Longtemps cigale, le consommateur US se fait fourmi

Publié le par Apprendrelabourse.org

On le savait depuis quelques mois, et même si quelques confirmations ces prochains mois sont encore à attendre pour valider le changement de tendance, le taux d'épargne des premiers consommateurs au monde prend le chemin de la hausse (1er graphe)

Source : Fed Saint Louis


Si on regarde l'autre face de la pièce, c'est à dire le comportement en terme de crédit, la courbe a pris ce jour une allure très nette. Le crédit à la consommation au titre du mois de juillet attendu en baisse de - 4 milliards $ (Mds$) a atteint la somme record de -21 Mds$. Les crédits non-revolving s'effondrent de 15, Mds$.

Juin a de plus été révisé de manière négative assez sévère de -10,3 à - 15,5 MDs $. La statistique du mois prochain sera impactée positivement par des demandes en hausse en raison du programme de 'prime à la casse' dans le secteur automobile.



D'autres statistiques à paraître mi-septembre permettront de déterminer si cela est dû à un désendettement ou plutôt à une baisse des demandes de crédit. La pression à court terme sur la consommation s'intensifie quoiqu'il en soit, négatif à court terme mais sain à plus long terme.


La séance du jour se solde par un gain de 0,22 % à Paris pour le CAC 40 qui termine à  3660,96 points alors que le Dow Jones gagne + 0,59 % à 9 497,34 points porté par le secteur des matériaux, de l'énergie mais aussi l'immobilier.

→ Les yeux des opérateurs sont assez focalisés par l'évolution de l'once d'or qui a refranchi aujourd'hui le seuil des 1 000 $ en séance avant d'opérer un repli à partir du sommet de février dernier (en bleu)
L'évolution est jusqu'ici en concordance avec
les résistances signalées mercredi dernier sur un plan plus large.


Le franchissement des plus hauts du jour ouvrirait la voie en direction du record des 1032 de la mi-mars 2008.
Le dollar est en cause ici puisqu'il perd un peu plus d'1 % contre euro. Le
Dollar Index termine à 77,26 (-1,16 %) au plus bas de l'année.

Publié dans ACTUALITES BOURSE

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N
L'épargne dasn un pays influe-telle sur celle des autres pays?... Bien sur, en temps de crise, on a tous tendance à vouloir épargner (pour bon nombre d'entre nous en tout cas), mais est-ce la seule explication? Ou est-ce que les épargnes des uns poussent aux épargnes des autres?
Répondre
A

C'est une excellente question tout à fait centrale sur laquelle pour l'heure il faut rester attentif

* Le constat est le suivant et a été dressé dans différents articles :


Tout d'abord il y a des différences culturelles assez fortes même au sein des pays de l'OCDE. Voir l'article

 -> Radiographie des taux d'épargne des
ménages

Ensuite, on observe un changement de tendance assez profond aux USA

-> Economie - USA : les ménages sur le
chemin de l'épargne

alors que le taux d'épargne des pays comptant déjà le plus de "fourmis" s'élève encore (cas très récent de l'Allemagne avec un record vieux de 16 ans qui vient d'être battu -> http://www.apprendrelabourse.org/article-35387409.html)


Mais il faut faire attention à 2 choses :

1 / Vouloir épargner et pouvoir épargner sont 2 choses distinctes. Si les salaires baissent... une baisse du taux suite à une difficulté à épargner serait un très mauvais signe. Ce n'est pas le cas
aujourd'hui.

2 / L'épargne est aussi fonction de la situation de l'Etat car si les ménages se désendettent mais que l'Etat s'endette, en tant que contribuable il y aura à un moment donné ou à un autre un retour
de bâton sur les avoirs mis de côté et les revenus futurs.

Il est question là même de stabilité financière globale à terme. Rien de moins. Pour l'autre face, soit le crédit, nous sommes confrontés à une limite devenue "physique", c'est à dire tout
simplement celle liée au "mur de la dette".

 Voir à cet égard l'article Taux d'épargne
US : une amélioration en trompe l'oeil  


En résumé à ce jour, les USA sont en train d'inverser le moteur avec un très gros bémol concernant l'Etat fédéral qui aspire une grande quantité de l'épargne nouvelle nationale (idem en Europe avec
les déficits et plans de relance)
Comme vous le voyez au sein d'un même pays les différentes agents économiques ne se comportent pas de la même manière, donc juger à ce jour des effets d'entraînements entre pays est un peu tôt,
surtout si on raisonne globalement, d'autant qu'en plus des révisions habituelles la méthodologie de calcul du taux d'épargne américain a évolué tout récemment dans le sillage de celle du PIB.

Enfin au niveau mondial, les choses se comportent un peu sous forme de vases communiquants (par simplification pour l'explication)

Un raisonnement par agent économique (Ménages, entreprises, Etat) et non par pays est celui à même de refléter le mieux la situation et l'évolution dans ce cadre. Les ménages ont acheté pas mal
d'obligations représentatives de la dette publique américaine -> http://www.apprendrelabourse.org/article-32635046.html (tout dernier graphique)