Indicateurs avancés, croissance économique et évolution des cours de bourse, le trio fondamental incontournable

Publié le par Gilles Caye

fotolia-se-former-90860-copie-1.jpgQu'est-ce qui au fond fait varier les cours de bourse ? Il ne s'agit pas ici de répondre dans l'absolu. 3 livres n'y suffiraient pas. Mais d'approcher simplement au plus près de manière concise la dynamique des cours de bourse.

Les actions qui représentent des titres de propriété de sociétés cotées sont soumises en continu au jugement des investisseurs. Ce jugement se porte en priorité sur la capacité des sociétés à dégager des bénéfices et à générer dividendes futurs ou plus-values potentielles.

Pour un indice, les investisseurs évaluent la somme des bénéfices de toutes les sociétés qui le compose. Globalement, le marché est la somme de tous les jugements de tous les investisseurs sur toutes les actions ou appartenant à un indice, ce qu'on appelle les 'anticipations'. La valeur d'une action est la somme de ses bénéfices futurs. Ces bénéfices futurs sont par nature incertains, à risque.


Le marché boursier anticipe les bénéfices futurs. Non pas qu'il parvienne à les connaître forcément à l'avance. Mais tout le jeu du marché est la confrontation de ces anticipations. Que ce soit à tord ou à raison sur la réalité des bénéfices, et donc de la qualité intrinsèque des sociétés cotées.

-> Le marché ne s'attache pas tant aux bénéfices, pris dans l'absolu, qu'à la variation de ceux-ci et surtout à leur évolution par rapport aux anticipations antérieures.

Si on décompose très schématiquement le principe, c'est un jeu fait d'anticipations, puis d'ajustements sur les résultats et à nouveau d'anticipations, etc... sans fin.

Peu importe la part d'irrationnel, de psychologie ou d'éléments purement rationnels qui fondent ces anticipations, l'essentiel réside dans la nature même de la bourse à se projeter en permanence en avant.


Pris dans sa globalité, le marché  réagit à la variation de l'activité économique, c'est à dire de la croissance. En effet, sans croissance, il y a peu de chance de voir les sociétés générer des bénéfices en cumulé. Pour fonder leurs anticipations, les investisseurs sont aux aguets pour obtenir les informations les plus en avance sur le cycle économique.

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Là où le non-initié se satisfaira de la publication de la croissance du PIB, le marché ausculte le plus tôt possible les indicateurs avancés, précurseurs de tendance. Concrètement, il s'agit d'enquêtes auprès des directeurs d'achat du secteur industriel et des services (PMI= Purchase Manager Index) 

Ci-dessus, le PMI Global, c'est à dire la somme des indicateurs avancés PMI dans le monde entier (ici réalisé par JP Morgan qui couvre 16 000 directeurs d'achat dans 32 pays représentant 85% du PIB mondial - échelle de droite) et la variation annuelle de la croissance mondiale (PIB mondial - échelle de droite)


Difficile de dire à la lecture que la chute en 2007-2008 n'était pas visible. Difficile de dire 'on ne savait pas'. Difficile d'ignorer le rebond ensuite en 2009-2010. Difficile encore de passer à côté de l'interminable ralentissement actuel, malgré le très léger regain de vigueur récent.   

Le décalage dans l'information entre indicateurs avancés (base des anticipations) et les données économiques classiques (qui ne comptabilisent que le passé) est le terreau de plus d'une incompréhension.


Mais c'est aussi un sujet discuté une fois la question des cours de bourse évoquée. C'est notamment l'éternel débat entre analyse fondamentale (comptes des sociétés et données économiques) et analyse graphique (analyse des cours).

Il ne s'agit pas de trancher ce débat, ce n'est pas le sujet du jour, mais de vous permettre de vous faire votre propre opinion ci-dessous en examinant la variation du marché actions (indice FTSE All world index, échelle de gauche) et le Global PMI, c'est à dire l'indice actions 'Monde' et le PMI 'Monde'. Le choix s'est porté sur le FTSE All World Index, mais on aurait pu tout aussi bien utiliser le Dow Jones,  le S&P500 ou encore le MSCI All World, pour un résultat comparable.

 

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Le jugement des investisseurs est invariablement soumis à 2 pôles psychologiques essentiels que sont la cupidité et la peur, lesquels génèrent excès ou apathie, des sur-réactions ou des sous-réactions dans les oscillations des cours de bourse mais les données économiques fondamentales exercent aussi à l'arrière-plan une force de rappel absolument incontournable sur les actions et les indices en bourse.

Le meilleur profit que l'on puisse tirer des indicateurs avancés de type PMI (ou ISM) consiste à les suivre "aux extrêmes". Comme les quelques illustrations ci-dessus le laissent transparaître, le suivi des variations, entre quelques jours à 2/3 semaines, est plutôt aléatoire. De faux signaux apparaissent en permanence.


Aux extrêmes, ils sont très efficaces:

- soit à très court terme, au moment même de leur publication durant quelques heures, car le marché se met le plus souvent en 'stand-by' puis lors de la publication. Dans ce cas de figure, il convient de s'attacher également à la réaction du marché.

Ce n'est pas tant la donnée ou le chiffrage qui importe que la réactivité du marché sur la publication afin de comprendre s'il y est sensible ou au contraire si le marché s'attache comme à certains moments à d'autres aspects. La réaction du marché est aussi une information en tant que telle (Des stratégies de trading se fondent sur le différentiel entre donnée 'anticipée' et le 'réalisé')

- soit à moyen-long terme, c'est à dire de quelques semaines à 5/6 mois, pour éviter les plus grosses erreurs et de ne pas passer à côté d'une tendance lourde contre laquelle on serait entrain de jouer malencontreusement.


Bien préparer son agenda boursier personnel de la semaine ou du mois à venir consiste ainsi à surpondérer l'importance de ce type de rendez-vous pour le marché (PMI USA, Chine + Zone euro). Suivre les grandes inflexions est incontournable à long terme.

Publié dans APPRENDRE LA BOURSE

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