Le déficit budgétaire américain en forte dégradation

Publié le par Apprendrelabourse.org

Séance hésitante aujourd'hui à Paris dans des volumes à nouveau faibles. Le CAC 40 progresse légèrement de + 0,68 % à 3 320,31 points. Francfort et Madrid passent pour la première fois à la clôture leur moyenne mobile à 50 jours depuis cet été rejoignant en cela la place de Londres, hors zone euro, qui évolue au-delà depuis lundi.

Le Dow Jones gagne + 0,81 % alors que le prêt de 15 Mds $ pour l'industrie automobile est entrain d'être examiné par le Congrès US. Aux USA, il y avait peu d'informations nouvelles si ce n'est une précision sur le déficit budgétaire américain qui se creuse très fortement :

Le 'trou' du budget pour le seul mois de novembre s'élève à 164,4 milliards $, sous les 171 attendus mais à comparer aux 98 Mds de novembre 2007. Près de 100 Mds $ ont été utilisés pour prendre des participations dans des banques et racheter des valeurs immobilières à Fannie Mae et Freddie Mac. L'exercice démarrant à fin septembre, le déficit cumulé pour 2008/2009, soit sur 2 mois, atteint la somme colossale de 401 Mds $, soit la quasi-totalité du déficit budgétaire des 12 mois précédents ou la totalité du déficit de 2004 après la récession du début du siècle.




→ Quid du financement de ces besoins ?

Le marché est pris sous un flot d'émissions d'obligations du gouvernement réalisées par le Trésor dont 400 Milliards $ pourraient être vendues  sur les dernières semaines de l'année selon le Wall Street Journal. Face à la peur ambiante, ces émissions rencontrent une demande très importante, la plupart des opérateurs ayant déserté les autres marchés de la dette (hypothécaire, emergents, ou 'corporate', c'est à dire pour les entreprises..) préférant avoir comme contrepartie la signature de l'Etat fédéral plutôt que toute autre entité. La demande est telle que les titres à échéance à 3 mois sont même tombés légèrement sous 0 %. Une émission tout à fait historique de 30 milliards sur 28 jours a même réussi à se faire à 0 % alors que le Trésor indiquait avoir obtenu un taux de demandes 4 fois supérieur au montant offert.

Sécurité, refuge et court terme. La peur de la défaillance de l'émetteur est la pricipale préoccupation des investisseurs. Depuis que les banques peuvent faire faillite, seul l'état apparaît encore comme celui le moins à même de pouvoir défaillir. L'autre motivation est la désinflation forte actuelle voire la peur de l'entrée en déflation (baisse des prix) qui motive en second lieu de tels taux.

L'état est ici un concurrent très sérieux qui 'assèche' les autres agents économiques en captant vers lui les liquidités et l'épargne du fait de la qualité supérieure de sa signature.

En Europe, la donnée centrale concerne l'évolution des prix de gros en Allemagne qui ont chuté de - 3,3 % sur un mois en novembre, très au-delà des attentes (- 1,4 %) ce qui constitue une baisse jamais rencontrée depuis 1968, date à laquelle cette donnée a commencé à être suivie. La progression annuelle passe en zone négative à - 0,8 % contre une hausse anticipée de + 1,5 %.

En France, la production industrielle perd - 2,7 % en octobre (-14,3 % pour l'automobile qui s'effondre de - 29,2 % sur 12 mois) Pour plus de détails :
chiffres de l'INSEE (Pdf.)

En Italie, la production industrielle ne recule que de - 1,2 % mais les chiffres du jour sur le PIB confirme la faiblesse de l'économie italienne qui enregistre 2 trimestres consécutifs négatifs (-0,4 et - 0,5 %) sur les 2 derniers trimestres mais surtout une croissance annuelle désormais négative de - 0,9 % sur un an, entre le 3 ème trimestre 2007 et celui de 2008, en raison d'un 4 ème trimestre 2007 déjà négatif de - 0,4 %.

"L'indice de peur" du marché continue sa consolidation et retrouve son niveau de fin novembre dernier avec un retour sur une zone importante pour la suite de la continuation haussière des marchés actions (Cf. "Rally" de fin d'année ? (Partie 2))


La Livre Sterling est toujours très faible à 1 € = 0,88 £ désormais. L'Euro reprend de la hauteur contre le Dollar US et pourrait s'échapper à la hausse en cas de cassure des 1,31 $.

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