Dow Jones : les 8 000 points en vue

Publié le par Aprpendrelabourse.org

La croissance américaine pour le 4 ème trimestre 2008 est ressortie dans sa 3 ème et dernière évaluation à - 6,3 % contre - 6,2 % en 2nd estimation, soit un niveau inférieur aux attentes qui se situaient à - 6,6 %. Pas de grand changement ni de grosse surprise pour ce trimestre qui restera comme celui de l'effondrement après - 0,5 % au 3 ème, + 2,8 % au 2nd et + 0,9 % au 1er trimestre de l'an dernier. C'est l'occasion de voir une autre donnée qui paraît en même temps que le chiffre de la croissance du PIB et qui en est dérivée : les profits des entreprises.


Cette mesure des profits, issue de la comptabilité nationale, concerne les entités considérées comme des entreprises dans les comptes de revenus et de production nationale. Ceci ne correspond pas forcément aux comptes individuels déclarés par les compagnies une à une ni au suivi que nous faisons régulièrement des profits des sociétés du S&P 500, qui sont les plus grosses sociétés cotées.  Cela permet de voir quel est l'impact d'ensemble sur les entrepreneurs de manière général et sur la profitabilité des entités économiques privées.



Après une baisse de -10,1 % au 3 ème trimestre, les profits se sont effondrés de - 36,3 % sur le dernier trimestre. Les sociétés financières ont vu les leurs baisser de 175 milliards $ après une baisse de 75,5 au trimestre précédent, des chiffres à mettre en rapport avec une chute
de seulement 89 milliards $ pour les autres sociétés non financières après -59 au 3 ème trimestre.

Cette vue interne des comptes nationaux de la première puissance économique mondiale, par rapport au décompte des profits des sociétés cotées,  permet de comprendre à quel point la hausse des profits, principalement des financières s'est envolée à partir de la récession de 2001. Ceci constituait une progression très difficilement soutenable à long terme. De ce point de vue, nous avons une correction de la hausse précédente et la destruction de valeur en cours n'attaque pas encore la tendance antérieure de long à très long terme.


** Mais tout ceci n'est que passé pour le marché qui avait aujourd'hui au programme une nouvelle intervention du patron du Trésor US sur le sujet de la régulation des marchés financiers.

Il est très difficile de juger en l'état des annonces sans recul et les plus aguerris d'entre vous savent pertinemment que, dans l'histoire de la finance, les mesures de régulation font les grands titres lorsque ça va mal et finissent par passer graduellement aux oubliettes une fois les éclaircies de retour...

Quoiqu'il en soit, la mouture présentée semble avoir un large spectre, dans la mesure où le chantier qui vient de s'ouvrir prévoit de surveiller une très grand variété d'opérateurs et sur un plan très large au niveau intérieur mais aussi international. A suivre pour voir les mesures concrètes notamment lors du prochain G-20.

Paris termine à l'équilibre de - 0,05 % alors que le Dow Jones poursuit sa hausse avec un score positif de + 2,25 % à 7 924,56 points. Comme déjà signalé, les hausses du jour semblent un peu plus 'profondes' eu égard à la grande diversité des secteurs représentés en tête des palmarès. Les secteurs massacrés restent une thématique cependant toujours très 'jouée'.


Sur le marché obligataire et face à un flot d'émissions géantes pour financer les déficits des Etats et notamment US, les opérateurs surveillaient une émission un peu spéciale de 24 milliards $ à 7 ans lancée ce jour. 'Spéciale' car il s'agit de la seconde opération sur cette échéance (ou maturité) depuis très longtemps. Elle n'avait pas été activée depuis 1993 avant celle du mois dernier.



Les résultats sont satisfaisants et dissipent un peu les craintes sur les éventuelles difficultés à trouver des investisseurs pour financer de tels montants, craintes qui prennent de temps à autres racine surtout en fin de mois où les sollicitations du marché sont élevées et avec un nouveau record pour cette dernière semaine de mars (d'autant qu'on été levé également 31 milliards $ à 3 mois et 29 Mds $ à 6 mois sur cette seule journée de jeudi)

Le taux de couverture (bid to cover ratio) est en hausse nette à 2,52 (60 Mds $ ont été proposés par les investisserus contre 24 offerts et acceptés) par rapport à février pour un montant offert aux enchères pourtant supérieur de 2MDs $. Le taux d'intérêt est en net retrait sur un mois et même sur la journée pour cette échéance.

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Erwan 01/04/2009 10:39

Bonjour M Caye et merci de votre réponse.Pour être complet, voici le lien que j'ai oublié de joindree à mon message d'hierhttp://premium.econoday.com/byshoweventfull.asp?fid=438895&cust=mam&year=2009

Erwan 31/03/2009 10:30

Bonjour M CayeJe vous propose de consulter ce lien sur les émissions sur 5ans. Le taux pour mars2009 est de 2.02, même si c'est en dessous de la moyenne très long terme à 2.31, je trouve que c'est encore très confortable pour le Trésor. On était à 1.73 en 2002! J'en conclurais donc la même chose que vous sur les 7 et 2 ans, à savoir que les investisseurs ont répondu présent.Pourtant, l'auteur de cet article sembl considérer qu'il a un début de défiance.Votre avis sera le bien venu.Merci d'avance

Gilles Caye 31/03/2009 10:37



Bonjour Erwan,


Voici le tableau historique des résultats qui permet de se faire sa propre idée :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/40/52/94/avril-08/showimagemm.gif

Il n'y a pas de problèmes particuliers, si ce n'est que nous étions effectivement :

1/ sous la moyenne de long terme à 2,31 et la demande des investisseurs hors primary dealers (les 16 banques qui participent aux enchères) était moindre que la dernière fois.
2/ Leur part ne représentait que 30 %.
3/ Il est à noter aussi que les taux se sont aussi un peu tendus.

Avant cette émission à 5 ans, une émission du Trésor anglais à 40 ans s'était mal déroulée et n'avait pas été répondue en totalité par les investisseurs. Dans ce contexte et alors que la semaine
en question voyait de nouveaux montants records être proposés au marché, ces quelques 'bémols' ont avivé la défiance d'autant que le lendemain, nous avions une émission à 7 ans un peu
particulière qui pouvait faire naître quelques inquiétudes.

Les 3 points ci-dessus ont un peu refroidi le marché mais vous noterez que ce n'est pas forcément cela qui explique la baisse du Dow Jones sur la séance car le résultat paraissait à 6 heures et
l'indice a commencé à chuter dès  5 heures 10 et à connaître une nouvelle accélération vers 19 heures.

Les propos de Geithner à ce moment ont aussi sans  doute joué.

C'est pourquoi, j'avais mis un graphe dans l'article d'hier pour montrer le trou d'air à l'intérieur de la séance mais sans le lier directement car les choses ne sont pas aussi probantes que
cela... (la défiance du marché obligataire était plus claire sur la séance)

De manière générale, il y a bien sûr de plus en plus de personnes qui se posent des questions sur l'importance de ces émissions d'obligations géantes. Il faut être vigilant, c'est tout l'objet de
ces suivis qui vous permettent de vous faire votre propre opinion.

Mais pour l'heure, à part ce petit doute (points 1,2 et 3), comme vous le voyez les résultats pour l'émission à 7 ans sont favorables.