Un pétrole cher ?... et quelques symboles

Publié le par Gilles Caye

copyright: © Chappatte - www.globecartoon.com/dessin
Le pétrole a passé la barre symbolique des 100 $ il y a quelques semaines et constitue un des sujets de l'actualité économique les plus vifs du moment sur lesquel se figent toutes sortes "d'explications", d'espoirs, d'attentes dans une raisonnance psychologique globale exacerbée pour un particulier essentiellement par sa position à la pompe et celle de son porte-monnaie ou à l'échelle de pays par des angoisses vis à vis de recherches de sources d'approvisionnement durablement stables menant à des guerrillas voire à des guerres. En résulte toute une panoplie de justifications de hausse quasi sans fin ou de chute des prix à venir reposant sur l'épuisement des ressources et le ralentissement de l'économie pour ne prendre que ces 2 exemples. Entre ... une ribambelle de graduations diverses.

Posons les choses à plat et prenons un peu de recul avec quelques données historiques, celles-ci représentant le 'vote' de millions et de millions d'investisseurs et d'utilisateurs finaux à travers le temps avec sans doute une part très marginale mais certaine tenant compte de vos propres pleins d'essence ou de cuves pour votre chauffage.

La finance est un combat permanent entre information et désinformation, lutte de pouvoirs et lobbying, tout s'y exprime, rumeurs surtout ici noeud d'enjeux géo-politiques stratégiques. La confrontation des avis, anticipations ou faits quels qu'ils soient et provenant de qui que ce soit  forment  les cours, c'est justement l'expression de leurs points de rencontre, une source d'information totalement unique qui vaut mille analyses, opinions, rapports. 
Explication ne vaut pas compréhension. Faire ce distinguo est essentiel pour la progression de tout un chacun. Il y a les avis qui font plaisir, qui vous apporte succès et vous coïnce à devoir satisfaire un public, une logique d'intérêt parfois, une erreur de raisonnement, un oubli, une omission de parfaite bonne foi, des différences culturelles qui mettent l'accent sur un aspect moins sur un autres etc.... La courbe au contraire "ne ment pas", elle intègre les discours de l'opep, la demande des pays émergents en hausse, la spéculation, la baisse du dollar etc...

Le pétrole est sans doute à cet égard le symbole classique des différences entre les énoncés verbaux ou écrits et les énoncés graphiques. 'ça monte parce que'... et 'comprendre la hausse' sont 2 choses distinctes. Utilisez les deux mais sachez faire la différence et n'allez pas vous étouffer dans les premiers en justifications à l'image du dessin ci-contre...

Alors où en est-on ?

- depuis les plus bas au tournant du siècle la hausse est presque comparable à celle du 'choc pétrolier' des années 70. Si la hausse des matières premières est sur le devant de la scène, ce terme de 'choc' n'est encore qu'utilisé que très marginalement actuellement. Etonnant non ? La dépendance au pétrole a été considérablement réduite depuis les 30/ 40 ans mais elle reste essentielle dans les pays émergents. On le ressent moins car le coût supporté par les occidentaux a par ailleurs été affaibli par une mondialisation qui a compressé les prix pour un grand nombre de biens rendant l'économie plus insensible au phénomène. Ceci est une des explications.

 
- le changement réel de tendance pour la seconde fois en 40 ans a eu lieu en 2004/2005. A-t-on vu autant de grands titres sur le sujet alors ? L'évènement se situe pourtant à ce niveau. De même les 100 $ sont symboliques mais n'ont pas de signification particulière dans le parcours graphique.  Enfin, du moins pas au moment de leur franchissement.

- enfin, on voit qu'ici en matière financière et en l'appliquant à une ressource bien réelle, l'anticipation d'un baril à 120 $ quand il se situait à 10 $ aurait fait passer son initiateur pour un fou avec l'émergence de scénario catastrophiques éventuels. "L'auto-correction" ou modération voire censure écrite, verbale ou mentale de l'homme est un biais ou un travers dont un graphe se moque éperdument. Ici sans entrave émotionnelle et débat vain, nous traçons une droite qui nous mène à 200 $ (et +) et l'intégrons comme une potentialité graphique tout à fait valide. Ce n'est pas une prédiction mais une résistance. Un élément qui a du sens d'un point de vue des cours. Ceci amène déjà un peu plus de compréhension sur une alternative possible  et donne toute la mesure des amplitudes auxquelles vous êtes soumis lors de vos prises de position. Un graphe ne vous 'bride' ni vis à vis des gains, ni vis à vis des pertes. A partir de là, nous aurons l'occasion de détailler plus avant les fondamentaux essentiels et d'en synthétiser les aspects principaux vus pour certains dans les news quotidiennes.

Compte tenu de la durée parcourue depuis les 70's, qu'en est-il si on neutralise l'effet de l'inflation ? (en noir : cours / en rouge : cours ajustés)

  √ les cours du baril depuis la guerre ajustés à l'inflation 

  √
les cours du prix de l'essence à la pompe depuis 1918 ajustés à l'inflation  
           

On comprend dès lors un peu mieux où nous en sommes.

Demain, nous continuerons ensemble avec l'or noir en reprenant de manière plus usuelle le suivi en $ sur 10 ans et les dernières évolutions en € car si le pétrole est sorti il y a 4 ans de son couloir horizontal ou trading-range, il vient de s'extirper de ce long biseau ascendant en vert que nous explorerons plus précisément. On tentera alors de 'comprendre' un peu mieux où se situent les passages importants pour le futur... à la base de quelques 'explications' potentielles que ceux-ci ne manqueront pas d'avoir sur d'autres éléments aussi essentiels que l'inflation et la croisssance économique. Tout est interconnecté. Le pétrole en est à la croisée tout autant que le reflet partiel.
 

                   ---> la suite de cet article : Pétrole - Analyse graphique en dollar et en euro

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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