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Dimanche 7 décembre 2008

Copyright © Apprendrelabourse.org - Nous avons jusqu'ici approché l'inflation d'une manière purement empirique, laissant pour l'heure les diverses théories et dogmes de côté que nous verrons un peu plus tard.
Cela était par ailleurs en adéquation avec la situation observée dans la plupart des pays développés où le mot inflation n'était en fait lié qu'à un seul déterminant, les matières premières. Et même pour une grande part à la hausse des produits alimentaires et de l'énergie, qui est dorénavant derrière nous.

Rappelons brièvement  les principaux outils que nous utilisons habituellement comme le marché pour faire son diagnostic, se réajuster et anticiper :

- suivi des indices de matières premières, CRB et CCI et bien sûr le pétrole. Pour la zone Euro, nous suivons plus particulièrement l'indice "CRB hors énergie en €".
- l'inflation des prix producteurs ou 'à la production' : après le coût des matières premières, ce sont ces prix qui arrivent ensuite dans la chaîne de production et donc un peu plus tard devant les yeux des consommateurs.
- le suivi des différents indices de prix à la consommation, qui ne sont en fait qu'une constatation après coup et en décalé par rapport aux 2 premiers tirets.


Nous avons donc là une architecture simple qui permet d'avoir un petit temps d'avance comme le fait le marché sans attendre les statistiques officielles qui ne parlent que du passé et d'autre part, si les baisses ou les hausses ne se répercutent pas des cotations de la matière première au produit fini, ce procédé permet d'être en quelque sorte "alerté", ceci nous donnant l'occasion d'aller explorer comment se comportent les autres déterminants de l'inflation (que nous verrons un à un)

Pour anticiper un peu plus, dernièrement nous avons commencé à regarder l'évolution des obligations européennes indexées sur l'inflation, ceci pouvant nous renseigner sur leur attrait et la tendance. Il est aussi possible via les obligations à long terme d'évaluer la tendance et l'anticipation du marché. Mais comme vous l'avez constaté, un grand nombre de facteurs interagissent et il convient d'isoler la composante inflation du marché obligataire de manière plus décisive pour ne pas confondre par exemple une hausse de taux résultant d'une défiance vis à vis d'un état comme vu hier avec une hausse de taux motivée par l'inflation. Pour un non initié, ce n'est pas évident et le marché des taux est en soi souvent plus complexe que le marché actions.

> Comment procède-t-on ?

Une des approches possibles et relativement simple consiste à comparer justement le marché des obligations d'état aux obligations d'état indexées sur l'inflation pour une même échéance.

     il s'agit par là en fait de calculer le POINT MORT D'INFLATION

C'est le point d'équilibre en terme d'inflation du marché obligataire que nous cherchons pour un pays considéré ou "Break-even Inflation" en anglais qui s'exprime en terme de taux.

√ Exemple : taux du point mort d'inflation à 10 ans = taux nominal d'une obligation à 10 ans - taux réel d'une obligation indexée sur l'inflation à 10 ans.

L'idée de base développée par Fischer dans les années 30 est que le taux nominal d'une obligation se décompose en taux réel + taux lié à l'inflation anticipée alors que le taux d'une obligation liée à l'inflation se compose d'une part du taux réel + taux de l'inflation actuelle , c'est à dire que dans son équation de base le taux nominal = taux réel + une compensation pour l'inflation (voir les limites plus bas*)

Plus le taux issu du différentiel est élevé plus l'anticipation d'inflation est importante et inversement.

> Quel est le résultat pour la France et l'Europe ?

Le graphe ci-dessus est réalisé par l'AFT et sera notre baromètre commun pour évaluer un peu plus précisément les anticipations du marché obligataire en matière d'inflation. Il est arrêté à fin octobre malheureusement  (je pensais en programmant cet article ce week-end que nous aurions les chiffres à fin novembre comme pour le spreadomètre hier) La mise à jour sera présentée prochainement mais quoi qu'il en soit en cliquant sur le graphe vous aurez accès directement à la page concernée pour vos besoins personnels à l'avenir.


Le constat est simple : L'anticipation d'inflation observée plus tôt dans l'année est inférieure à l'anticipation de baisse de l'inflation rencontrée depuis l'été jusqu'à la date du graphe. La situation française colle parfaitement à la situation européenne. Sur très long terme, tout ceci reste (30 ans) encore à confirmer mais la décélération est déjà importante.


* Quelle validité donner à cet indicateur ?

Ce n'est certainement pas bien sûr la panacée. L'un des apports essentiels est qu'il dégage une tendance correcte même si les variations peuvent être amplifiées, cela étant dans la nature même des marchés. D'un point de vue technique, on n'a pas forcément par ailleurs une obligation qui colle 'pile poil' avec l'échéance de l'obligation indexée sur l'inflation pour réaliser le calcul (ici il y a un petit décalage de 3 mois)
Il faut aussi noter que nous travaillons là à partir d'une équation et que même si elle a fait ses preuves, il n'en reste pas moins que celle-ci reste une hypothèse de base, à savoir, qui 'nie'  en quelque sorte l'existence d'une 'prime d'inflation' (différence entre inflation anticipée et inflation constatée.) En d'autres termes que l'incertitude sur l'inflation est nulle et que l'économie est sans soubresauts sur le sujet. Dans des périodes stables, c'est donc plus intéressant que lors de période où les anticipations des uns et des autres divergent et s'accroissent.
Mais c'est justement dans ce cadre qu'il y a un véritable apport : on peut réaliser des sondages ou déterminer un 'consensus' d'économistes pour un taux d'inflation pour 2009 mais celui n'intègre pas l'ensemble du marché.

