesure U6 bondit de 16,7 à 17,1 % (en fait près de 0,5 %, les arrondis jouant en faveur de 0,4% - Table A-15 ci-dessous)

 U-6.png

 

Conclusion :

 

Sur la base de la mesure ordinaire ou dite "officielle", c'est à dire U3, le rythme de l'amélioration apparaît très lent depuis la fin de la récession. Cela est en réalité très proche de la situation vécue lors de la précédente récession en 2001 (même si le taux de chômage était à l'époque inférieur) mais il s'agit d'un rythme de 'retour à la normale' très inférieur à la moyenne des reprises post-récessions entre 1954 et 2000 → Voir le graphe depuis l'après-guerre

 

Il n'y a par contre aucune commune mesure avec la mesure large U-6 (Unofficial à gauche ci-dessous ou 'broader rate' à droite) qui était un mois après la fin de la récession, soit en juillet 2009 assez largement sous le niveau actuel à 16,3 % (Source : W.Post / WSJ). Le delta entre les 2 mesures qui reflète une tendance à l'éviction d'une partie des actifs en dehors de la populaction active va toujours croissant. C'est la 4 ème fois que le taux élargi atteint 17,1 % depuis l'élection d'Obama mais en septembre 2010 ce taux a connu une progression d'une ampleur rare sur un seul mois à un tel niveau.

 

U3---U6.jpg U6.jpg

 

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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céline 10/10/2010 22:23



Il faudra attendre attendre probablement un an avant un vrai début de fin de crise et le retour à l'emploi.


 


Céline,


http://www.rachatducredit.com/


 



jsnea 10/10/2010 10:04



Bonjour


Très bonne annalyse sur le Taux réel du chômage aux Etat-Unis.


Depuis que ces derniers ne cessent de nous communiquer de du bidouillage,ça remet les


pendules à l'heure.



Lelievremilou 10/10/2010 09:44



Bonjour Gilles.


C'est très bien : Les bourses vont continuer à exploser. voir :


http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=9df7c7731186b996c2e4a05f61c3f66e


"Si les chiffres de l'emploi sont bons, c'est bon pour les actions. S'ils sont mauvais, c'est
encore mieux, parce que cela ouvre la voie à plus d'assouplissement" monétaire, autrement dit des injections de liquidités par la banque centrale américaine (Fed) pour soutenir l'activité, a
expliqué Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.


"L'argent va affluer vers les actions", a-t-il ajouté. "Je ne vois rien qui puisse faire
dérailler le marché".