Tout savoir (ou presque...) sur les bandes de Bollinger -Partie 2-

Publié le par Michel Delobel

 
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Nous avons vu la semaine dernière ce qu’étaient et ce que représentaient les bandes de Bollinger. Nous en avons vu également les limites.

 

Nous allons voir aujourd’hui comment les utiliser. Ce n’est bien sur pas en quelques lignes que vous saurez tout sur leur utilisation (mon but n’est pas de réécrire le livre de John Bollinger, ni de prétendre remplacer mes formations), mais j’espère au moins vous donner les bases nécessaires pour en tirer parti et éviter les erreurs les plus classiques.

Deux approches principales

Nous l’avons vu, les bandes de Bollinger (qu’on appelle souvent par simplification les Bollingers) encadrent les cours de part et d’autre d’une moyenne mobile, de sorte qu’en théorie, et si les hypothèses retenues ne sont pas trop simplificatrices, les cours devraient se situer 95% du temps à l’intérieur.

 

C’est une première vision statistique intéressante, qui permet donc d’identifier des périodes d’exagération, et sur laquelle on pourrait mettre en place une stratégie d’intervention. Mais avant d’aller plus en avant pour voir que ce n’est pas si simple, j’aimerais m’arrêter sur un autre aspect qui n’a pas été évoqué jusqu’à présent : l’écartement de ces Bollingers.

 

Car au delà d’identifier des périodes d’exagération statistique, l’autre intérêt des Bollingers est de retranscrire la volatilité du moment d’un titre ou d’un marché. Les Bollingers indiquant le champ des possibles variations de son sous-jacent, plus elles sont resserrées, plus cela traduit une volatilité faible, plus elles sont écartées, plus la volatilité est élevée.

 

On pourrait donc imaginer à partir de ces deux éléments deux stratégies : identifier des exagérations du marché (clôture en dehors des Bollingers) pour jouer à contre-courant et miser sur un retour « à la normale », et identifier des périodes de faible volatilité pour surveiller un démarrage de tendance.

Mais déjà à ce niveau, on met le doigt sur quelques difficultés et incohérences :


. la première est que les Bollingers sont mobiles, et bougent en fonction de ce que fait le marché. Un niveau qui est considéré comme incohérent un jour ne le sera rapidement plus si le marché insiste, puisque les Bollingers utilisent les cotations les plus récentes pour se construire. Notre approche pourrait donc être fréquemment mise en difficulté.

. la seconde est liée à notre stratégie de recherche des périodes de faible volatilité. En cherchant à jouer un démarrage de tendance, qui débutera a priori sur une accélération et sortie des Bollingers, on va se retrouver dans une optique inverse de celle envisagée dans notre première stratégie…


Appuyons nous sur un exemple

Pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de ces deux aspects principaux des bandes de Bollinger, nous allons nous appuyer sur un exemple concret, avec le graphique ci-dessous.

 

Peu importe ici le sous-jacent, et vous noterez qu’en dehors des Bollingers et de la moyenne mobile 20 jours associée, je n’y ai ajouté que la MM50 pour ne pas nous laisser influencer par d’autres tracés ou indicateurs.

 

Un graphique que nous allons tout simplement commenter. Pour en faciliter la « lecture » et distinguer les différentes phases, j’ai découpé ce graphique en plusieurs périodes de couleur :


- En bleu : les phases d’évolution horizontale des Bollingers, avec volatilité importante

- En jaune : les phases de faible volatilité, avec Bollingers en général horizontales

- En violet : les phases de resserrement des Bollingers, témoignant d’une baisse de la volatilité

- En saumon : les phases d’écartement, témoignant d’une augmentation de la volatilité

- En vert : les phases de hausse conjointe des Bollingers, accompagnant une tendance haussière,

- En rouge : les phases de baisse conjointe des Bollingers, accompagnant une baisse du titre.

 

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 La première conclusion qui s’impose, par rapport aux caractéristiques des Bollingers que nous avons vu précédemment, c’est qu’il semble que les cours passent quand même pas mal de temps au contact ou en dehors des Bollingers.

J’ai fait le calcul pour vous : ce sont un peu plus de 10% des séances dont la clôture se sera faite en dehors des Bollingers, sur plus de 230 séances présentes sur ce graphique. On est donc loin des 5% censés être donnés par le modèle d’évolution gaussienne. Attention donc à ne pas baser vos stratégies sur ces 5% purement théoriques.

 

La deuxième conclusion est que ces sorties des Bollingers interviennent essentiellement lors des phases d’écartement des bandes (zones saumon), ce qui est cohérent puisqu’on a une augmentation de la volatilité et une adaptation progressive des bandes permettant un retour apparent à la normale, et lors des mouvements fortement directionnels (phases vertes et rouges).

 

Quant à la troisième (et nous nous arrêterons là), c’est que leur utilisation n’a rien de si évident au premier abord, contrairement à ce qu’on aurait pu croire après en avoir vu la définition. Avec tantôt un reflux en direction de la Bollinger opposée, tantôt une course effrénée le long de l’une des bandes pour savoir qui des cours ou de la Bollinger ira le plus vite, difficile de se faire une idée de leur utilisation.


 Comment utiliser les Bollingers
?

Dans ces conditions, le plus simple est de reprendre les différentes phases de couleur, et vous indiquer comment se comporter face à l’arrivée des cours sur l’une des bandes. Cela ne vous suffira sans doute pas pour pouvoir être autonome, d’autant que le plus délicat reste d’identifier suffisamment tôt les changements de phase, mais cela vous donnera au moins des bases pour affiner ensuite votre approche.

 

. Phases bleues : les Bollingers sont horizontales et les cours sans tendance (MM hésitantes). Reflux des cours très probables au contact des Bollingers.

 

. Phases violettes : les Bollingers convergent : toute approche des cours vers une bande, d’autant plus si cette bande arrive en sens inverse, a de très bonnes chances de provoquer un reflux des cours.

 

. Phases jaunes : si les MM sont sans tendance, attention au risque de démarrage de tendance. Il est donc risqué de jouer des aller-retours entre les Bollingers, d’autant que la faible amplitude rend le potentiel de gain limité. On surveillera au contraire une nette sortie des Bollingers pour identifier un démarrage de tendance.

 

. Phases saumon : les Bollingers s’écartent, la volatilité augmente : il est hors de question de jouer un va et vient entre les bandes, et deux clôtures consécutives en dehors des Bollingers lancent en général le signal. On jouera donc plus la poursuite de la tendance. Un retour éventuel sur la Bollinger opposée venant à la rencontre des cours pourra toutefois être mis à profit pour jouer un reflux contre la Bollinger en question.

 

. Phases vertes et rouges : la tendance se met en place, et, idéalement lorsque MM20 et 50 sont sur la même longueur d’onde, on jouera la poursuite du mouvement le long de la Bollinger, avec une évolution dans un canal MM20/Bollinger.

 En résumé


A retenir : les Bollingers ont un pouvoir de support ou résistance lorsqu’elles évoluent de façon horizontale tout en étant relativement écartées, ou lorsqu’elles évoluent en tendance marquée et dans le sens opposé aux cours.

 

Lorsque la tendance est marquée, la Bollinger travaillée a surtout tendance à accompagner le mouvement, et dessine avec la MM20 une sorte de canal guidant les cours.

 

Mais comme n’importe quel indicateur, elles sont bien plus utiles accompagnées d’une analyse des supports et résistances, et des chandeliers japonais, ce qui n’était bien évidemment pas l’objet de notre dossier du jour.

 

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Publié dans APPRENDRE LA BOURSE

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