Le calcul du point mort d'inflation a le grand mérite de tenir compte des transactions réelles de tous les opérateurs et donc d'approcher au mieux la situation, ce qui n'empêche pas comme nous le faisons de s'informer des prévisions du FMI, de la Fed et de tel ou tel consensus ou sondage compilé par reuters, bloomberg ou autres auprès de 'x' analystes ou économistes. Reuters n'interroge pas tout le monde, c'est impossible. Le point mort d'inflation en est beaucoup plus proche et tient compte des cours, c'est à dire des actes.

par Gilles Caye publié dans : SE FORMER
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Jeudi 27 novembre 2008

(Michel Delobel / ACGest - formations et coaching) -  Si vous vous intéressez un minimum aux marchés financiers, vous avez sans doute déjà entendu ce fameux diction : « acheter la rumeur, vendre la nouvelle ». Il en existe d'autres similaires, comme « acheter au son du violon, vendre au son du canon », et leurs pendants baissiers bien sûr, lorsque la rumeur est mauvaise : « vendre la rumeur , acheter la nouvelle ».

Nous en avons eu quelques beaux exemples ces derniers jours sur les marchés, l'occasion idéale donc pour illustrer et expliquer le bien fondé de ces dictons. Qu'est ce que cela signifie ? Tout simplement que le marché anticipe.

 

Les composantes d’un prix

Dans tout prix d'un actif, on distingue quatre composantes : les fondamentaux avérés (CA, bénéfices, positionnement, conjoncture, etc...), les anticipations, et deux dernières composantes un peu particulières : la psychologie des intervenants et des aspects plus techniques (ventes forcées, influence des produits dérivés, etc...). Je laisserai de côté pour aujourd'hui ces deux dernières composantes, pour ne parler que des deux premières.

Si on se contentait de valoriser un actif sur ses fondamentaux du jour, cela n'aurait pas de réel sens du point de vue de l'investisseur, car ce dernier cherche avant tout à réaliser un bénéfice et donc cherche à anticiper une variation des cours. Si les données fondamentales d'un actif à un instant t sont bien entendu importantes pour tenter d'établir une juste valorisation, on ne peut s'affranchir d'une analyse des perspectives, du potentiel de croissance, de l'évolution à venir de la conjoncture, des taux de change, ou des matières premières par exemple.

Tout prix intègre donc une part plus ou moins importante d'anticipations. C'est ce qui fait bouger les cours, selon que les anticipations des uns et des autres divergent. Si les prix ne bougeaient que sur des données tangibles et avérées, nous n'aurions que des variations au moment des annonces d'entreprises et des statistiques économiques. Or ce n'est pas le cas, car les investisseurs anticipent ce que pourraient être ces annonces ou statistiques, en fonction des éléments dont ils disposent.

 

Les exemples de ces dernières semaines

C'est justement ce que l'on retrouve avec la statistique sur le moral du consommateur américain, sortie il y a deux semaines. Attendue mauvaise avec l'accélération de la crise depuis la rentrée, cette statistique était crainte par les investisseurs, qui ont vendu par anticipation, faisant chuter les indices américains de près de 15% les 5 séances qui ont précédé la nouvelle. Lorsque cette nouvelle tant crainte est tombée, et bien qu'encore pire que ce à quoi l'on pouvait s'attendre, le marché est « comme par hasard » reparti de l'avant, réalisant même ce jour là la plus forte progression de son histoire. Paradoxal, non ? Mais une fois cette nouvelle avérée, et après que la grande majorité des vendeurs se soient délestés de leurs positions, qui restait-il pour vendre ? Au contraire, les marchés se sont mis à nouveau à regarder de l'avant... vers l'élection présidentielle de la semaine suivante.

Durant la semaine qui a précédé l'élection de Barack Obama, les marchés ont ainsi enregistré une hausse importante. Compte tenu des nombreux sondages qui le donnaient largement gagnant dans les jours précédant le scrutin, l'anticipation était relativement aisée, et les marchés ont donc parié sur la victoire d'Obama, signe d'un changement de cap qui permettrait de tourner la page de l'ère Bush et donner un nouvel élan à une amérique plongée dans la crise. Mais lorsque le scrutin des urnes a été confirmé, on a vu les marchés plonger de 10% en deux jours! Toujours le même phénomène...

 

L'anticipation étant réalisée, les investisseurs ont pris acte de cette élection, et sont passés à l'anticipation suivante. Ceux qui avaient acheté au cours de la phase de hausse en ont profité pour prendre leurs bénéfices, et les marchés en sont revenus à la situation de l'économie et aux pronostics sur son impact et sa durée.

Quel était l'évènement principal à anticiper pour les jours suivants ? Les chiffres du chômage, tombés vendredi dernier. Et compte tenu de la crise et de la rapide détérioration du moral des consommateurs et des industriels, là aussi, l'anticipation de mauvaises statistiques était relativement évidente. Les marchés se sont donc repliés jusqu'au jour de l'annonce : les chiffres ont effectivement fait état d'une importante détérioration du marché de l'emploi... mais les marchés américains ont terminé la séance en hausse sensible!

 

On pourrait continuer longtemps la démonstration. On retrouve également bien sûr les mêmes effets sur les annonces des entreprises, pour autant qu'un consensus suffisamment clair se dégage, et bien sûr que les résultats sortis corroborent les anticipations. Ainsi, ne soyez plus surpris lorsque le marché réagit a priori bizarrement à des statistiques ou des résultats. Tout dépend de ce qui avait été anticipé...

 

    → Autres articles :

                * L'accoutumance des marchés       

                * Comportement boursier et consensus

                * Le bon-vouloir des marchés

par Michel Delobel publié dans : SE FORMER
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Mercredi 19 novembre 2008

(Michel Delobel / ACGest - formations et coaching) - La bulle immobilière de ces dernières années, suivie d’une bulle au printemps sur les matières premières, puis le krach qui a suivi est l’occasion de faire un petit retour en arrière sur les précédents évènements similaires.


Et cela ne remonte pas aux débuts des marchés financiers, mais bien avant, puisque la première bulle identifiée et sur laquelle nous avons un certain nombre d’informations est la bulle des tulipes, qui remonte au XVIIe siècle !

