Dimanche 16 novembre 2008

Les français suivent l'immobilier essentiellement au travers des dossiers ''ville par ville" qui paraissent dans la presse ou au cas par cas lors de la parution d'indices tenus par tel ou tel
organisme mais peu en ont une représentation d'ensemble concrète rapide, dynamique et précise.
En collaboration avec le site www.crise-mondiale.fr qui fait un suivi mensuel de nombreux indicateurs du marché français, nous vous proposons ci-dessous de visualiser 2 indices importants à la manière de ce que nous faisons ici
pour les marchés financiers de manière habituelle.
Le marché immobilier confronte des acheteurs et des vendeurs qui s'expriment par la définition d'un prix, comme pour n'importe quel marché. Les prix sont issus des statistiques de la
FNAIM et de l'indice PAP et ont été intégrés à un logiciel pour en obtenir une représentation graphique exploitable. Voyons ce que cela donne :
Pour agrandir les graphes, faire un double-clic
→ Voici tout d'abord une vue d'ensemble depuis le début du siècle via la FNAIM (Fédération
Nationale de l'immobilier) concernant le prix des logements anciens :
Pour avoir accès au suivi mois après mois.
→ Précisons les choses avec l'indice PAP (De particulier à particulier - 1er site immobilier des
particuliers) qui couvre 8 grandes agglomérations françaises, tout d'abord avec le prix des appartements :
→ et ensuite avec le prix des maisons :
Accès au suivi mois après mois.
A titre d'enseignement, chacun aura remarqué les signaux précurseurs très classiques envoyés assez tôt par les 2 indicateurs au-dessus de la courbe qui montraient une divergence avec les
cours (ils se sont mis à baisser alors que les cours continuaient à monter signe d'un affaiblissement des forces sous-jacentes de la tendance) et la mise à jour plus franche de cet
aspect par une cassure plus récente de la moyenne mobile des prix mensuels en jaune qui débouchent depuis peu sur une baisse avérée.
(photo : wikipédia)
Copyright © Apprendrelabourse.org - La crise financière est maintenant partout dans les journaux à la TV et a mobilisé une grande partie de la
population cette semaine qui d'ordinaire ne s'intéresse presque pas voire pas du tout à la chose économique et encore moins à la finance et à la bourse. Les questions traitées portent sur la
sécurité des dépôts, les chances de vote du plan Paulson, depuis hier on est passé aux chances de réussite de ce plan maintenant qu'il a été adopté. On cherche à trouver des coupables par
ici, je réponds à quelques mails sur vos inquiétudes par là, tombe ensuite sur un point presse qui fait état de la zizanie entre européens sur les démarches à suivre mais très
rarement ou vraiment seulement de manière très ciblée, ne viennent les questions de fond d'autant que cela est pris mentalement et psychologiquement dans l'urgence. Et là le sujet
dérape assez souvent dans l'irrationnel : 'moi ça me fait vraiment peur' ou bien 'tu crois pas qu'on joue un peu à se faire peur', chez certains tout ce battage est calculé, j'en
passe...
C'est l'occasion de continuer cette nouvelle rubrique 'Un évènement, un graphe'. Je vais vous présenter 2 éléments qui seront de toute façon actifs que l'orage se calme ou se déchaîne
encore plus dans les semaines à venir. Ils sont à l'oeuvre depuis des lustres et posent de sérieuses questions sur les remèdes actuels qui sont évoqués.
Petit rappel pour commencer: voici ci-dessous tout d'abord, le tableau de l'endettement total américain comparé à la production de richesses de cette économie majeure au cours de l'histoire comme
détaillé dans le dernier édito Endettement US :
remboursement ou fuite en avant ? Vous vous posez sans doute les mêmes questions que moi : est-ce que cela va finir comme en 1929, comment en
est-on arrivé là et jusqu'où peut-on monter comme cela ? Gloups...
En lissant la progression depuis la guerre, on découvre ci-dessous une parabole (en noir) et une économie basée sur
l'accroissement de la dette de manière exponentielle qui se heurte dorénavant pratiquement à un mur. Les dépassements des plus hauts ont été rendus possibles grâce aux quelques éléments repris en
rouge qui sont parfaitement connus de tous maintenant.
Dire que l'économie est basée sur la dette n'est qu'un constat en relation avec le descriptif du 2nd graphe, mais
rien ne permet d'en faire un fondement a priori sans quelques preuves et illustrations.
Pourtant, la dette représente largement une facilité financière qui permet la réalisation de la croissance en tant que projection positive des ménages, des entreprises et de l'état dans
le futur tout autant qu'elle est apparue ces dernières décennies comme un élément pour relancer la machine économique soit en faisant des emprunts ou en baissant les taux pour en accroître le
volume et permettre à l'économie de repartir.
En 1966, 1 $ d'endettement supplémentaire injecté dans l'économie réelle produisait un peu plus de 0,80 $ de production de richesse en plus.
1966: 1 $ de dette en + = 0,80 $ de PIB en +
L'efficacité de la thérapie était au rendez vous, ou plus positivement, si un nouvel emprunt était l'expression de la confiance des acteurs économiques dans un projet quelconque, sa
mise en oeuvre engendrait un fruit plutôt bien corpulent pour l'économie assez rapidement.
