Vive secousse sur les matières premières

Publié le par Gilles Caye

Le mois de juillet s'est soldé par une chute violente de l'indice global des matières premières CRB, la plus vive en près de 30 ans (graphe 1)

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Cet indice suit fortement le pétrole et les prix de l'énergie avec une pondération qui lui fait la part belle. La physionomie de l'évolution des cours est ainsi un peu la même. D'un point de vue graphique, on perçoit ici que la phase de hausse enclenchée depuis l'été dernier est brisée. Pour autant, à la vue des moyennes mobiles et de leur écartement ou en traçant une courbe sur les sommets des cours depuis début 207 (non reprise ici) se dessine un mouvement parabolique.

Dans de de tel mouvement d'accélération, il n'est pas rare de rencontrer ce type de décrochage.




En se reportant sur l'indice des matières premières CCI (graphe 2)

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la hausse et le mouvement parabolique sont moins significatifs, l'énergie perdant de son importance dans le calcul de l'indice. S'il est un peu aléatoire de trouver un support de qualité pour 'justifier' l'arrêt des cours du CRB vendredi dernier, on a ici une droite de support tout à fait intéressante. Le mouvement reste bien sûr haussier jusqu'ici mais s'accompagne de divergences de taille :

- Celles-ci s'expriment par la droite prolongée par des pointillés et tirets en vert qui montre que les cours ont réussi à réaliser un sommet supérieur au précédent, caractéristique que l'on ne retrouve absolument pas sur les indicateurs sous la courbe. Cette hausse présente un manque de puissance.
- 2nd point, cette divergence est présente en données hebdomadaires et journalières et dans un cas comme dans l'autre en $ et en €.



A ce stade de l'étude, si le mouvement de fond reste haussier et la baisse s'apparente à une correction, sa vivacité laisse transparaître quelques faiblesses sous-jacentes.

En poursuivant et en retraitant les choses ou en les remettant en perspective pour neutraliser les effets liés au dollar et au mouvement des devises, on observe en euros (graphe 3) qu'en plus d'avoir battu un record de chute historique vieux de plus d'un quart de siècle, les matières premières n'ont pas confirmé le dépassement de leur plus haut de 2006, en dépit de la flambée du pétrole. L'échec n'est cependant pas total dans la mesure où le range 2,6/2,9 peut être considéré sur un horizon de long à très long terme comme étant une zone de résistance globale.




On retrouve enfin pleinement le mouvement parabolique avec un tracé beaucoup plus 'sûr'. La pression inflationniste déjà largement retombée avec l'indice CRB hors energie comme mentionné plusieurs jours en arrière est globalement ainsi inférieure à ce quelle était début 2006 dans la zone Euro.

Bien sûr se mêlent ici les métaux, les aliments et beaucoup de produits que vous pouvez retrouver dans le détail dans les liens ci-dessus mais la pression globale des matières premières qui pèse sur la zone euro reste en dépit d'une hausse récente conséquente et à des niveaux élevés dans des rapports qui n'ont rien "d'anormaux" sur 3 ans. Via un 'zoom' sur l'alimentation et le pétrole/énergie, les choses sont nettement plus prononcées comme le révèle semaine après semaine le différentiel entre les indices d'inflation globaux et les indices hors éléments volatils qui les intégrent. Quelques surprises au cas par cas apparaissent toutefois :

En prenant l'exemple du blé (graphe 4)  qui a fait les grands titres dans la presse à travers le monde notamment avec la 'grève des pâtes en Italie' il y a quelques mois, le dernier mouvement de baisse a été en fait assez limité par rapport à ce printemps. Le tout décrit potentiellement une figure assez menaçante dans le cas de la rupture de la ligne de cou qui libérerait un objectif théorique baissier à la mesure de la haussse de fin 2007. Nous n'en sommes pas là.


En plus de l'or, du cuivre traité dans les liens ci-dessous et du pétrole que nous suivons régulièrement, on surveillera également l'aluminium dans sa capacité à dépasser ses plus hauts de début 2006.

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Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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