Ainsi, en 1636, une fièvre acheteuse s’était emparée des bulbes de tulipes en Hollande, faisant grimper le prix des plus rares à l’équivalent du prix d’une maison, ou encore 40 années de salaires d’un ouvrier. Jusqu’à ce qu’en février 1637, la bulle n’éclate, faisant s’effondrer le prix des tulipes de 90% en quelques semaines, puis à nouveau de 80% (soit 98% sur le prix de départ). La première bulle recensée de l’histoire venait d’éclater, la première d’une longue liste, comme si les hommes n’apprenaient pas de l’histoire.


Et ce ne sont pas les exemples qui manquent ,avec un siècle plus tard la faillite de la South Sea Company, ou deux siècles plus tard, en plein boom des chemins de fer, avec le doublement des actions du secteur en Angleterre en 1836/1837, puis à nouveau en 1844/1845, avant que la bulle n’éclate.

Ce qu’il est intéressant d’analyser, ce sont les points communs entre ces bulles. Le plus souvent, elles sont nées de révolutions économiques ou industrielles. Toutes les grandes innovation n’ont pas conduit à des bulles comparables, mais comment ne pas mentionner le krach de 1929, né de l’avènement de l’automobile et de l’incroyable surproduction qui a suivi, et bien sûr la fameuse bulle internet, qui a porté le Nasdaq notamment sur des plus hauts historiques qu’il ne semble pas prêt de revoir avant de très longues années. Un phénomène que l’on retrouve également avec la bulle pétrolière et des matières premières de ces derniers mois. Cette dernière a reposé sur le fort développement des marchés émergents et une réorganisation de l’économie mondiale, qui ont mis en lumière la raréfaction à venir des ressources de notre planète.

Mais si l’on ne peut nier l’importance des bouleversements associés à ces révolutions économiques, ces phénomènes restent des phénomènes de long terme, et qui ne peuvent justifier les exagérations court terme des marchés. Tôt ou tard, ces bulles finissent donc par éclater.

Toutes ces bulles ont été caractérisées par l’afflux d’une masse d’investisseurs moutonniers, souvent inexpérimentés et attirés par l’appât d’un gain facile. On se souviendra des publicités en 1999 et 2000 qui mettaient la bourse et la richesse à portée de tous, ou encore plus récemment ces nombreuses émissions montrant comment retaper une vieille maison pour faire la culbute quelques mois plus tard lors de la revente.

Elles se traduisent également, lors de leur dégonflement, par une une mise au pilori des dirigeants et accusation des instances réglementaires, et une multiplication des scandales, fraudes et faillites. On citera en pagaille Drexel Burnham Lambert en 87, le fond LTCM en 98, ou encore les scandales WorldCom et Enron en 2002/2003. Et puis bien sûr les faillites et difficultés en cascade des établissements financiers en cette année 2008, avec BearStearns, Lehman Brothers, AIG et j’en passe. Le marché a besoin de boucs émissaires pour expier ses péchés, et mieux repartir de l’avant, dans la bulle suivante.


Mais chaque bulle conserve ses propres spécificités, qui font justement qu’elles peuvent se développer et gonfler, échappant ainsi à la vigilance de tous ceux qui se sont déjà fait prendre et ont juré que cela ne leur arriverait plus.

Ainsi, pour celle que nous venons de vivre sur l’immobilier américain, s’il n’y a pas grand chose à dire sur la bulle elle même et son éclatement, c’est plus sur ses conséquences sur les marchés financiers qu’il convient de s’attarder. En effet, ce qui a pu surprendre, c’est que jamais un tel repli des bourses n’était parti de niveaux de valorisation aussi peu excessifs, puisque la hausse des marchés entre 2003 et 2007 n’était d’une part qu’un rattrapage de la chute de 2001/2002, et d'autre part l’accompagnement de la croissance des bénéfices et l’assainissement de la situation des entreprises. Les prix excessifs étaient sur l'immobilier, mais ne s'étaient dans leur ensemble que peu propagés aux marchés financiers.

Une autre spécificité de la crise actuelle, et non des moindres, est que nous avons eu en fait plusieurs bulles concomitantes. Tout est partie d’une bulle du crédit, provoquant une bulle immobilière, alimentant à son tour la bulle du crédit, compte tenu du fonctionnement même de l’endettement outre-atlantique. A cela est venu s’ajouter une bulle sur les matières premières, due au fort développement des pays émergents et de l’Inde et la Chine en particulier, et renforcée sur le premier semestre 2008 par un fort mouvement de spéculation de la part d’investisseurs cherchant à compenser le recul des marchés actions. Et c'est l’éclatement de cette troisième bulle qui aura l'effet le plus dévastateur, sur des marchés déjà très fragilisés. Quant à savoir quand cette crise trouvera un épilogue… Même si ce n’est pas le sujet du jour, dans un marché qui a perdu ses repères et toute confiance, et dans lesquels les prix n’ont plus de sens, le marché se montrant incapable de valoriser les sociétés, sans doute faudra t’il donc déjà que le marché règle le problème de la titrisation et de la valorisation des actifs avant de pouvoir regarder de l’avant…

Quelle sera ensuite la prochaine bulle, et quel sera le facteur déclenchant de son éclatement ? C’est tout un programme, mais si bulle il y a, c’est sans nul doute que personne ou presque ne l’aura vu venir… ;-)

par Michel Delobel publié dans : SE FORMER
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Jeudi 23 octobre 2008

(Michel Delobel / ACGest - formations et coaching) - Pourquoi l'analyse technique est-elle particulièrement utile dans les périodes de krach comme celle que nous connaissons actuellement ? 



