L'épargnant français coincé entre Francfort et Athènes

Publié le par Apprendrelabourse.org

Cette semaine a été celle des écarts croissants, l'occasion d'une coupure encore plus nette entre Europe du Nord et Europe du Sud. Les données ont même fait le grand écart vendredi dernier entre des publications en Allemagne bien orientées et la Grèce qui vient de perdre la face sur les marchés de capitaux.

 

→ D'une part, le climat des affaires en Allemagne selon l'IFO a dépassé de 2,7 points les attentes en ce mois d'avril à 101,6 après 98,2 en mars. La composante des perspectives gagne 2 points et celle des conditions actuelles grimpent de près de 5 points suivant les 7 000 entreprises interrogées Outre-Rhin dans le cadre de cette enquête. L'horloge du cycle économique et industriel de la première économie, selon schéma ci-dessous, flirte donc désormais avec sa zone de 'boom'.

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 Le DAX s'octroit à la bourse de Francfort 1,27 % sur la semaine, toujours au contact de ses plus hauts annuels et dans un environnement où les investisseurs professionnels semblent selon l'indice ZEW conserver des dispositions plutôt favorables en l'état actuel.

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→ D'autre part, la flambée des taux grecs jeudi a contraint le gouvernement à mettre un genou à terre en demandant officiellement l'activation du plan de soutien de l'UE et du FMI, chose qui n'avait pas été demandée jusqu'ici, le plan étant étudié jusqu'ici que dans le cas où. Toutes les gesticulations et déclarations n'ont rien pu faire contre le verdict des taux. Un spread entre les taux grecs et allemands approchant 6 %, soit le point de passage entre la fin de la zone sensible et le début de la zone critique ou de danger énoncé ici il y a quelques jours (et zone de début de contagion) puis et surtout la flambée des taux courts au-dessus des taux longs jeudi montrait l'imminence d'un changement.

 

Notre esprit a tendance à se polariser sur un aspect positif ou négatif au gré de nos penchants profonds ou en fonction de ceux du moment. Faut-il retenir les thèmes allemands ou favoriser plutôt ceux en provenance de Grèce pour investir ? Comme toujours, il y a la tendance et les menaces qui vont contre cette tendance. Les 2 sont indissociables. En début de semaine, il s'agissait de motifs de crispations en hausse sur le plan général dans une tendance haussière sur le marché directeur. 

Pour l'Europe en particulier, la semaine a montré pour la seconde fois depuis le 1er janvier que les problèmes de finances publiques sont l'occasion d'un tri du marché et usent les plus faibles avant de les faire basculer. La bourse d'Athènes a perdu 6,88% sur la semaine, Madrid - 3,03 %. Paris évolue entre 2 eaux, entre les places résistantes et celles qui souffrent. Telle est la dynamique en cours, qui écorne à nouveau sérieusement, la corrélation entre le CAC 40 et le DAX.

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