CAC 40 : cadenassé

Publié le par Apprendrelabourse.org

Les précédentes séances ont été riches, très riches même en informations et en émotions.
Aujourd'hui, les marchés ont pris leur respiration. Nous allons faire de même en restant concis.

 

Que nous disent les cours ? Acheteurs et vendeurs se sont neutralisés, cadenassés dans un trading-range repris dans les second graphique susceptible d'envoyer un nouveau signal tout prochainement.

Sa portée ? L'horizon reste à très court terme, le champ n'étant absolument pas dégagé tant que les moyennes mobiles coiffent les cours, zone au sein de laquelle les acheteurs peuvent pousser les vendeurs à se racheter un peu plus profondément les uns après les autres. A la baisse, la configuration est identique en cas de sortie baissière du trading-range avec un objectif limité à  3 550 points, niveau sous lequel les positions acheteuses seraient par contre susceptibles d'être coupées à nouveau de manière plus massive.

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Qui a la main ? Les marchés ont appuyé très fortement sur la plaie financière européenne où fourmillent depuis de très longs mois les divergences de taux d'intérêt. Les autorités monétaires ont repris la main pour l'instant sur le sujet mais la question qui se pose maintenant est de savoir comment cette secousse et cette instabilité financière vont impacter la croissance économique. Quelle va être la réponse du marché à cette question qui ressort inlassablement au fil des soubresauts ?

 Le secteur des semi-conducteurs avait assez mal réagi à la petite déception concernant la publication du PIB US au 1er trimestre. A nouveau son message en ce milieu de semaine sera à suivre avec attention dans une configuration qui guide, par delà les différentiels importants apparents entre les différents indices, la plupart des grandes places boursières occidentales.

 

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Lelievremilou 12/05/2010 16:49



Vous pensez qu'il est sans doute trop tôt pour juger du bien fondé de cette gabegie monétaire. Pas moi. Je pense que la BCE doit avoir dans son bilan des actifs pas très reluisants.


A mon avis cette opération de "garanties" des états se fait sur une base creuse. On bâtit les étages de la maison sur des fondations pourries, et, sur un terrain miné. C'est un peu "La
Faute/mer". Gare à la grande vague à venir


En ce qui me concerne, comme tout un chacun, je ne pourrais pas emprunter d'argent à ma banque pour en prêter à un tiers endetté si j'ai un compte courant déficitaire.


Il faut être réaliste tant qu'il y aura un tel chômage, autant en Europe, qu'aux US il n'y aura pas de consommateurs. Et par conséquence pas de croissance. Les chiffres donnés aujourd'hui en
France, et, en Europe ne plaident pas clairement pour une forte reprise.


Comme vous le dites les banques font comme les escargots, elles rentrent dans leurs "coquille". Elles ne prêtent plus aux entreprises depuis 3 ans bientôt.


Le peuple Français commence a s'informer, et, à s'inquiéter (retraites, salaires, aides sociales menacés). Il commence à prendre conscience que la "rigueur" n'est pas un vain mot, et, qu'il
accompagnera celui d'austerité.


Le Journal "Sud-Ouest", largement diffusé en Aquitaine produit tous les jours un éditorial très pédagogique.


En bref je constate que nos gouvernants sont prêts à s'engager encore plus dans leur politique monétaire Keynésienne, et, donc d'augmenter les déficits.


Ce qui n'empêche pas, bien entendu la bourse de monter.


A bientôt.



Lelievremilou 12/05/2010 09:08



Bonjour Gilles.


Ce sauvetage style "TARP FUND" n'a pas l'air de faire l'unanimité. Les investisseurs semblent prudents malgré la belle envolée de Lundi.



Gilles Caye 12/05/2010 12:29



Bonjour,


 


C'est un peu tôt pour juger d'autant qu'il y a encore pas mal d'inconnues sur ce que la BCE est entrain de rentrer dans son bilan et sur la manière dont elle va le gérer réellement. En tout cas,
le marché de l'or reste imperturbable pour l'instant et continue son bonhomme de chemin.


 


Là où certains craignent les effets inflationnistes des nouvelles mesures, on est en fait dans un topo déjà visité aux USA il y a plusieurs mois en arrière : les banques sont tellement prudentes
qu'elles stockent du cash à la BCE (on a le même cas avec des réserves excédentaires pléthoriques des banques US au sein de la Fed) Ceux qui hurlaient à l'hyper-inflation à la suite des mesures
annoncées par Bernanke le 18 mars 2009 dans le cadre des rachats d'obligations en sont pour leurs frais, pour les raisons en partie évoquées dans l'article précédent.


 


Comme le rappelait hier, le patron de la Banque d'Espagne, la stérilisation de la création monétaire liée à ces rachats d'obligation se fait ainsi quasi automatiquement... via la trouille des
banques qui empilent du cash à la banque centrale, le banquier des banquiers. Cela a 2 conséquences à suivre cependant :


 


- la première, si la compensation des sommes se fait bien, il n'en reste pas moins que le comportement des banques est inquiétant une nouvelle fois et c'est une nouvelle fois parce qu'elles
commençaient à vaciller que le plan s'est déclenché dans l'urgence,


 


- la seconde et grande inconnue : quelle va être la réaction des européens en terme de confiance vis à vis de l'euro après de telles mesures surtout dans les pays du Nord et en Allemagne
particulièrement ? J'ai bien conscience que toutes les explications de politique monétaire que l'on peut donner sur ces sujets pourront être transmises à quelques uns mais la masse ? Qu'a-t'elle
compris ? Comment va-t'elle réagir dans le temps ?


 


A partir du moment où on commence à trifouiller la monnaie, que ce soit à tord ou à raison, il y a un risque d'incompréhension et on accroît les risque de perte de confiance. C'est un
nouveau sujet d'inquiétude et de fragilité pour le système.


 


La nouvelle, ce n'est pas tellement ce sauvetage style TARP Fund comme vous dites justement mais l'intervention de la BCE. Le plan de stabilisation ne sera peut être pas utilisé
comme  le TARP n'avait pas été utilisé en totalité. D'ailleurs s'il n'y avait eu que le plan de stabilisation, le marché aurait pû encore lundi matin tout balancer par la fenêtre au motif
qu'il restait les parlements à consulter pour valider l'accord.


 


Le gros avantage de la BCE, c'est que dès lundi matin, les gars de Trichet étaient aux manettes pour acheter des titres obligataires des PIIGS et faisaient immédiatement fondre les taux
d'intérêts.