La rechute des prix immobiliers américains se confirme

Publié le par Apprendrelabourse.org

Une tendance lourde est entrain de reprendre de la vigueur et passe actuellement un peu à l'arrière-plan de l'attention générale et des grandes thématiques de l'actualité du moment.

La nouvelle pression baissière sur les prix immobiliers évoquée dans notre article de vendredi dernier qui se basait sur la confrontation de 3 différentes mesures des prix (Case-shiller, Corelogic et FHFA) et l'étude des stocks visibles ou déclarés de maisons à vendre qui ne représentent en fait que la moitié des stocks totaux du fait d'un nombre équivalent de maisons en attente de mise sur le marché pour cause de saisies au sein des banques, c'est à dire des stocks 'fantômes' ou 'en devenir', est entrain de s'activer plus amplement comme le montre les tous derniers chiffres divulgués ce jour par l'agence fédérale de financement immobilier (FHFA)

La variation mensuelle des prix sur l'ensemble des USA accélère à – 1,6 % entre janvier et février après – 1 % en janvier, une baisse révisée de manière importante puisque la publication initiale pour janvier avait fait ressortir une décrue limitée à – 0,3 %. Selon ce suivi statistique, les prix immobiliers retrouvent leur niveau d'il y a 7 ans exactement . Le repli depuis le pic enregistré en avril 2007 atteint désormais 18,6 % à la suite d'une baisse depuis le 1er janvier 2011 presque aussi vive que celle observée entre septembre et novembre 2008.

Prix-immobiliers-US-fev-11-FHFA.png

 

La variation annuelle accélère le rythme à – 5,7 % contre seulement – 3,7 % entre février 2009 et février 2010. Dans le détail des différentes régions, la stabilisation constatée dans 3 grandes régions fait place à une accélération de la baisse  :


- West south central (Texas, Louisiane, Oklahoma, Arkansas) : - 3,7 % contre + 0,5%

- Middle Atlantic (New York Immobilier, New Jersey, Pennsylvanie) : - 6,1 % contre -0,8 % antérieurement

- la zone pacifique (Californie, Oregon, Washington, Hawaï, Alaska) replonge à -8,7 contre -0,5%

- enfin, déjà fortement touchée, la zone mountain (5 États des Rocheuses + Nevada + Arizona) ne trouve pas de répit et plie de -11,8 % contre 8,3% sur les 12 mois glissants antérieurs.

repartition-geographique-prix.png

Il s'agit donc d'une rechute nette qui rejoint celle présentée la semaine passée par l'indice HPI (Home Price Index) de Corelogic intégrant les ventes forcées d'habitations (pour cause de surendettement)

Concernant, la mesure la plus connue, c'est à dire l'indice S&P-Case Shiller, les attentes des économistes vont également dans le sens d'une accentuation de la baisse à -3,2% attendue pour février après -3,06 % en janvier, selon le chiffre à paraître mardi prochain (En terme de méthodologie notons, entre autres différences, que l'indice Case-Shiller se concentre sur les 20 plus grandes métropoles du pays dont aucune n'a enregistré de variation positive cumulée depuis novembre. L'indice national S&P- Case Shiller n'intègre pas 13 États dans ses calculs à l’inverse de la FHFA qui compile les données sur l'ensemble du territoire des USA)

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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Lelievremilou 22/04/2011 20:51



Bonsoir Gilles.


J'avais noté les -18.5% de baisse depuis le pic de 2007, et, que cet indicateur FHFA était revenu au niveau de 2004. Je n'avais pas le détail. Merci. Ce qui m'étonne c'est que les marchés n'en
n'aient pas tenu compte. En ce qui concerne le CAC, les petits investisseurs considèrent Boursorama comme la bible, mais jeudi cette bible n'a pas donné cette info !!


Bon WE.



Gilles Caye 26/04/2011 08:40



 


Bonjour,


 


C'est effectivement un indicateur qui reste en retrait en terme de communication. Il ne faut pas oublier qu'il y a aussi les indices de prix publiés lors des chiffres de ventes de logements
neufs et anciens en plus du S&P Case-Shiller.


 


Les ABS (Asset back securities) ou MBS (Mortgage Back securities), véhicules de titrisation concernant l'immobilier, restent stables par ailleurs ce qui explique que les marchés et les valeurs
bancaires ne réagissent pas (encore) Le nombre de maisons qui sont 'sous l'eau' (avec une valeur inférieure à la valeur du prêt hypothécaire) reste également à peu de choses près stable,
n'affectant donc pas trop la valeur des garantie.


 


J'ai un article dans 'les tuyaux' à ce sujet. A suivre.


 


De manière générale, l'agenda des marchés n'est pas fait pour suivre tellement les problèmes de financement immobiliers. Il n'y a qu'à se souvenir de 2006 avec des problèmes monstrueux de saisies
et de défauts de paiements chez les particuliers auprès de leurs banques, pratiquement occultés partout.