Plus on injecte plus la machine fonctionne, plus les agents économiques réalisent des projets et l'économie croît dans un retour sur investissement à percevoir ultérieurement, etc... Si la
machine cale, on baisse les taux, on permet donc à plus d'entités de pouvoir s'endetter facilement et la dette permet de pallier temporairement aux hoquets conjoncturels en leur permettant de
réaliser plus facilement leur projet. Tout ceci n'a que du bon, sauf que comme vous pouvez le constater sur la 3 ème illustration, plus on a injecté de dettes plus celles-ci sont allées se loger
dans des endroits qui n'avaient plus rien à voir avec la production de biens et services réels, ou si c'est le cas, ceux qui étaient créés n'avaient pas d'influences très positives sur
le PIB. 1 $ de dettes en 2007 on engendré moins de 0,20 $ de PIB en plus. L'efficacité s'est dissipée... les fruits économiques sont devenus très menus et les dettes colossales.
2007 : 1 $ de dette en + = 0,18 $ de PIB en +
Se pose donc la question de savoir où part cette dette ? Réponse : de plus en plus dans les actifs
essentiellement financiers avec, en point d'orgue, l'immobilier depuis 2001 suite à des baisses de taux tout à fait historiques pour faire repartir la machine suite à la précédente récession.
D'aucun parle d'une économie de 'bulles' de plus en plus fréquentes et qui éclatent de plus en plus fréquemment et de plus en plus violemment impliquant des populations de plus en plus
larges.
Est-ce que le traitement du Plan Paulson qui consiste à endetter les USA encore plus en rajoutant de la dette à de la dette résout le souci ou ne fait-il que le déplacer de la sphère privée à
la sphère publique en gagnant du temps ? Les baisses de taux peuvent elles être attendues comme potentiellement efficaces pour notre économie ?
On est quelque part au bout de cette très grande dynamique historique économique et financière collective faite d'endettement sans fin devenu presque totalement
inefficace.
Dimanche 7 septembre 2008
C'était attendu. On en a beaucoup parlé. Partout. La nationalisation était prévue mais restait en attente
jusqu'ici ?... Dorénavant c'est fait.
Le gouvernement américain vient de prendre le contrôle ce week-end des 2 mastodontes Fannie Mae et Freddie Mac détenant une grande partie des prêts immobiliers ou
hypothécaires américains pour éviter une crise systémique (effondrement du système financier), maintenir à flot le secteur immobilier, préserver le potentiel des institutions financières à prêter
aux ménages dans une opération qui est vue suivant les autorités comme ayant un coût pour le contribuable mais bien inférieur à celui que représenterait la faillite de ces entités.
Le débat est immense, les prises de position très diverses. Certains saluent le sauvetage bénéfique quand d'autres y voient la fin d'une ère où on ne voyait jusqu'ici que des Etats
socialistes ou 'exotiques' nationaliser des mines, des compagnies importantes. Tout y passe. Tout se mélange un peu.
A l'occasion de cet évènement, des 2 ans d'apprendrelabourse.org fêtés le mois dernier et du millième article paru cette semaine, une nouvelle
rubrique s'ouvre intitulée 'Un évènement, un graphe'.
Ceci afin d'aller plus directement encore sur des sujets qui sont débattus de manière verbale essentiellement, où la plupart des intervenants du monde économique donnent surtout à
penser, prévoient, préconisent, débatent, justifient. Parce que nous voyons des éléments qui ne sont que très rarement restitués, non pas qu'ils soient cachés mais la tendance est vis à vis du
public de vouloir vulgariser, simplifier alors que parfois il suffit de désigner, montrer. Ici aussi on tombe dans ce travers qui peut éloigner en fait parfois un peu du sujet réel.
A vouloir expliquer, on risque l'interprétation. C'est aussi une nouvelle rubrique pour une exigence renouvelée vis à vis de vous. C'est le pari de vous laisser libre vis à vis des
évènements tels qu'ils se présentent. C'est le pari de la connaissance. Un bien grand mot sans doute mais si les discours ont tendance à endormir, les graphiques réveillent et personne n'a besoin
d'un coussin ou d'une mise en condition pour se voir présenter les faits. Parce qu'il est aussi essentiel que vous compreniez ce qui se passe, que vous voyiez sur quoi on peut s'appuyer et
que vous ressentiez les choses vous mêmes avec l'info brute. Que vous ayiez un ressenti sans commentaires.
Rien d'idéal bien sûr, un graphe n'est qu'une représentation parmi d'autres, ici il est présenté avec des chandeliers et volumes,
les cours sont dans la hauteur et les volumes dans la largeur. On peut les présenter suivant différents paramètres et il
ne sont donc pas totalement neutres. Il y en a déjà beaucoup mais en les isolant, je pense qu'ils parlent encore plus.
N'hésitez pas à transmettre si vous le souhaitez un graphe, une illustration qui vous paraît incongrue avec le discours ambiant ou simplement représentative d'un
évènement ou résultant d'une incompréhension de votre part sur un sujet d'actualité etc... On les fera paraître ici.

N'hésitez pas non plus à demander un graphe que vous souhaiteriez voir sur un évènement, une donnée, un thème d'actualité peu traité. Il sera mis en ligne.
A moi de commencer donc : Fannie Mae bien sûr, souvenirs... (cliquer pour agrandir)
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