Marchés financiers : les banques en soutien

Publié le par Gilles Caye

fotolia-d--cider-757896-copie-1.jpgAvant une semaine chargée en statistiques,  beaucoup de doutes, un départ canon dans le rouge, des espoirs de baisse des taux dont il ne manque que la matérialisation concrète, le Dow Jones qui rechute... c'est le moment de revoir un de nos indicateurs précurseurs qui a été pertinent  dès la purge de février et fin juillet,  à savoir le suivi de la grande banque d'affaires Merrill  Lynch.
  1. . Vous pouvez retrouver les éléments à ce sujet dans Simple faux pas de la Finance américaine ? en remontant éventuellement historiquement les anciens articles qui y sont signalés  ou qui élargissent le point de vue sur les bancaires en général.
    . Pour une approche plus complète sur le secteur vous pouvez vous référer à :  Les grands noms de la finance - Partie 1 : les grandes banques d'affaires américaines 
On voit sur le 1er graphe en plus de ceux présentés dans les articles précédents, la corrrélation entre les décrochages du titre et les difficultés du Dow Jones ces derniers mois. En guise d'introduction à la suite des articles à venir sur les gaps, ont été inscrits les types de gap tels qu'ils peuvent pour l'heure être référencés sur cette phase de baisse. Après un gap d'épuisement qui fait suite à une érosion de moins en moins prononcée un rebond a pris forme à contre-courant du marché baissier de ce début d'année.

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Pourquoi les marchés ne lâchent pas complétement ? voici un élement de réponse. Pourquoi les bancaires françaises ont tenu relativement bien ? Idem. Ceci est par ailleurs tout à fait intéressant pour comprendre la psychologie des marchés et leur fonctionnement. Au moment où pèsent sur cette banque des rumeurs de pertes colossales à hauteur de 15 milliards $ et qu'une nouvelle entrée au capital d'un actionnaire est recherchée pour la renflouer, le stress maximal est atteint et le 'newsflow', c'est à dire le flôt des nouvelles négatives semblent ne plus pouvoir aller plus bas. Certains fébriles lâchent la proie dans des volumes importants et dans des volumes tout aussi importants, celle-ci est rattrapée presque au vol par les plus aguerris, ceux mal à l'aise avec le titre n'ayant plus que des rangs clairsemés.

Le suivi de cette action, au mois le mois (graphe 2), montre l'évolution psychologique par ailleurs de la crise des subprime : Février/mars avec des volumes assez importants qui ont fait refluer temporairement les cours hors de la zone supérieure mais qui parlait de ce terme alors ? Chaque zone horizontale a été baptisée selon les 5 phases de la dépression en psychologie ou du comportement humain de manière générale face à un problème tel qu'elles ressortent de travaux très largement validés depuis des décennies (Denial, anger, bargain, depression, acceptance soit Déni, colère, négociation, dépression, acceptation)

Après la phase à 90 % totalement occultée par les médias du risque sous-jacent  en croissance dans le biseau en vert mais signe théorique d'épuisement et intervenue ensuite celle du déni. 'Bah...le subprime ?!.. c'est peanuts, quelques milliards cher Monsieur' pour résumer à peine à outrance. Dans les oscillations qui ont suivi les évolutions vers la phase de colère quasi à la limite des 2 est intervenu en pleine coïncidence, le limogeage d'un des financiers les plus importants à Wall Street S.O'Neal, PDG de la banque, officiellement le 30 octobre. Soit, entre le début des rumeurs (1er graphe rouge doublement cerclé) et la nouvelle rupture à la baisse pratiquement au niveau du gap de continuation et le prolongement dans la phase 2 .

Phase dans laquelle, on cherche des solutions comme on peut avec déjà des approches de la phase 3 à savoir 'on apure le passé, on demande de l'aide et ...promis juré on  ne  nous y reprendra plus !'. On comptabilise alors des pertes importantes et on fait entrer au capital de nouveaux actionnaires avec de l'argent frais.

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Certes ces phases que nous détaillerons à l'occasion sur un exemple dans sa totalité à l'avenir ne  sont ici qu'ébauches et seront sans doute sujettes à ajustement, le moment venu les historiens de l'Economie donneront leur verdict. Dans le vif du sujet et en temps réel, il est essentiel d'avoir la hiérarchisation et les graduations de la psychologie humaine pour se situer quitte à les reprendre ultérieurement . L'approche et raisonnement sont dynamiques comme la bourse mais vous voyez que les quelques exemples cités 'collent' déjà de façon assez singulière et même sur un plan plus large :

La première phase de la crise a été financière, au moment même où elle rentre sur le terrain économique, le pire peut sembler derrière nous pour un grand nombre d'opérateurs sur les banques c'est d'ailleurs très souvent le cas pour démarrer un rebond. Quelle sera la durée du rebond ? Nul ne sait c'est à surveiller pour le trader mais sous les 47,50 $, une nouvelle phase de la crise s'ouvrirait avec une dimension sans doute encore décuplée, c'est le seuil à surveiller pour l'investisseur à plus long terme.

La banque anglaise Northern Rock qui ne peut guère désormais aller plus bas que la nationalisation par le gouvernement pour éviter la faillite, le rachat de countrywide par le géant BanK of America pour les mêmes raisons... montrent déjà des formes d'acceptation bien ancrées. Difficile de trouver mieux. Mais quelle utilité que d'étudier ces feuilles mortes ? Mettons cela de côté pour un prochain article plus théorique dont l'ensemble des phases ne font plus de doutes. Pour la décision, Merrill Lynch devrait nous faire vivre encore quelques épidodes sympathiques. Cela passe en premier. Soyez à l'aise avec le fait de pouvoir vous tromper, sachez où cela se situe et ce que cela implique. Il y a des décisions à prendre à certains endroits surtout sur des valeurs où tout le monde est "en aveugle" pour l'heure sur les états comptables. Quant au reste...que nous soyons en phase 2,3 ou 4...nous aurons tout le temps d'en débattre.

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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