    → Il existe principalement deux méthodes d'analyse des marchés financiers :

. l'analyse fondamentale, basée sur des données tangibles (statistiques économiques, résultats des entreprises) et sur les anticipations de ce que sera la situation quelques mois ou années plus en avant,


    . et l'analyse technique, basée sur l'évolution passée des cours et sur la 
 psychologie des intervenants

 
En ces périodes de krach, où les mouvements sur les marchés sont plus le reflet de la peur, de la panique même et de considérations avant tout émotionnelles, on s'aperçoit vite que les fondamentaux passent au second plan. Si on justifie les baisses par une dégradation des fondamentaux, abstraction est faite d'une part des valorisations des sociétés, et l'ampleur des replis est souvent sans commune mesure avec la variation de ces mêmes fondamentaux. Comment expliquer en effet des variations de 15 à 20% sur une seule séance, de 30 à 50% en quelques jours, et sans qu'aucune nouvelle propre aux titres concernés n'ait été annoncée ?

Les fondamentaux n'étant plus réellement pertinents dans de telles conditions pour appréhender les mouvements de court terme, il nous reste l'analyse technique, dont la composante psychologique apparaît alors tout à fait appropriée. Il ne faudra bien sûr pas s'attacher aux seuls supports « habituels » ni essayer de chercher absolument LE point bas (exercice particulièrement délicat et dangereux en période de forte chute), car ils pourront être enfoncés les uns après les autres. De même, attention aux indicateurs, qui peuvent rester en terrain de survente ou de divergence bien plus longtemps qu'en conditions « normales » et bien plus longtemps que vous ne pourrez le supporter, financièrement et psychologiquement... On privilégiera ainsi plus une approche basée sur la recherche de supports majeurs LT et de figures remarquables en chandeliers japonais, tout en étudiant les gaps et en recherchant les pics de volumes.

 

Autant d'éléments qui pourront nous aider à détecter des signaux de retournement, et identifier des niveaux clés et points bas au moins intermédiaires. Lors des phases de rebond, ces mêmes notions seront très utiles pour anticiper les niveaux de résistance et appréhender la vigueur du rebond.

 

Voyons cela maintenant sur l'analyse de notre CAC40 national sur les dernières semaines. A court terme, nous avons assisté à l'enfoncement successif des différents supports, sans le moindre rebond. (cf graphe CT plus loin dans l’article). De même, un premier gap a été ouvert sous les 3950, puis un second sous les 3200. Comment essayer de savoir où en est le marché, et quand un point bas est susceptible d'être atteint, au moins pour permettre un rebond technique dans un premier temps ?

 

Avant de répondre à cette question, resituons les choses d'un point de vue LT. Si le CAC manque un peu de recul par rapport à d'autres indices, du fait de la date de sa création en 1987, je ne suis pas sûr non plus qu'un retour plus de 20 ans en arrière soit bien significatif : combien d'investisseurs gardent leurs titres plus de 20 ans et conservent une telle « mémoire du passé » ? Tant de choses ont évolué depuis 20 ans, entre le changement des monnaies, l'inflation, les évolutions économiques, etc... Ce sont donc plus des niveaux psychologiques qui vont intervenir dans de telles conditions plutôt qu'une réelle comparaison avec des niveaux de cours passés.

 

 

 

Que voit-on de façon évidente sur ce graphique (cliquer pour l'agrandir), si nous cherchons des supports potentiels susceptibles d'enrayer le repli ? Le point bas du marché en 2003 bien sûr, mais si on considère que la tendance est orientée à la hausse depuis les années 90 (ne serait-ce que par le biais de l'inflation), on voit tout de suite que le support LT tracé en bleu passe justement autour des 3030/3050 en ce mois d'Octobre 2008. C'est précisément sur ce support que le CAC a stoppé son repli ces derniers jours. On notera également au passage deux autres supports potentiels : le tracé rose, variante du tracé du support bleu, et dont la parallèle supérieure a le mérite de passer par le point haut de juillet 2007 et la médiane avait arrêté le repli mi-juillet. On notera également l'hypothèse du canal rouge, qui pourrait voir l'objectif graphique du repli actuel bien plus bas encore dans les prochains mois.

 

Concernant l'approche en chandeliers japonais ou l'analyse des volumes, il est préférable de revenir à un graphique plus CT, en bougie journalières.

 

 

Je ne rentrerai pas dans le détail de tous les tracés de ce graphique, le but n'étant pas de faire une analyse technique détaillée du CAC. On notera quand même les supports orange et marron, base de deux canaux baissiers MT qui guident le CAC depuis un peu plus d'un an et qui ont été enfoncés sans grande difficulté au cours de la chute de début Octobre. On retrouve aussi en bas le support LT tracé sur le graphique précédent et qui a donc soutenu le CAC le 10 octobre dernier.

 

Pourquoi est-ce donc le support bleu qui aura permis d'arrêter la chute, plutôt que les supports orange ou marron ? A priori, en dehors du caractère LT du tracé bleu, par rapport au caractère MT des deux autres tracés, rien ne pouvait le laisser prévoir. C'est là que l'on fait intervenir l'analyse en chandeliers japonais, l'étude des volumes, et même une analyse intraday du comportement du marché.

 

Commençons par le plus simple : les volumes. Jusqu'à ce 10 octobre, les volumes n'ont jamais enregistré de pic notable (on exclue les volumes exceptionnels du 19/09 dus à l'interdiction des ventes à découvert sur les financières), et donc n'ont pas délivré de signal de potentiel point bas. La journée du 8 aurait pu être un candidat acceptable, même si les volumes n'étaient pas nettement au dessus du lot, mais le positionnement de la bougie encore a distance respectable du support marron n'était pas idéal.

