Le marché attend la BCE

Publié le par Apprendrelabourse.org

Le CAC 40 gagne 0,88 % à 3764,91 points dans le sillage de la poursuite du rebond hier soir à Wall Street et assez peu touché par une statistique de l'emploi privé US inférieure aux attentes.

La bourse de Paris offre une configuration toujours indécise et aux cibles particulièrement mouvantes une nouvelle fois entre les tracés des zones support et de résistance en gris. La divergence entre le dépassement de la moyenne mobile à 20 jours à la hausse et la réalisation de points hauts de moins en moins hauts et de points bas de plus en plus bas renforce encore l'incertitude.

Toutefois, comme début septembre où un petite consolidation sous forme de 'drapeau' (flag) avait eu lieu avant de dépasser la résistance oblique long terme en vert, une nouvelle figure en drapeau (orange) se reforme. Il s'agit d'une figure d'indécision et le plus souvent de continuation en ce qui concerne son issue. Après une hausse, les cours reprennent leur souffle avant de repartir le plus souvent (et inversement à la baisse)

CAC-061010.png

 Le signal de sortie est à rechercher à partir de la résistance là où les acheteurs en poussant leur avantage pourrait faire 'sauter' assez tôt les positions baissières et s'ouvrir le chemin de la poursuite haussière. A ce stade rien n'est fait mais les réactions du marché dès demain sur le gap haussier laissé ouvert ce matin à l'ouverture entre 3742,66 et 3746,63 points (en blanc) donneront un premier aperçu assez rapide de la force du courant acheteur et de la capacité ou non à former un nouveau support dans cette zone.

 

→ 7 octobre - Rendez-vous avec la BCE ou comment se positionner dans le combat des monnaies ?

 

Le marché des changes connaît des développements importants depuis l'inflexion de la Fed le 21 septembre dernier où elle a fait référence indirectement au risque de déflation et mis en contre poids la possibilité d'intervenir par de nouvelles mesures non-conventionnelles dont l'essentiel est de faire baisser le loyer de l'argent pour faciliter les emprunts et soutenir ainsi l'économie. En pesant sur les taux longs, le différentiel de taux d'intérêt s'est accru en défaveur du dollar l'affaiblissant contre la majeure partie des autres monnaies et obligeant les banques centrales de nombre de devises mineures à intervenir pour empêcher leur monnaie de trop s'apprécier (Apprendre et comprendre la bourse, la finance et l'économie : taux d'intérêt et devises )

Le Japon est engagé désespéremment dans plusieurs actions pour éviter que le dollar-yen sur ses plus bas de 15 ans (menaces d'intervention, abaissement des taux de 0,1 % à 0-0,1 %, création d'un fonds d'intervention) ne viennent briser un support majeur de long terme et n'engendrent un nouvelle dégradation très néfaste de la tendance (Le Japon renoue avec les interventions sur le marché des changes )

 

Jusqu'ici la BCE s'est montrée très ferme répondant négativement à toute demande d'assouplissement monétaire et allant même plus loin en réaffirmant à chaque instant que l'essentiel de la politique économique actuelle devait se centrer sur les équilibres budgétaires des Etats et qu'elle cherchait au contraire à sortir de ses mesures de crise exceptionnelles (Devant le Parlement Européen ou à l'occasion d'allocutions de ses membres alors que dans le même temps les patrons de la Fed au niveau régional relaient un discours nettement plus accomodant, le président de la Fed de New York allant même jusqu'à chiffrer à 500 milliards $ le montant des rachats d'obligations, relançant la spéculation)

Eurus.png L'euro est donc littéralement aspiré à la hausse, les cambistes (opérateurs sur devises) nourrisant des anticipations fortes sur le dollar en matière de baisse de taux et nettement moindre sur l'euro (l'attractivité en terme de rendement évolue donc en faveur de la devise unique)

S'il ne fait guère de doute que son taux directeur sera maintenu à 1 % demain à l'issue de sa réunion du comité de politique monétaire, l'orientation de la Conférence qui suivra est à suivre de près dans un contexte très tendu sur le yen qui peut donner lieu à de forts décalages vu le contexte inédit depuis 15 à 20 ans sur la devise nippone et de la position de l'euro en zone de tension dans un marché où la monnaie européenne est surachetée sur un seuil particulièrement important. 

 

Avec un euro qui s'approche à grand pas de son seuil de douleur (1,50$) pour l'industrie exportatrice européenne, un geste sur une mesure de détail n'est pas à exclure.

Publié dans ACTUALITES BOURSE

Commenter cet article

Forex 25/10/2010 11:42



Dites moi pourquoi j'ai l'impression même avec les hausses du moment de l'euro, que cette monnaie ne va pas tenir longtemps ... problèmes politiques entre les pays etc ...



Gilles Caye 27/10/2010 23:41



Elle peut aussi évoluer... l'euro est toujours une monnaie en construction avec des actionnaires de la BCE qui ne font pas partie de la zone (GB, Danemark, etc...) et n'ont pas adopté la monnaie
unique..


 


Ce n'est pas une monnaie 'figée' par définition et rien n'empêche en cas de crise (pas trop forte tout de même!) de faire entrer des pays (Pologne, Suède ?) et d'en sortir d'autres (Grèce) pour
maintenir l'élan de la construction tout en montrant aux marchés que la rigueur de départ a été préservée (ce qui pour l'heure est encore largement à prouver car on n'en est encore qu'aux
premières tentatives de réduire les déficits)


 


La grande crainte, c'est la fin de l'élargissement et de l'Euroland pôle d'attraction. Il n'est pas envisageable de sortir la Grèce car beaucoup d'entrants ou prétendants se posent des questions
pour y entrer dorénavant. La question de la sortie de la Grèce ne serait pas la mort de l'euro si un échange standard avec un autre pays plus vertueux pouvait avoir lieu mais actuellement, c'est
un peu délicat à réaliser car personnne ne respecte ou presque les critères même au centre de la zone. De quoi décourager les prétendants qui font des efforts aux portes pour y entrer depuis des
années...