Finance - Risque crédit : le G7 mal orienté

Publié le par Gilles Caye



De nouvelles divergences sont apparues cet automne sur les taux au sein de la zone euro. C'était l'objet de l'article d'hier qui faisait le constat d'une dégradation potentiellement d'un nouveau type.

Les secousses initiales sur les obligations des grands États provenaient en 2008 des secousses enregistrées dans un premier temps par les grandes banques de la planète. En se reportant sur l'indice de risque de contrepartie de ces dernières, ci-dessous, force est de constater, que l'aversion au risque les concernant est stable depuis un peu plus de 2 mois.



Or, en se reportant sur le même indice de risque des 7 gouvernements les plus importants dans le monde développé, on observe le début d'une nouvelle jambe de hausse, qui prend appui sur une zone support plutôt significative.

   • Rappel : Lancement d'un indice de suivi des risques souverains : le CDR GRI



En conséquence, la 2nd phase esquissée hier sur le graphique des spreads de la zone euro dispose de probabilités assez sérieuses que ce mouvement, qui reste à confirmer bien sûr, soit avant tout le fait de la dégradation de la situation des États relativement à leur endettement et à leurs déficits propres, la question bancaire ou immobilière étant reléguée au second plan.

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Les hausses les plus franches concernent, les USA  et le Royaume-Uni (+ 40 % entre début octobre et semaine dernière - le graphique ci-dessous date un peu) mais surtout le Japon dont le coût des CDS pour se couvrir contre un éventuel défaut s'envole et décrit une seconde secousse dé-corrélée des autres grands pays (hause très modeste pour la France et l'Allemagne / Italie et Espagne : + 20 %)


Endettement record à 230 % du PIB, déficit plus important que prévu et crainte de voir les taux augmenter consécutivement aux dissenssions existant entre la Banque Centrale et le nouveau gouverment issu des élections du 30 août dernier qui ont balayé l'ancien pouvoir en place depuis 50 ans sont à la base de ce mouvement.



Après le tri des banques une à une, le marché est entré dans une phase d'appréciation au cas par cas de la situation des États sous l'angle de la solvabilité, confirmant la tendance décelée sur les taux hier.

Pour revenir justement sur le cas de la Grèce, particulièrement net en zone euro, non seulement le prix pour se couvrir contre un défaut augmente  à l'instar de beaucoup de grands pays ce que les 2 illustrations précédentes traduisent mais cela s'accompagne d'un volume de couverture supérieur des 2/3 par rapport aux volumes présents l'an passé sur ce pays.

Le cas grec, insignifiant à première vue face à ces géants est toutefois représentatif d'une tendance lourde en la matière :

- le 24 septembre dernier a eu lieu le lancement d'un
indice de couverture sur les risques souverains de l'Europe de l'Ouest traduisant une forte demande des investisseurs, une première.

- le niveau des liquidités est en passe de devenir équivalent désormais en cette fin 2009, selon Fitch, sur ces marchés entre les pays émergents et les pays développés. La demande de couverture est à peu de choses près au même niveau et susceptible d'aller en s'accroissant pour les seconds compte tenu  de la situation sous-jacente en dégradation.

L'équation "pays émergents = pays risqués" est entrain de changer de camp en ce qui concerne les obligations d'Etats.

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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Valerie 23/11/2009 22:35


Merci pour vos billets quotidiens toujours clairs, précis et argumentés. Je ne m'en lasse pas.