Plus de 250 000 saisies immobilières en mai aux Etats-Unis

Publié le par Gilles Caye

Le mois dernier dans l'article intitulé Etats-Unis : record de saisies immobilières en avril nous avions observé ensemble que le mois d'avril marquait un nouveau record dans une nouvelle 'vague' de saisies depuis les 'creux' très relatifs de novembre et décembre 2007. Le chiffre pour le mois de mai publié hier par Realtytrac dans son communiqué  confirme cette tendance haussière avec un nouveau record absolu et le dépassement pour la 1ère fois du cap des 250 000 nouvelles procédures de saisies mensuelles à 261 255 précisément (cartographie des saisies pour le mois dernier ci-dessous) 

Il s'agit là d'une hausse de + 48 % par rapport à mai 2007 déjà très affecté et la 3 ème hausse d'affilée d'un mois sur l'autre, celle-ci s'établissant à + 7 %.


Au-delà de cette hausse, 2 évolutions notoires sont à signaler :

- les maisons retournant à leur prêteur est la catégorie qui augmente le plus d'un mois sur l'autre et doublent en nombre par rapport à la situation de l'an dernier. Le stress que subissent les banques et tout le système financier est donc toujours présent.

- si la catégorie des prêts immobiliers subprimes a été celle qui a été la plus touchée jusqu'ici, d'autres catégories de prêts ou d'emprunteurs ont connu des difficultés ces derniers mois. La 'nouveauté' en quelque sorte en cette fin de printemps est la prise en compte de l'augmentation des défauts de paiement dans la catégorie supérieure dite 'prime'. A cet égard, en cliquant sur la cartographie en haut à gauche, vous pourrez visualiser l'augmentation par secteur des saisies liées à des prêts immobiliers de ces catégories 'standards à supérieures'.


Voyons ce que nous dit l'Association des banquiers hypothécaires dans sa dernière étude pour juger des risques de nouvelles saisies à venir et des 'primes' en particulier :

- 3 millions de prêts immobiliers sont en retard soit 6,4 % qui ont manqué au moins un remboursement. 737 000 ont au moins 3 mois de retard. Ceux-ci ne sont pas encore entrés dans une procédure de saisie. En débat... 

- 39 % des prêts qui sont entrés dans l'une ou l'autre des procédures au 1er trimestre étaient des prêts à taux variables de la catégorie subprime mais la catégorie 'Prime' compte 1,2 millions de prêts en retard de plus d'un mois soit 3,7 % du total à comparer avec un taux de 2,6 % il y a un an.

- 431 000 prêts 'prime' sont en cours de saisies soit 1,2 % du total contre 0,5 % il y a un an.

Pour votre parfaite compréhension, il faut tenir compte néanmoins du fait que dans ce segment prime sont intégrés des prêts dits 'Alt-A' qui permettent aux personnes qui disposent d'un bon scoring ou ont de bons antécédents en terme de crédit de ne pas avoir à justifier de leurs revenus actuels. Aucune vérification de leurs revenus n'est ainsi intégrée au dossier de prêt suivant cette classification que je qualifie pour simplifier de 'moyenne-inférieure'.

Enfin, les prêts 'prime' sont particulièrement touchés dans les zones où les prix ont fortement monté et donc redescendent actuellement comme en Californie ou en Floride... le montant des encours des crédits résiduels dépassant de plus en plus la valeur des maisons  étant en tout état de cause un phénomène qui influe sur toutes les catégories sans exception.

La catégorie 'prime' montre ainsi que les aspects techniques liés à un dossier de prêt ne sont pas seulement en cause comme pour les subprimes et rappelle qu'un des éléments qui sous-tend la hausse des saisies reste bel et bien la chute des prix immobiliers qui se renforce encore sur le terrain à chaque fois qu'une maison est saisie dans un processus cumulatif à la baisse comme il s'auto-entretenait à la hausse il y a encore peu. La valeur des garanties bancaires est ainsi toujours orientée à la baisse, élément tout aussi délicat que les défauts avérés et qui fragilise 'silencieusement' et de manière pernicieuse les bilans des banques et des titres cotés liés, à tout le moins réduit les marges de sécurité des institutions financières.

Comme disent souvent les américains à ce propos : 'les choses risquent d'abord d'aller moins bien avant d'aller mieux'.

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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