Risque crédit et immobilier : trou d'air ou trou noir ?

Publié le par Gilles Caye

Si la ligne directrice de ce site est purement pédagogique pour permettre à chacun de s'insérer au mieux dans le sujet suivant ses souhaits, la neutralité ou la tentative de rester neutre n'est ici ni voeux pieux ni angélisme mais correspond à une démarche que le sujet impose dès lors que tout un chacun est sur le point de devoir décider pour ses placements, ses actions, ses investissements. Vous êtes ici pour comprendre et gagner. Les 'j'ai raison/ il a tord' ne sont d'aucune utilité et attendre que des mois que des études d'économistes-historiens valident les mouvements en cours seraient l'idéal pour enregistrer perdre du temps. La neutralité en la matière est simplement la faculté à ouvrir des pistes de réflexion, à les suivre, à les valider et à les continuer s'il y a lieu. Certaines erreurs commises sont ainsi souvent l'objet de décisions basées sur des théorisations plus qu'un suivi simple de l'actualité toujours en éveil  et peuvent avoir un coût psychologique pour revoir ses théories bien trop élevé alors que les variables et les mouvements sont déjà si nombreux qu'il serait dommage de perdre du temps et de la matière grise dans de tels recoins.

Revoilà donc pour la 2nd fois ces dominos noirs...Brrrr... Ranger les émotions au placard les optimismes et les pessimismes... j'ai en stock des dominos verts qui auraient pû illustrer la marche de l'économie allemande mais la balance a penché en cette fin de semaine pour les noirs, fruit d'une actualité qui s'est réveillé sur le sujet immobilier et qui a concerne une masse financière disséminée dans le monde d'une toute autre ampleur que le poids financier allemand. Disons que l'évolution positive en Allemagne se traduit surtout par des gains allemands mais que les pertes américaines peuvent se traduire par des pertes un peu partout.

Certains expliquent que la crise immobilière ne touche que quelques ménages désespérés en proie à la saisie de leur maisons. Ici nous comptabilisons tout bêtement mois après mois les saisies et dès le tournant des années 06/07 ce sont des dizaines de sociétés de prêts immobiliers qui ont été emportées puis en février le marché obligataire de ce compartiment pour une crise principalement que beaucoup voit comme le mini-krach chinois...lequel est déclenché sur des hausses de taux et une restriction des crédits. Le printemps est plus calme et voilà que réapparaît nous dit-on l'inflation qui ferait remonter les taux, élément tangible mais qui se prolonge par d'autres aspects vus dans les articles sur la courbe des taux et finalement..réapparaît là dessous en nouvelle coïncidence la nouvelle dégradation des crédits immobiliers US et des obligations immobilières alertant jusqu'au plus hautes autorités sur la faillite probable de 2 fonds investis à hauteur de 20 milliards de $ et impliquant le 2nd plus gros courtier des obligations hypothécaires au monde et le premier courtier des hedge funds dénommé Bear Stearns (cf.article du Monde déjà mis en lien)

Nous avons donc tout lieu de continuer ce chemin et ce suivi d'autant que cette semaine le Wall Street Journal a fait paraître un graphe, repris ci-dessous, montrant la corrélation entre les différents éléments sur lequel j'ai apposé quelques annotations en rouge et marron pour les mettre encore plus en valeur aux yeux de tous.

Le 1er graphe n'est autre que les éléments avancés dès le 18 décembre ici et une courbe reprise le 19 janvier dans 'Les actifs financiers surfent sur un océan de liquidités: y aurait-il des fissures dans le fond ?' qui représente l'indice majeur des obligations immobilière basées sur des emprûnts de type subprime loans ou à haut risque. Le second reprend en bleu clair le secteur des services financiers aux USA et en bleu foncé le cours de l'action du courtier Bear stearns. Le 3 ème concerne le Dow Jones dont on voit que la résistance à la crise actuelle est de meilleure tenue quand février.

D'un simple trou d'air il semble que nous soyons passés à une perturbation plus générale. Trou noir à venir ou pas cette crise immobilière US s'exprime par des faillites de plus en plus haut. Quel domino va maintenant tomber ?

La titrisation et les effets de levier en jeu, l'opacité du système enlève toute crédibilité aux pronostics chez les plus hautes autorités et l'aveu d'une incapacité à cerner les risques réels encourus. Je n'ai plus de 'temps d'avance' à vous offrir en la matière. Nous tenterons de le prendre simplement sur les rachats et les OPA en cours dans un prochain article comme déjà annoncé car si la croissance du crédit a surpassé la croissance de l'immobilier le sur-boostant, le retour de balancier est ici patent. La sur-vitamination avec dose de liquidités et de dettes croissant à un rythme 3 à 4 fois plus rapide que celui de la croissance de l'économie réelle portent en germe des opportunités et des risques à bien cerner concernant les sociétés.

Mais plus que tout il convient de savoir que nous avons ici une force baissière large et profonde qui vient en contrepoids de la puissance haussière que nous constaterons demain sur le Dow Jones. Il y a toujours un rapport de force dans ce sens, les cours étant une confrontation permanente.

Validation d'une piste donc aujourd'hui et ouverture d'une autre: l'observation de cette crise depuis 1 an en gros montre que les chinois importants pourvoyeurs de fonds de l'Amérique sont en a priori en concordance très fréquente avec le mouvement, cherchant à diversifier leurs avoirs, créant une agence d'investissement, cherchant eux-mêmes à réduire le train de la hausse des liquidités (provoquant le mouvement de février), demandant plus d'intérêts sur les obligations voire les quittant peut être et s'invitant au capital de fonds d'investissements axés sur les entreprises et les sociétés cotées notamment.

Publié dans INVESTIR EN BOURSE

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