 

Concernant les chandeliers japonais, après une succession de bougies rouges, la séance du 10 octobre nous offre un magnifique doji (clôture=ouverture), aux mèches particulièrement importantes, positionné juste au dessus du support bleu LT, et séparé de la bougie précédente par un important gap baissier. Un gap qui avait tout d'un gap d'épuisement après déjà un autre gap baissier quelques jours auparavant, laissant donc entrevoir même une possible île de renversement. Au soir du 10 octobre, nous avions donc là un candidat presque idéal pour un point bas majeur, même si un doji ne donne pas un signal de rebond à lui tout seul. Il restait donc à confirmer lors de la séance suivante, ce qui a été fait avec brio, puisque le marché nous a non seulement offert un gap haussier formant du coup une île de retournement (un bébé abandonné plus exactement), mais également une étoile du matin formée par les trois bougies entourées sur le graphique ci-dessus.

 

Je terminerai par un petit mot sur le suivi intraday du marché ce 10 octobre, qui a vu le marché nous délivrer un autre argument en faveur d'un point bas potentiel : en effet, ce jour là, le CAC aura été soutenu par les 3100 pendant les 2/3 de la séance, avant de plonger au moment de l'ouverture des places américaines. En tant normal, un tel plongeon après une longue phase de consolidation aurait du générer un repli marqué et surtout durable. Or il n'en a rien été : le plongeon, bien que brutal, ne sera que de 50 pts, avant que le marché ne se reprenne de plus de 5% en l'espace d'une petite demi-heure! De tels comportements (fausse cassure suivie d'un violent rebond) sont typiques des signaux de fin de tendance, et sont donc venus renforcer encore les arguments en faveur d'un point bas ce 10 octobre.

 

Voilà de quoi confirmer la validité du support bleu LT, qui a donc été en mesure d'enrayer le krach. Reste maintenant à voir combien de temps tiendra ce point bas et ce support LT bleu ? Quelques jours, quelques mois ou quelques années ? C'est un autre débat. Je vous invite pour cela notamment à surveiller le comportement du marché par rapport aux tracés du graphique LT présenté ci-dessus.

par Michel Delobel publié dans : SE FORMER
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Vendredi 12 septembre 2008

(Michel Delobel / ACGest - formations et coaching) - Voici la suite de la 1ère partie "Les volumes : un indicateur à double tranchant (Introduction)". Prenons l'exemple du CAC 40 ces dernières semaines : 

Point 1

: Fort volumes correspondants à une séance en fort repli, et l'arrivée sur un double niveau de support. On assiste donc à la fois à un mouvement de peur marqué par un afflux vendeur, mais l'arrivée sur des supports suscite quelques intérêts acheteurs. C'est ici la confirmation d'un point clé pour le marché. Après quelques séances d'hésitation, le repli reprendra le dessus.

 

Ici, les volumes nous ont permis de confirmer la présence d'un support, entraînant une redistribution des cartes et une hésitation du marché. Un rebond aurait pu se dessiner, cela n'a pas été le cas.



 

Point 2

: Nouveau pic de volumes, cette fois suite à une ouverture en gap baissier, mais directement sur un double support : les acheteurs ont été attirés par le gap baissier et la présence des supports, tandis que les vendeurs ont sans doute pris peur avec l'ouverture du gap.

 

Ici aussi, les volumes permettent de matérialiser le double support, et marquent un nouveau niveau clé. Mais encore une fois, ils ne garantissent pas le retournement.

 

Point 3

: Ici, nous avons également un retour sur supports, avec gap baissier à la clef. Mais les volumes ne marquent pas de pic particulier, comme d'ailleurs sur la forte bougie rouge précédente. Comment essayer de l'expliquer ? Ce manque de volumes est le signe que le flux vendeur se tarit. Dans un premier temps toutefois, les acheteurs n'osent se montrer, suite à la cassure du précédent support et une tendance particulièrement négative. Mais sans être réellement plus nombreux, ils finissent par prendre le dessus sur les vendeurs qui s'épuisent. On va ainsi assister à une île de retournement haussier, réalisée sans réellement de volumes : les investisseurs semblent dubitatifs et ne plus savoir à quel saint se vouer (sauf peut-être saint Thomas, qui ne croie que ce qu'il voit :-) ). Ils attendront donc confirmation avant de se positionner. Ce qui nous amène au point suivant. On voit en tout cas ici qu'un rebond peut s'enclencher sans la présence immédiate de volumes. Ce n'est pas le cas le plus courant, mais cela n'enlève rien à la puissance du rebond qui suit.

 

Point 4

: Lors de l'apparition du gap haussier, et donc la formation d'une île de retournement, les investisseurs reprennent confiance, et les acheteurs se précipitent. Nous assistons sur 3 jours à des pics de volumes, marquant d'importants changements de main. Il s'agit donc d'un nouveau niveau clé pour le marché, puisqu'il marque un niveau de RV entre acheteurs et vendeurs. On notera quand même une hausse des cours, marquant une pression des acheteurs. Mais lorsque tous les acheteurs potentiels ont fait leurs emplètes... qui va faire monter le marché ? Après ce pic de volumes, le marché marque donc une nouvelle hésitation logique, le temps que chacun reprenne son souffle.

 

Point 5

: Après cette forte augmentation des volumes sur 3 séances, la pause dure naturellement un peu plus longtemps que les précédentes (typiquement 3 à 4 fois la phase avec volumes). On notera une décroissance typique des volumes durant ce type de consolidation. Mais le marché tient le coup.

 

Point 6

: Un retour des volumes marque ici la fin de la consolidation : si des vendeurs profitent du rebond pour se séparer de leurs titres, les acheteurs sont plus forts, et donnent le signal d'un nouveau départ, qui va attirer de nouveaux investisseurs. Mais on notera que les volumes décroissent à nouveau de jour en jour. Cela n'entame pas le rebond, mais c'est le signe d'une certaine faiblesse : il y a de moins en moins d'acheteurs, ce qui rend le marché plus vulnérable à la moindre alerte.

