FLASH Wall Street : La pilule du subprime ne passe pas

Publié le par Gilles Caye

Rechute à Wall Street ce soir avec le Dow Jones qui reperd près de 300 points sur la fin de séance à 13211,99 en baisse de - 1,10 % avec un nouvel accès de faiblesse marqué des financières comme Citigroup (1ère banque mondiale) en baisse de - 1,31 %  (* subprime : nom donné aux prêts à hauts risques faits dans le domaine immobilier aux USA)

Mais ce sont surtout les banques d'affaires et les courtiers qui payent le plus lourd tribut du jour avec les craintes de voir les pertes liées au crédit s'accroître et les revenus futurs sur les nouvelles opérations de marché se réduire compte tenu de la prudence actuelle et des coûts de refinancement en hausse pour les opérations les plus risquées.

Goldman Sachs perd - 3,78 %, Lehman brothers - 4,32 %, Merrill lynch - 3,27 %, Bear stearns plie de - 4,74 % toutes ces valeurs cloturant sur un plus bas depuis 7 jours mais aussi depuis plusieurs mois montrant que le rebond est très loin d'être acquis pour le secteur.

La crise est bel et bien au coeur même de la finance américaine et touche les plus hautes entités.

Certaines configurations techniques et graphiques de ces valeurs amènent à considérer un risque potentiel de décrochage élevé pour la suite des heures et des jours à venir, des ventes de précaution ou de sécurité dit ordre STOP ou STOP LOSS pouvant 's'emballer' sous 190 $ pour Goldman Sachs, sous 120 $ pour Bears Stearns, plus éloigné sous 59/60 $ pour Lehman et sous 74 $ pour Merrill Lynch.

Moins connu que Bank of America ou Citigroup par exemple, elles sont la 'fine fleur' de la haute finance américaine ou pour les détracteurs des 'apprentis-acrobates' inventant des techniques de plus en plus complexes et menant un grand nombre d'opérations de rachat via conseils en fusions-acquisitions, titrisation de dettes, financement de hedge funds etc... quoi qu'il en soit elles catalysent une grande partie de la confiance des marchés.

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Ci-dessus, l'indice sectoriel des valeurs financières américaines et non seulement des bancaires comme vu vendredi dernier (toujours sur leur niveau de 105) : les volumes sont en augmentation et représentent en 2 jours déjà presque ceux d'il y a 2 semaines en arrière, les niveaux et les supports cassent les uns après les autres sous donc des dégagements appuyés. Certes les indicateurs plaident pour un rebond mais cela avait déjà été le cas précédemment.

La trappe va-t-elle s'ouvrir menée par la panique en cas de passage sous le dernier support en vert ? Fondamentalement à tord ou à raison, le marché pourrait jouer à se faire peur... tout simplement de ce qu'il ne peut véritablement quantifier alors que jusqu'ici le risque crédit sur les marchés financiers était assez largement nié.

La croissance économique est là, les résultats trimestriels et semestriels se passent bien, ils se matérialisent clairement dans les bilans des sociétés...les pertes sur crédit à risque et les anticipations sont nettement plus floues.

Peu importe le négatif ou le positif de ces aspects, le marché est plus pris dans un dilemne 'netteté/flou' qu'autre chose laissant 'sec' beaucoup d'opérateurs sur les ébauches de scénario. Les ressorts psychologiques sont en jeu, l'occultation du problème étant dépassée et la découverte de celui-ci s'imposant à tout un chacun.

La pilule du subprime ne passe pas et, à l'heure de publications de résultats importants, les marchés actions ont paradoxalement du mal à faire les comptes...

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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