Les grands noms de la finance - Partie 1 : les grandes banques d'affaires américaines

Publié le par Gilles Caye

fotolia-se-former-90860-copie-1.jpgNous démarrons ici une nouvelle série d'articles qui va vous permettre d'appréhender un peu plus nettement qui sont les plus grands intervenants de la 'planète finance' de façon à comprendre où et chez qui se situent les plus grosses sommes ? Qui donne la tendance ? Comment évoluent-ils, quelles sont les perspectives les concernant ? Nous verrons ainsi ici les principaux acteurs du monde de l'investissement, les détenteurs des plus grosses forces de frappe financière et de trading.
Ceux prêts à découvrir les techniques d'untel célébrissime seront déçus - désolé pas de spectacle journalistique - il n'est pas question ici de personnes ou d'investisseurs particulièrement avisés mais d'entités majeures qui façonnent jour après jour quelques unes des grandes lignes du monde boursier, dans le calme et le silence mais avec des effets tout à fait considérables. Par ailleurs, il n'y a aucune raison de vous sentir complexé face à ces intervenants ou d'éluder un sujet qui 'vous dépasse complètement' car vous  verrez en bout de course que parmi les plus gros intervenants figurent tout simplement des millions de 'monsieur et madame tout le monde' qui confient leurs avoirs pour gestion dans une compilation de sommes qui au final deviennent énormes. Serons donc traités entre autres les principaux gestionnaires de fonds, les fonds d'état gérant les réserves de change...et commençons de suite avec la haute finance US qui intègre certes les banques classiques telles que Citigroup, Bank of America mais dont la fine fleur est avant tout constituée de banques d'affaires ou courtiers.



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Leurs activités ? conseil en fusions-acquisitions, émissions de titres (introductions, obligations), bureau d'analyses (recommendations d'achat ou de vente sur vos titres en portefeuille) mais surtout depuis quelques années la part du trading et des financements complexes a pris un essor fulgurant. Vous avez dans le 1er tableau le nom de ces entités et leur résultat par action depuis 10 ans qui montre un ralentissement des profits lors de la dernière chute des bourses entre 2000 et 2003 puis une hausse grâce notamment aux commissions perçues sur les produits structurés (en clair : elles achètent des risques, des crédits dont les fameux subprime, elles  créent une entité pour les héberger et revendent les actions de ces entités sur les marchés financiers sans donc en subir le risque de défauts. Titrisation donc etc...)

La dernière ligne du tableau présente le pourcentage de progression des profits de 2003 à 2007 avec une banque qui se détache : Goldman Sachs. Voyons donc par exemple comment se répartissent les revenus des activités de cette banque :

En bleu : l'activité de banque d'investissement, en rose : le trading et les transactions évoquées ci-dessus, en gris la gestion pour compte de tiers (placements, fonds, sicav) et en vert le produit net d'intérêt qui est la différence entre les intérêts perçus et dûs à sa clientèle pour les crédits et dépôts intégrés à son bilan. On voit ici clairement que le développement s'est fait non pas en accumulant en son sein les fonds ou les risques mais en vendant à l'extérieur et en empochant des commissions.

Des profits en hausse donnent en principe des cours en hausse...effectivement plus cette activité générait des profits plus le cours de bourse s'est détaché du Dow Jones (graphe ci-dessous):
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Au fur et à mesure que la cession  des produits structurés, dettes et autres emprûnts sous quelque forme technique que ce soit  a commencé à devenir plus difficile compte tenu de la crise du subprime qui rend  les investisseurs plus méfiants et moins friands de véhicules de placements cotés dans lesquels on a mis différents risques et types de crédits sans qu'on sache très bien les évaluer ni même si la faculté de les vendre est parfois même possible en cas de forte aversion au risque, les anticipations de bénéfices se sont réduites et les cours avec. Le graphe ci-dessous montre ainsi par rapport au S&P500 (indice des 500 plus grosses valeurs US) l'accroissement de volatilité et une surperformance qui semble s'estomper. goldman-chart-vs-sp500.png

Une grande partie du 'génie' financier de ces entités est d'avoir permis aux USA et aux ménages notamment de pouvoir se financer, ces grandes banques compilant les prêts immobiliers entre autres pour les revendre à des investisseurs à la recherche de placements plus rémunérateurs. Vous connaissez la suite de l'histoire et les déboires qui en ont résulté. A ce jour, une des grandes questions est donc de savoir si la confiance sur les marchés du crédit va pouvoir revenir à la normale pour que les bénéfices de ces entités puissent au moins rester à ces niveaux très élevés. Un tableau des PER (ou de la valeur des ces actions comparée à leur résultat) laisserait d'ailleurs apparaître des multiples assez sages...mais par rapport à des bénéfices très élevés historiquement et dont leur pérénité est justement tout l'objet du débat depuis 3 mois.

Où en sommes nous actuellement ?
L'ancien patron de Goldman Sachs désormais patron du Trésor US est entrain comme nous l'avons vu cette semaine de mettre en place un "super fond" à hauteur de 80 milliards de $ pour racheter les titres titrisés actuellement peu liquides et pouvant faire l'objet de vente et donc de baisse de valorisation. M-LEC (c'est le nom du fonds) a donc pour objet de racheter des actifs de valeur qui ne trouvent pas preneur par les banques qui les ont d'ailleurs émises largement et qui se trouvent être les actionnaires de ce fonds... sauvetage de système en cours donc. Beaucoup de choses sont donc en jeu : il s'agit de préserver les bénéfices mais aussi les revenus futurs car si l'aversion au risque perdure qu'adviendra-t-il de la tendance fortement haussière sur les commissions encaissées dans ses opérations ces dernières années sans compter les engagements hors bilan qui pourraient opérer des 'retours à l'envoyeur'.

Quoiqu'il en soit la vision du marché et en l'élargissant à l'indice des bancaires US (dernier graphe) montre l'absence de confiance des opérateurs avec une chute sur un support important vendredi soir, les indicateurs techniques confirmant le mouvement :


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Une grande part du boom de ces dernières années réside dans tous ces éléments, comme les derniers soubresauts. Pour le futur, une perte plus forte que prévue chez l'un ou l'autre ou une cassure d'un seuil graphique ne manquerait pas aussi d'avoir des conséquences concrètes globales d'autant que la notoriété de ces entités met en jeu 'la confiance' de manière générale.
Une dégradation de l'action Renault dans votre portefeuille par l'une de ces banques ne serait rien comparée à une dégradation d'ensemble de ce secteur.

Publié dans APPRENDRE LA BOURSE

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