Lors de l'arrivée à proximité de résistances, on notera une absence de pic de volumes. C'est le résultat de la différence de comportement des investisseurs entre la hausse et la baisse. Il arrive toutefois qu'un pic de marché contre une résistance soit accompagné de volumes (cf. pt 8)

 

Point 7

: Phénomène similaire ici à la phase précédente de hausse : la baisse se met en place, mais les volumes décroissent. Tant que les volumes restent faibles, la tendance se poursuit, malgré quelques tentatives de rebond. Il faudra un retour des volumes pour lancer le rebond.

 

Point 8

: Ici, le rebond sera accompagné plutôt d'une hausse des volumes. Une tendance haussière semble donc s'installer et ne montre pas de réel signe de faiblesse comme dans le cas précédent, jusqu'à l'arrivée sur le dernier point haut, où l'on assiste cette fois à un petit pic de volumes. Ce niveau suscite l'intérêt des investisseurs, certains préférant céder leur titres, tandis que d'autres anticipent une poursuite de la hausse. Ce niveau est confirmé comme niveau clé.

Je ne commenterai pas les journées qui suivront, car nous avons depuis quelques jours une configuration très spéciale des marchés et particulièrement peu lisible et prévisible, ce qui ne ferai que compliquer inutilement mon exposé.

 

 

Nous avons donc au cours de ces quelques exemples confirmé la première conclusion : la plupart des pics de volumes sont suivis d'hésitations du marché, plus ou moins longues. Ils ne sont donc pas forcément le signe de retournements de tendance comme on peut le lire trop souvent.

 

On voit aussi que des volumes faibles n'empêchent pas une tendance de se poursuivre. Lorsque les volumes sont en repli, c'est le signe d'un affaiblissement de la tendance, et un retournement se fait plus probable. Mais on voit également qu'une augmentation des volumes, si elle marque un renforcement du mouvement, peut aussi conduire à un épuisement des investisseurs. Le pic de volumes risque alors cette fois de marquer un point de retournement.

 

Je concluerai sur une dernière remarque, avec l'exemple d'un franchissement de résistance, avec et sans volumes. C'est ce que nous voyons sur le graphique d'Air France ci-dessous.

 

 

Le franchissement de la première résistance horizontale se fait avec volumes, tandis que le second se fait sans pic particulier de volumes. Pourtant, les conséquences sont les mêmes, à savoir de beaux mouvements haussiers. Les volumes n'auraient-ils aucune importance dans le franchissement de seuils ?

 

On peut en fait expliquer ces deux cas de la façon suivante:

 

Lors d'un franchissement avec volumes, il se produit un changement majeur dans la vie du titre, suscitant l'intérêt de nombreux investisseurs. De nouveaux acheteurs se positionnent pour accompagner le titre, tandis que les titulaires de titres plus anciens sont attirés par des cours sur leurs plus hauts et en profitent pour prendre leurs bénéfices. Enfin, des vendeurs à découvert anticipent peut-être également un repli des cours, du fait de la présence d'une résistance. Une fois le franchissement avéré, ceux qui avaient anticipé un repli sont pris à revers, et vont alimenter la hausse, tandis que les investisseurs plus hésitants finissent par être convaincu et prennent eux aussi le train en marche, permettant d'alimenter la hausse.

 

Lors d'un franchissement sans volumes, la principale différence tient au fait que les niveaux de résistance atteints ne suscitent pas l'enthousiasme. Soit les investisseurs restent dubitatifs, et attendent une confirmation, soit le sentiment est globalement haussier (volumes faibles et stables : poursuite de la tendance), et le franchissement était attendu, et donc peu défendu par les vendeurs. Le résultat est le même : la hausse se poursuit et prend de l'ampleur avec la confirmation du franchissement.

 

Dans le cas d'un franchissement avec volumes, le risque est que tous les acheteurs se soient épuisés pour passer la résistance, et le mouvement pourra avoir du mal à prendre de l'ampleur. Dans le cas d'un franchissement sans volumes, on peut craindre un faux signal, mais le fait que les investisseurs ne se soient pas précipité offre aussi un réservoir d'acheteurs potentiels qui permettra de soutenir la tendance.

 

En conclusion, si les volumes sont un élément intéressant à prendre en compte dans l'analyse d'un marché ou d'une valeur, ils sont plus compliqué qu'il n'y paraît : méfiez-vous des évidences, sachez prendre un peu de recul, et considérer les volumes comme un élément dans un contexte global

par Michel Delobel publié dans : SE FORMER
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Jeudi 11 septembre 2008

(Michel Delobel / ACGest - formations et coaching) - En analyse technique, on distingue l'analyse chartiste ou graphique, qui est l'analyse des courbes et graphiques à proprement parler, c'est à dire les supports, les résistances ou les chandeliers japonais. Et puis il y a tous les indicateurs, bien plus délicats à analyser, parmi lesquels un indicateur un peu particulier, je veux parler des volumes.

 

Les volumes ne devraient d'ailleurs pas être considérés comme un indicateur à part entière, ou en tout cas ne pas être placés sur le même plan, puisqu'il s'agit de simples données brutes, non retravaillées par une quelconque formule mathématique, aussi simple soit-elle.

 

Quoiqu'il en soit, nous allons essayer aujourd'hui de voir en quoi les volumes sont délicats à utiliser, contrairement à certaines idées reçues. Qui n'a pas vu qu'une séance sans volumes avait bien moins de poids ou de conséquences qu'une séance avec de gros volumes ? Et pourtant, les choses ne sont pas aussi simples.

 

Commençons par l'origine des volumes. Qui dit volume dit échange de titres, c'est à dire transmission de titres d'un vendeur à un acheteur. Si nous avons un volume de 1000, cela signifie que 1000 titres ont été achetés, mais également que 1000 titres ont été vendus.

Et c'est bien là la première difficulté : dans tout échange, il y a un investisseur qui anticipe une baisse du sous-jacent (le vendeur), et l'autre une hausse (l'acheteur). L'un aura raison, l'autre tort... et nous retrouverons toujours cet équilibre, que les volumes soient faibles ou importants.

