Actualité - Bourse : légère déception

Publié le par Apprendrelabourse.org


L'enquête ADP sur l'emploi dans le secteur privé américain a déçu puisque le rythme de baisse des destructions d'emplois est ressorti inférieur aux attentes. Après 277 000 au mois d'août (révisé de 298 000) les destructions s'élèveraient à 254 000 au mois de septembre contre 200 000 seulement attendu.

Le secteur de la construction qui semblait le mois précédent comme le secteur financier avoir du mal à continuer à progresser confirme cet état de fait.


Le chiffre définitif du PIB américain pour le 2nd trimestre a cependant été revu plus favorablement à - 0,7 % contre - 1 % lors des estimatifs publiés précédemment

√ La surprise du jour est venue à 15 heures 45 lors de la publication de l'indice d'activité du secteur manufacturier dans la région de Chicago (Chicago PMI) qui était attendu à 52 contre 50 en août.

L'indicateur baisse en fait de 3,9 points à 46,1 et replonge donc en zone de contraction. La composante de la production tombe à 47,2 et celle des nouvelles commandes de 52,5 à 46,3 ce qui la replace même sous le chiffre de juillet.




Les acheteurs ont subi sur la nouvelle un lessivage presque équivalent à celui observé le 24 septembre dernier mais l'indice de la bourse de Paris préserve en clôture le support à 3767.

Le CAC 40 perd 0,49 % à 3 795,41 points sur fond également de baisse du moral des investisseurs institutionnels (banques, caisses de retraite, fonds de pension, assurances...) de 4,7 points principalement centrée sur la zone Amérique du Nord selon State Street. Il s'agit de la première baisse en 8 mois.


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PF 01/10/2009 15:05


Bonjour,

On a entendu certains journalistes (notamment aux USA) dire récemment que l'Espagne ne pourrait se redresser facilement à cause de l'euro et l'impossibilité de dévaluer sa monnaie.

Quel est votre point de vue à ce sujet ? L'Euro est-il, actuellement, un frein ou une chance pour l'Espagne ?

Si faire un billet à ce sujet vous tente..

Cordialement,

Pierre-François


Gilles Caye 01/10/2009 22:10



Bonsoir,

Tout d'abord, on considère un peu hâtivement la dévaluation d'une monnaie comme étant une bonne chose. Si c'est un booster à court moyen terme pour doper les exportations, cela n'en reflète pas
moins une faiblesse financière qui engendre souvent des difficultés en matière d'inflation (puisqu'on importe avec une monnaie dépréciée) C'est un peu une solution de facilité pour amoindrir
le coût des ses exportations sans améliorer la qualité intrinsèque des produits. Finalement très souvent une fois qu'on y a goûté une fois, on y replonge ...


Si on compare à un pays qui avait un peu la palme en Europe des dévaluations c-a-d l'Italie en terme de chômage par exemple, l'euro ne semble pas avoir (trop) affecté la péninsule en terme
d'emplois alors que le chômage est un vrai problème en Espagne (voir lien suivant)

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/40/52/94/2.2009/Spain-Unemployment.gif

Il y a donc un problème structurel à l'économie espagnole indépendant de la question de la monnaie unique.

On ne peut pas nier cependant que l'euro n'a pas aidé leurs balances commerciales

Italie :  http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/40/52/94/2.2009/BMHistoComplexe-copie-1.jpg

Espagne : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/40/52/94/2.2009/BMHistoComplexe.jpg

Mais il est difficile d'avancer que c'est l'euro le problème si on revient au problème du chômage encore une fois. Il y a autre chose...

La situation de l'endettement est aussi tout à fait différente entre les pays. Dans le cas espagnol, l'endettement privé est élevé à très élevé mais l'endettement public était jusqu'ici assez
satisfaisant, ce qui vient de changer radicalement (En Italie, l'Etat est endetté mais la bulle immobilière est moindre et les problèmes bancaires sont moins nombreux de part un endettement privé
plus restreint)

Le souci espagnol est principalement lié aux créances immobilières et à la chute des prix immobiliers qui ne sont pas forcément des données particulièrement liées à l'euro non
plus (le choix de s'endetter sur 35/40 ans n'est pas fonction de la monnaie même si l'euro a contenu les taux rendant cela plus facile à la base)

Enfin grâce à l'euro, l'Etat espagnol continue à avoir un coût de financement relativement correct par rapport à un certain nombre d'autres pays connaissant des difficultés financières et
économiques

http://www.aft.gouv.fr/IMG/pdf/Spreads_septembre_2009-3.pdf

En sortant de l'euro, il y a tout lieu de penser que les taux que le marché demanderait aux espagnols s'envoleraient (la notation sur la qualité du crédit tient compte de la solvabilité de
l'état, de la nation mais aussi de la devise dans laquelle est libellée la dette - nous l'avons vu dans les articles sur les risques souverains)

Avec des taux qui s'envolent, il est difficile d'imaginer une amélioration de la situation immobilière et d'endettement des ménages. Plus de taxes seraient demandées par le gouvernement pour
faire face aux intérêts de sa dette également.

En conclusion et en l'état actuel, c'est un frein pour le secteur exportateur et le redimensionnement de l'activité économique espagnole vers l'export mais en cas de grands vents, l'euro
reste sans doute une chance pour l'Espagne.






Milou 30/09/2009 21:38


Bonjour et merci.
Je tiens à vous féliciter pour vos analyses qui ne se contentent pas simplement du graphique. C'est très bien fait.Tout est expliqué, et, limpide. Bonne soirée.


Apprendrelabourse.org 30/09/2009 22:29


Merci pour vos encouragements et bonne soirée