Bourses : l'emploi US en soutien

Publié le par Apprendrelabourse.org

fotolia-actualit---globe-552450-copie-3.jpgCréant un choc à la baisse il y a un mois de cela (cf. Marchés financiers : coup de poing avec l'emploi, l'économie US touchée) avec 4 000 destructions  d'emplois au mois d'août, nouvelle qui justifie en partie la baisse des taux de la Fed, les yeux  étaient rivés ce jour sur  cette stat  à 14H30  concernant les chiffres pour le mois de septembre dont les opérateurs attendaient  94 000 créations de postes. Finalement c'est toujours le chiffre d'août qui concentra l'attention avec une révision majeure de - 4000 à ... + 89 000... les chiffres de juillet étant également révisés à la hausse de 68 000 à 93 000. On en oublierait presque les chiffres de septembre qui sont ressortis à 110 000  au-delà des attentes donc, le marché se retrouvant finalement avec un complément assez inattendu de 136 000 emplois si on considère les attentes et les chiffres connus à ce jour pour le trimestre passé.
  1. Qu'en est il ? Qu'en penser ? Les opérateurs ont bien évidemment apprécié fortement la chose et les bourses ont bondi à la hausse sur la nouvelle, le CAC terminant en hausse de + 0,67 % à 5 843,24 mais dans des volumes moyens. Francfort passe le cap des 8 000 à 8 002,18 en hausse de + 0,72 %, le Dow Jones poursuivant en début de soirée sa progression dans les mêmes ordres de grandeur en terme de pourcentage.
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  3. Cette révision proviendrait selon le département du travail américain d'une sous-estimation concernant le secteur public (rappel: ces chiffres intègrent tous les secteurs hors agricoles) et particulièrement des postes d'enseignants juste avant la rentrée des classes.

  4. Si on va creuser un peu dans le détail de la statistique on s'aperçoit par ailleurs que les créations dans le secteur public et de l'éducation représentent 81 000 nouveaux postes sur le mois de septembre. En revanche, le bâtiment perd 14 000 postes et l'industrie - 18 000.
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Après le bond initial s'accompagnant donc du mouvement inverse d'il y a un mois avec euro en baisse et obligations en baisse, les bourses ont néanmoins assez vite saturé, l'euro reprenant même plus que le terrain perdu très rapidement. ( Rappel  : des chiffres meilleurs qu'espérés affaiblissent les anticipations de baisse des taux et donc renforcent le dollar en première approche)
Ces données sont meilleures mais réintroduisent un soupçon de doute chez les investisseurs sur la situation actuelle de l'économie. Les emprûnts d'Etat sont en baisse après cette statistique, un grand nombre d'intervenants revoyant leurs anticipations de baisse des taux tout prochainement.
La digestion de cette statistique tournera donc autant vraisemblablement autour du sentiment de soulagement qu'inspire ces données mais aussi d'anticipations de baisse de taux sans doute un peu hâtives.

*** Pour le plus long terme, comme d'habitude rien de tel que de prendre un peu de recul face à toutes ces données en révisions incessantes :

nonfarm.gifOn voit ici qu'une corrélation importante existe entre les 2 dernières récessions et le niveau des créations d'emplois (d'où le suivi particulier de cette stat de la part des banques centrales et des investisseursCFN135.gif comme des ménages, le taux de chômage étant un élément important du moral de ceux-ci)
La tendance ces derniers mois est clairement au ralentissement (droite orange), une cassure de la tendance haussière (vert) étant derrière nous largement et le niveau d'accélération à la baisse (rouge horizontal) constitue exactement le point où nous en sommes actuellement.

Concernant le sentiment général actuel des investisseurs voici ci-contre un graphe paru dans The Economist (cliquer sur le graphe pour accéder à l'article) qui montre la différence entre l'évolution des bourses des pays émergents et celle du dow jones. On voit ici une très forte augmentation de la volatilité avec lors de la phase d'aversion au risque pendant la crise du crédit ou subprime, des ventes fortes sur les positions jugées les plus spéculatives et 2 belles 'jambes de hausse', la première prenant appui mi août sur les premières interventions sur les marchés monétaires des banques centrales, la 2nde suivant la décision de la FEd de réduire de - 0,50 % ses taux d'intérêts.

L'envolée des bourses émergentes (et asiatiques notamment) font elles peser un autre risque de marché ? En cas de ralentissement US plus prononcé, les pays émergents peuvent-ils prendre le relais ? 2 questions majeures auxquelles quelques éléments de réponse vous seront apportés prochainement.
Jusqu'ici, l'économie américaine 'tient' et les investisseurs raffolent des actions des pays émergents.

D'autres articles sont à suivre ce  week-end avec une analyse graphique du CAC 40 .

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