D'Athènes à Madrid, les risques du marché actions

Publié le par Apprendrelabourse.org

Les taux d'intérêts grecs n'apportent aujourd'hui plus guère d'informations directement exploitables en dehors de calculs de probabilités sur le défaut de paiement et les pertes que le marché envisage pour les porteurs d'obligations grecques.

Le suivi des taux à l'automne 2009 apportait une information à la base sur le problème naissant comme notre évaluation des spreads Grèce / Allemagne (10 ans) publiée le 8 avril 2010 que nous remettons ci-dessous pour mémoire:

< 3 % = normalisation

> 3 % et < 6 % = zone sensible

> 6 % = zone de danger pour la Grèce (avec début de contagion possible)

une grille de lecture qui a bien permis de cadencer l'état d'avancement du dossier pris pour cible par les marchés et de manière assez similaire pour l'Irlande et le Portugal un peu plus tard.

Tant que les spreads ne reviendrons pas dans ces zones, il est difficile d'envisager un retour du pays sur les marchés en vue d'émettre une obligations à 10 ans et toute détente sur les taux à de tels niveaux n'incorpore que des améliorations assez peu significatives au jour le jour dans l'attente en milieu de semaine du vote du parlement du plan de mesures destiné à débloquer, dans le cas positif, l'aide de l'UE et du FMI.

Le marché actions grec offre par contre une configuration qui montre que le potentiel d'aggravation est loin d'être épuisé avec une position des plus délicates pour la bourse d'Athènes qui est revenue sur un support historique (ci-dessous) Pour l'instant le support tient mais toute défaillance des acheteurs pourrait propulser les cours sur un support qui se situe légèrement sous 1000 points.

En cas d'enfoncement, les dégagements pourraient être très marqués et se ressentir, même amoindris, sur les autres places. Pour la Grèce, sous le support le risque est de voir les investisseurs délaisser durablement la place d'Athènes. Le cap est décidément historique pour la Grèce.

bourse-Athenes.png

→ Quelle menace pour l'euro ?

En piqûre de rappel par rapport aux éléments présentés durant les crises irlandaises et portugaises afin de ne pas faire d'amalgames dans les enchaînements, la faiblesse du marché boursier grec n'a eu qu'une influence assez marginale sur la marche de l'euro-dollar jusqu'ici.

ATG-euro.png

Ceci à l'inverse de l'IBEX35, indice phare de la bourse de Madrid, beaucoup plus corrélé aux oscillations de la monnaie unique (3ème graphique)

ibex-euro.png

La situation de la bourse espagnole est certes encore très éloignée de celle de la bourse grecque mais la configuration apparaît cette semaine particulièrement sensible à toute dégradation d'ensemble en zone euro ou venue de Grèce.

ibex-1991-2011.png

Après la rupture du support ascendant, les cours se sont stabilisés sur 9750. Les achats reprennent. Attention à toute clôture mensuelle cette semaine sous ce dernier support. A plus long terme, dans des marchés soumis très souvent à des décisions en demi-teinte de la part des autorités, l'IBEX aura fort à faire cet été pour se dégager des importantes résistances qui coiffent les cours.

ibex35-juin-2011.png

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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Milou 27/06/2011 23:30



Oui c'est clair. Ce genre de procédé ne les impressionne pas. Ils vont donc garder la notation actuelle. Pire ? pas possible !



Milou 27/06/2011 23:12



Bonsoir Gilles.


Merci pour cette analyse.


Bercy se démène en ce moment pour faire adopter par les banques et les assurance un roll over sur les obligations grecques. Est ce que les agences de notations vont se laisser duper ?



Apprendrelabourse.org 27/06/2011 23:19



 


Bonsoir,


 


Les agences de notations sont intégrées aux discussions même si Fitch à l'air d'être sur une ligne plus dure que les autres...


 


-> Leur position (Extraits) :


 


Fitch Ratings has outlined how it would determine what type of debt exchange similar to those under consideration for Greece would constitute a default


 


. . . a debt exchange that offers new securities with terms that are worse than the original contractual terms of the existing debt and where the sovereign is subject to financial distress
would be judged by Fitch to constitute a ‘coercive’ or more commonly known as a ‘distressed debt exchange’ and hence a default event, even if bondholders’ participation was deemed to be
‘voluntary.’


 


A more complex situation would arise if the terms on the new securities, taken in the whole, were considered to be broadly neutral or better than the terms on the existing securities. For
example, the offered securities may incorporate significant credit enhancements in the form of collateral and other features such as higher and/or step-up coupon profile.


 


Determining whether the terms on the new securities imply an economic loss or gain relative to the terms of the existing securities can be complex and subjective, with a net present value
analysis providing only a guide. Participation in the exchange would also have to be ‘voluntary’ in the sense that bondholders are not subject to ’sanction’ if they choose not to participate. An
important guide in this respect is that securities not tendered are not at greater risk of non-payment nor are they implicitly or explicitly subordinated to the securities created by the
exchange.