Apprendre et comprendre la Finance en temps réel : carry trade et marchés actions

Publié le par Gilles Caye

Rappel : le carry trade consiste à emprunter dans une devises à taux faible pour le replacer dans une devise à taux élevé ou vers des actifs financiers qui délivrent un rendement supérieur au coût de l'emprûnt, la différence étant empôchée par l'investisseur. Tout ceci est notamment détaillé dans :

Tous les rapports possibles et imaginables entre devises à taux faibles et à taux forts sont ainsi potentiellement sujets à opérations de carry-trade. Il y va ainsi du Franc suisse/euro, du yen/euro, du yen/dollar néo zélandais ou australien mais le plus important se situe entre le yen et le dollar US. Les taux directeurs du yen étant à 0,5 % et ceux du $ à 5,25 %, chacun comprendra l'intérêt de l'opération.

Il s'agit d'une source de liquidités non négligeable très difficilement chiffrable avec exactitude mais se comptant vraisemblablement en centaines de milliards de dollars et qui une fois 'levés' vont s'engouffrer dans les marchés actions, entre autres.

Plus il y a de yen carry trade, plus il y a d'argent levé par ce biais, plus les liquidités sont disponibles sur les marchés et plus ils montent. Voici une très belle corrélation en tout cas en image sur une année glissante :

Cliquer pour agrandir le graphe

Evidemment à l'inverse, dès que l'aversion au risque pointe, ce type d'opérations est moins appétissant pour les opérateurs pouvant encaisser des pertes sur leurs investissements et sur les variations de change, risque intrinsèque de ce type de montage puisque vous empruntez dans une devise pour placer dans une autre et qu'il faudra bien rembourser un jour... (vous avez donc à amortir le coût en intérêts de l'opération, le risque de change ou le coût de sa couverture + le risque sur le support d'investissement.. ce qui fait beaucoup en périodes troublées avec en plus éventuellement des restrictions de votre banquier)

Il y a ainsi ici beaucoup de 'hot money' ('argent chaud' signifiant 'spéculation à outrance ou élévée ou risquée') qui s'évapore au moindre incident pouvant même dans certains cas amener des débouclages précipités pour couper les pertes, couvrir des pertes ailleurs ou tout simplement à titre préventif. Le rachat des devises 'faibles' et la vente des devises fortes pour rembourser les emprûnts initialement ont donc tendance à faire grimper les 'faibles' et alourdir 'les forts'... ce que nous observons depuis mi-juillet

Jeudi dernier dans Les hantises du subprime et credit crunch de retour, je concluais :

  • "...Conclusion : Sur les 4 plus grosses sources de liquidités ou de dettes actuelles mondiales à savoir :
  • - immobilier et titrisation (les fameux 'subprime')
  • - LBO et titrisation (voire les articles de ce week-end)
  • - Carry trade de devises (entre devises à taux forts et faibles)
  • - déficit commerciaux (le déficit US étant bien une dette magistrale)
  • la journée aura montré que les 4 sont impactés de façon différentes certes mais au minimum ont été mises 'dans la balance'."

L'immobilier étant en berne, les LBO souffrant, voici donc le yen carry-trade sur un support important... si ces 3 moteurs générateurs de dettes et de liquidités ne repartent pas.. ce sont 3 moteurs de la hausse des marchés actions en panne pour l'heure ...

Vers 11H00, le CAC 40 perd - 2,12 % à 5327 points, le DAX à Francfort suit un peu derrière.

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