 

Vu comme cela, une journée avec forts volumes est simplement le signe que plus d'investisseurs ont changé leurs anticipations, mais il y a en autant qui les ont revues à la hausse qu'à la baisse...

 

Pris seuls, les volumes sont donc difficilement utilisables. Qu'en est-il si on les rapproche des écarts de cours sur la journée correspondante ? Eh bien ce n'est pas si simple non plus.

 

Si nous prenons l'exemple d'une hausse du marché, signe que les acheteurs ont du proposer un prix plus élevé pour trouver une contrepartie, essayons d'analyser la différence psychologique entre une hausse sans et avec volumes.

 

D'un côté (faibles volumes), les investisseurs sont resté attentistes : c'est le signe que les vendeurs anticipent une poursuite de la hausse, tandis que les acheteurs se font plus prudents ou dubitatifs, considérant peut-être que le marché commence à devenir cher. Tant que la hausse se poursuit, c'est a priori le signe que rien ne change réellement. Quelques acheteurs finalement se décident à entrer sur le marché, peut-être rassurés, tandis que les vendeurs ne se précipitent pas plus que cela, attendant toujours une poursuite du mouvement. Ce n'est qu'au moment où l'on notera une inflexion du marché qu'il faudra être attentif. Mais là encore, s'il y a des volumes, cela signifiera que les vendeurs se font plus nombreux, mais aussi que les acheteurs montrent le bout de leur nez.

Il faudra alors regarder la variation correspondante : si ces volumes sont accompagnés d'un repli relativement important, cela signifiera que les vendeurs mettent la pression sur le marché, et que tous ceux qui attendaient sagement durant la hausse sortent du bois. Et les acheteurs qui sont en face, un peu rassurés par des prix moins élevés, ont du mal à contenir la vague des acheteurs.

Si au contraire les volumes sont accompagnés d'un maintien du marché, c'est le signe que les acheteurs sont assez puissants pour absorber les vendeurs qui attendaient tranquillement, et se décident à prendre leurs bénéfices. C'est plutôt un signe de force, mais qui ne prendra sens que si la hausse redémarre. On voit alors rapidement que l'impact des volumes ne dépend pas seulement du sens de variation du marché, mais de ce qu'il a fait au préalable. Nous y reviendrons.

 

Voyons maintenant le cas d'une hausse avec volumes : de nombreux vendeurs se sont débarrassés de leurs titres, ayant peut-être déjà bien gagné ou ayant pris peur avec la baisse précédente, tandis que les acheteurs reprennent confiance et parviennent à l'emporter sur les vendeurs. Une nouvelle tendance pourrait être en train de naître, mais encore faut-il qu'il reste des acheteurs sur le marché pour permettre la poursuite de la hausse... Il n'est donc pas évident que cette hausse ait plus de poids que la hausse sans volumes.

 

Si on raisonne sur une tendance baissière, les comportements sont un peu différents, car les investisseurs haussiers sont souvent plus attentistes que les baissiers, ce qui fait que des séances de repli avec de forts volumes sont souvent fortement baissières. Il est en effet bien plus facile d'attendre pour acheter que pour vendre, lorsque l'on a des titres en portefeuille et que l'on voit son capital fondre. Mais que conclure d'une baisse sans volumes ?

 

On pourrait continuer comme cela longtemps. On voit en tout cas qu'analyser les volumes en fonction de la variation correspondante du marché permet d'affiner un peu l'analyse, mais cela ne suffit pas. Il faut donc les considérer en fonction des variations passées du marché, mais également en tenant compte de la présence de supports et résistances.

 

Avant cela, on tirera toutefois ici une première conclusion : si une augmentation des volumes correspond à un intérêt croissant des investisseurs pour les niveaux traités, il peut s'agir aussi bien d'un changement tendance que d'un nouveau souffle dans la tendance en cours. Par contre, lorsque les volumes sont faibles, il semble plus naturel de privilégier la poursuite de la tendance.

 

Mais plutôt que de continuer sur la simple théorie (je sens que vous commencez à décrocher :-) ), voyons donc cela au travers d'un petit exemple : le CAC40 ces dernières semaines. L'exemple n'est pas parfait, car les volumes sont naturellement plus réduits au mois d'août, mais cela nous permettra quand même d'illustrer mes propos, et d'en tirer quelques autres conclusions.

 

C'est ce que nous verrons dans la partie 2 dès demain matin avec un exemple sur le CAC 40 dans "Les volumes : un indicateur à double tranchant (cas pratique)"

par Michel Delobel publié dans : SE FORMER
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Dimanche 24 août 2008

Voici la suite de la première partie présentée hier Comment réaliser soi-même des analyses graphiques ? (Niveau : grand débutant) dans laquelle nous sommes partis d'un graphe 'nu' pour mettre en relief essentiellement les tendances des prix et des volumes, suivant les horizons de temps principaux, très simplement à l'aide de moyennes mobiles et de tracés de droites et supports remarquables. Nous allons à partir de là, faire un balayage global, affiner, préciser, et enfin, confirmer.


8 / Balayage général

Il s'agit dorénavant de partir à la recherche de toute élément particulier qui mettrait en relief une direction, un mouvement en germe, une opposition, un croisement de moyennes mobiles, bref toute identité remarquable susceptible de nous donner une information complémentaire.

par exemple :
Apprendre et comprendre la bourse en temps réel : triple top et death cross


Ici nous avons notamment :

- une droite de résistance orange. Elle renforce l'importance de ce niveau autour de la moyenne mobile en bleu à 200 jours. On l'a vu en pointillés, on la garde à l'esprit mais inutile de surcharger le graphe. Pas d'apport décisif ici. Une autre est visible en cliquant sur le graphe
- une répétition du biseau ascendant en bleu et en pointillés de mars à juin qu'on peut retrouver pour la suite en 'anticipant' très largement. On garde à l'esprit mais le support ne passe que par 2 points. Par encore valide... A suivre.
- etc...

9/ affiner

Principalement, le but est ici de se centrer sur son horizon personnel pour se donner un complément en terme de supports ou de résistances.


Pour le court terme et la semaine à venir, on peut idéalement doubler nos droites bleues et ce en adéquation avec ces tendances court et moyen terme devenues incertaines.


10 / Confirmer / infirmer / valider

Il s'agit de coupler ici :

- un indicateur de tendance : la MACD
- avec un oscillateur : le RSI

qui sont complémentaires et disposent d'un degré de fiabilité de bonne qualité pour aborder les probabilités en terme de direction par rapport à d'autres indicateurs (sans être infaillibles pour autant)

On cherche à savoir quelle est la qualité et la puissance de la tendance et s'il y a au sein de celle-ci  des zones de 'tensions'.

 

 
Rien à signaler, la tendance sous-jacente est confirmée par le RSI en haut qui montre une cassure de droite de support et un pull back comme pour les cours ainsi que la MACD avec le croisement de sa ligne de signal en rouge. Par contre, ces derniers mois une divergence haussière en mars était apparue montrant la faiblesse de la tendance baissière et inversement en juin alors que les plus hauts des cours étaient confirmés dans leur tendance d'ensemble (grands cercles rouges) apparaissait une divergence baissière qui alertait sur la qualité de la tendance haussière.

Notre graphe final :


Indicateur de tendance à zéro et tensions nulles en plein coeur de la zone de neutralité. Inutile dans ce cas de conserver sous les yeux le RSI et la MACD qui confirment le mouvement décrit par les cours.


→ Seront rajoutés après parution ici les liens vers le détail des  3 à 4 utilisations principales concrètes que l'on peut faire de ces 2 indicateurs pour prendre position.
Puis les niveaux avancés 1 et 2 prochainement  et enfin 'Comment décider à partir d'une analyse graphique'.
Le 'niveau' suivant a déjà en partie été abordé au début du blog et peut être retrouvé dans le cadre de la série 'Focus intraday et trading' (partie 1 à 4) concernant la recherche de supports et résistances pour les horizons antérieurs (en élargissant la période du graphe) et également avec l'évocation des différentes possibilités de compression des cours vues au tout début (ici nous étions en daily, soit avec des chandeliers représentant  une séance de bourse...on peut étudier avec des cours hebdomadaires, mensuels etc...)

par Gilles Caye publié dans : SE FORMER
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Samedi 23 août 2008

Copyright © Apprendrelabourse.org - Cet article a pour objet de baliser le parcours permettant d'éviter de faire des 'impasses' lors de la réalisation d'une analyse graphique de manière autonome. Orientée pour les débutants et grands débutants, sans être exhaustive ni présenter un canevas tout fait et strict, elle constitue une base dynamique que vous enrichirez au fur et à mesure de votre propre progression.

L'architecture telle que je l'ai conçue permettra également à ceux qui sont un peu plus avancés dans le domaine de trouver une base pour revoir leur affaire en cas de difficulté et de structurer les choses autour de cette proposition, sorte de 'colonne vertébrale'. En effet, l'investissement en bourse est un chemin pavé d'embûches et gravir les étages nécessite non seulement de reconnaître ses erreurs mais surtout de savoir où elles se situent pour pouvoir y remédier efficacement. La graduation et l'ordre des éléments qui suivent vous permettront ainsi, pour ceux qui le souhaitent, de réaliser des debriefing lors de vos 'loupés' répétitifs pour y pallier.

Il s'agit ainsi donc d'une forme de 'check-list' dans ce cadre pour refonder sa méthode personnelle le cas échéant.


1/ conditions psychologiques de départ :

- bannir tout enjeu concernant le sens des cours. Nous ne nous lançons pas dans un jeu de devinettes pour savoir qui aura raison ou tort sur le sens des cours semaine prochaine. L'avenir n'est de toute façon pas inscrit dans ce qui suit. Si des enjeux vis à vis de vous même, d'amis, de pronostics sur des forums ou autres ne vous laissent pas l'esprit libre, la présence de ce biais est une perturbation potentielle pour le reste de l'exercice. Si vous partez en voulant vous refaire, 'tout casser' semaine prochaine ou êtes complètement déprimé, il y a un travail à faire dès cet instant pour remédier à cet état.
→ Evitez d'être impliqué pour l'heure mentalement avec cette courbe qui va venir sous vos yeux.

- vous êtes dubitatifs sur les résultats de l'analyse graphique et technique ? C'est peut être l'occasion de remettre les choses à plat simplement, sans a priori. Comme dans mes livres, je vous décris les principales techniques ainsi que ses limites. A vous de piocher ce qui vous correspond et vous sert le mieux. Nous parlons ici d'un outil dont il s'agit de connaître le maniement. Rien de plus.

Bien utilisé, vous pourrez obtenir un support pour vos décisions. Si ce support est bien réalisé, vos décisions en seront facilitées. Si vous entendez par résultats, l'annonce de prédictions, ce n'est pas ici que cela se passe. A nouveau, un graphe analysé n'a jamais donné les gagnants du tiercé.
A partir d'une même analyse graphique, une multitude de stratégie s'ouvriront à nous. C'est à chacun de s'y inscrire en fonction du rapport probabilité / risque de chaque alternative, scénario ou stratégie qui sera mise en oeuvre par chacun. Ceci sera traité dans 'Comment décider à partir d'une analyse graphique ?'

→ Nous sommes donc face à 2 tâches : réaliser l'analyse graphique et ensuite, et seulement ensuite, décider. Nous ne nous occupons que de la première partie pour l'heure.
Cliquer pour agrandir le premier graphe.


De quel cours s'agit-il ? Nul ne le sait et pour démarrer, c'est aussi bien comme cela. Nous voilà libre et sans préjugés. Nous pouvons démarrer.

2 / Visualisation de la courbe et comportement  ?

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